«Maintenant, il n’y a plus aucun respect»: la banalisation des attaques de commissariats inquiète les policiers

Par Emmanuelle Bourdy
15 août 2022 20:26 Mis à jour: 15 août 2022 20:26

La liste des commissariats attaqués est de plus en plus longue et ce phénomène montre notamment que les auteurs de ces actes n’ont plus peur des forces de l’ordre. La profession s’inquiète d’autant plus que les assaillants n’hésitent plus à préméditer et préparer leurs actions. Et si auparavant, elles se limitaient à certaines dates précises, désormais, les attaques de représailles à la suite d’interpellations sont légions.

Les assauts auxquels font face les commissariats sont devenus monnaie courante, le dernier en date concernait Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), dans la nuit du dimanche 31 juillet au lundi 1er août dernier. Cocktails Molotov, voitures bélier, mortiers d’artifice, poubelles enflammées, tous les moyens sont bons pour nuire aux policiers, l’Ile-de-France étant la zone la plus impactée.

« Ils étaient venus pour tuer »

L’attaque de Vitry-sur-Seine, qui a duré quarante-cinq minutes, était une réaction à la suite d’une interpellation ayant eu lieu quelques heures plus tôt, rapporte Le Parisien. Elle a blessé deux policiers et endommagé du matériel. « Ils