La maladie de la lutte

Aujourd’hui, les démocraties partagent une croyance commune, enracinée dans l’idée communiste

Après l’effondrement de l’Union soviétique, Ryszard Legutko, membre du Parlement européen et ancien ministre de l’Éducation de Pologne, avait une impression partagée par beaucoup de Polonais alors que le système communiste de leur pays transitait vers la démocratie  : cela ressemblait toujours le communisme.

Dans son livre The Demon in Democracy: Totalitarian Temptations in Free Societies, il écrit : « Le nouveau système a commencé à montrer des symptômes que la plupart des analystes politiques avaient ignorés et que certains, y compris moi-même, trouvent très inquiétants. »

« Aussi incroyable que cela puisse paraître, la dernière année du déclin du communisme se caractérisait par plus d’esprit de liberté que la période qui a suivi l’établissement du nouvel ordre », constate-t-il, précisant que les deux systèmes prêchent une idéologie qui essaie de dire à chacun « comment penser, quoi faire, comment évaluer les événements, ce qu’il faut rêver et quel langage utiliser ».

En réalité, presque tous les systèmes politiques contiennent des éléments provenant des systèmes totalitaires qui se fondent sur l’idée communiste. Au cours de la modernisation en Occident, on observait toujours des tensions entre les croyances traditionnelles et les nouvelles manières de penser, tandis que le communisme prévoit une rupture avec la tradition qui se voit imposée par le gouvernement.

« Les deux systèmes génèrent – du moins dans leurs interprétations idéologiques officielles – un sentiment de libération des anciens liens », souligne Ryszard Legutko.

Il décrit le communisme « comme un système qui a relancé l’histoire » et comme une pratique qui « rejette la mémoire ». Ceux qui s’opposaient à cette destruction forcée des traditions et des croyances se battaient également « pour la mémoire contre l’oubli, en comprenant très bien que la perte de mémoire renforçait le système communiste en rendant les gens sans défense et malléables ».

« Le ‘Manifeste du Parti communiste’ (1848) affirme que le communisme ‘abolit les vérités éternelles, abolit toute religion et toute moralité‘. Il installe une nouvelle vision déformée du monde, basée sur l’idée que l’histoire de la société n’est qu’une ‘lutte des classes’. »

Ryszard Legutko, membre du Parlement européen et ancien ministre de l’Éducation de Pologne

Les racines de ces systèmes politiques modernes se trouvent dans les idées politiques qui se développaient dans notre monde depuis plus de 150 ans. C’est une idéologie basée sur la destruction du Vieux Monde, la création d’un Nouveau Monde et la contrainte de quiconque qui s’y oppose.

Le communisme vise à inculquer aux gens une haine envers le divin, il répand l’idée que rien à part lui-même ne peut exister et propose unilatéralement une vision du monde basée sur la lutte.

« Le ‘Manifeste du Parti communiste’ (1848) affirme que le communisme ‘abolit les vérités éternelles, abolit toute religion et toute moralité‘. Il installe une nouvelle vision déformée du monde, basée sur l’idée que l’histoire de la société n’est qu’une ‘lutte des classes’. »

C’est une idéologie qui a pris le contrôle en modifiant notre compréhension du passé et en nous dressant les uns contre les autres.

Histoire sanglante

Le « communisme » et le « socialisme » (la phase initiale du « communisme » selon la théorie marxiste) ainsi que le « fascisme » se fondent sur le même modèle : les économies planifiées où le gouvernement contrôle tous les moyens de production et maintient un rôle omniprésent dans la vie quotidienne d’un individu. Ces systèmes se maintiennent grâce à une croisade fabriquée et sans fin contre les « ennemis du peuple ».

L’histoire du socialisme remonte à la Révolution française de 1789. À partir de Paris, le socialisme s’est répandu dans toute l’Europe, comme l’avait démontré en 1890 Moritz Kaufmann dans son livre Socialisme, travail et capital. Il a été suivi par le communisme et le fascisme.

Karl Marx, quant à lui, œuvrait dans le but de répandre l’idéologie socialiste. Il travaillait dans des médias socialistes, dont la Nouvelle Gazette rhénane et le Deutsch-Französische Jahrbücher, publié à Paris. Puis, en 1848, Marx et Friedrich Engels ont écrit le  Manifeste du Parti communiste qui prônait une stratégie plus agressive, basée sur l’idée d’une révolution violente.

Ce manifeste a été publié juste avant les révolutions socialistes qui ont balayé l’Europe en 1848.

Victor Hugo, auteur de Les Misérables, a exprimé son avis sur ces mouvements dans une déclaration publiée en mai 1848. Il a déclaré que le socialisme ou la République rouge « abattra le drapeau tricolore sous le drapeau rouge ».

« [Le socialisme] fera banqueroute, ruinera les riches sans enrichir les pauvres », a écrit Victor Hugo. Il anéantira « le travail qui est le pain de chacun, abolira la propriété et la famille, promènera des têtes sur des piques, remplira les prisons par le soupçon et les videra par le massacre, mettra l’Europe en feu et la civilisation en cendre, fera de la France la patrie des ténèbres, égorgera la liberté, étouffera les arts, décapitera la pensée, niera Dieu. » 

Cette idéologie, répandue dans toute l’Europe et enflammée davantage par les enseignements de Marx, a formé la base des régimes totalitaires violents qui hantaient le XXe siècle – y compris ceux dirigés par le Parti national-socialiste des travailleurs allemands sous Adolf Hitler, le Parti communiste de l’Union soviétique sous Josef Staline et le Parti communiste chinois sous Mao Zedong.

Le dictateur italien Benito Mussolini, un ancien marxiste, a transformé ces idées dans un nouveau système appelé fascisme. Dans son autobiographie de 1928, il l’a déterminé comme un système selon lequel chaque citoyen « n’est plus un individu égoïste qui a le droit antisocial de se rebeller contre toute loi de la Collectivité ».

Hitler a adopté le fascisme dans son Parti national-socialiste et a déclaré en 1933 que, sous son système, chaque propriétaire « devrait se considérer comme nommé par l’État » et que le « Troisième Reich gardera toujours son droit de contrôler les propriétaires des biens ».

« Il y a un nouveau doute derrière le bolchevisme et beaucoup d’autres choses modernes. Ce n’est pas seulement un doute en Dieu ; c’est plutôt un doute particulier en l’Homme. »

G.K. Chesterton, dans la première édition du journal G.K.’s Weekly publiée en 1925

Dans sa Concise Encyclopedia of Economics, Sheldon Richman a décrit le fascisme comme « le socialisme avec un placage capitaliste » et a noté : « L’antagonisme des dirigeants fascistes envers le communisme a été mal interprété en tant qu’une affinité pour le capitalisme » alors que, en réalité, c’était parce que Hitler considérait le communisme comme « son rival le plus proche pour l’allégeance populaire ».

« Comme avec le communisme, sous le fascisme, chaque citoyen était aussi considéré comme un employé et un locataire de l’État totalitaire, dominé par le Parti », a expliqué Sheldon Richman, ajoutant : « En conséquence, c’était la prérogative de l’État d’utiliser la force, ou la menace de celle-ci, pour réprimer même l’opposition pacifique. »

En mars 1925, lorsque la faction bolchéviste du communisme installait son contrôle sur la Russie, G.K. Chesterton a commencé à publier un nouvel hebdomadaire G.K.’s Weekly. Dans ce journal, il a mis en garde contre la montée d’une nouvelle ère du totalitarisme dont, soulignait-il, certains éléments pourraient être trouvés dans presque tous les systèmes politiques modernes.

Dans le premier article de la première édition de son hebdomadaire, il a écrit : « Il y a un nouveau doute derrière le bolchevisme et beaucoup d’autres choses modernes. Ce n’est pas seulement un doute en Dieu ; c’est plutôt un doute particulier en l’Homme. »

« La vieille morale, la religion chrétienne, l’Église catholique différaient de toute cette nouvelle mentalité parce qu’elles croyaient vraiment que les hommes avaient des droits. C’est-à-dire, elles croyaient que les hommes ordinaires étaient dotés de pouvoirs, de privilèges et d’une sorte d’autorité », précisait-il.

« Aujourd’hui, dans les choses essentielles où la vieille religion faisait confiance à l’homme, la nouvelle philosophie se méfie complètement de l’homme. Elle insiste que c’est seulement un homme très rare qui peut avoir des droits dans ces domaines ; et lorsqu’il s’agit de cet homme rare, il a le droit de gouverner les autres davantage que gouverner lui-même. »

Pendant la période de la guerre froide, le monde était semblable à un champ labouré, où l’Union soviétique semait volontiers ses graines de discorde sociale et de désinformation afin de propager et installer encore plus en profondeur son idéologie totalitaire.

Comme résultat aujourd’hui, le point de vue libéralo-démocratique moderne, qui est professé par des centaines de millions de personnes, prévoit que « le système politique devrait imprégner chaque partie de la vie publique et privée », s’étendant à tous les domaines de la société, y compris « l’éthique et les mœurs, la famille, les Églises, les écoles, les universités, les organisations communautaires, la culture et même les sentiments et les aspirations humaines », souligne. Ryszard Legutko.

Indépendamment de sa forme politique à la surface, le monde entier est effectivement victime de la propagation d’une croyance commune, enracinée dans l’idée communiste. C’est la croyance dans la destruction de la croyance – et, à travers cela, la destruction de la croyance dans la bienveillance et les droits de l’homme ordinaire.

Joshua Philipp

Le point de vue exprimé dans cet article est celui de son auteur et ne reflète pas nécessairement celui d’Epoch Times.

On estime que le communisme a tué au moins 100 millions de personnes, bien que ses crimes ne soient pas recensés et que cette idéologie persiste. Epoch Times tâche d’exposer l’histoire et les croyances de cette doctrine qui a servi de base à la tyrannie et à la destruction des peuples depuis son émergence. On peut trouver la série complète de ces articles dans la rubrique « Histoire cachée du communisme ».

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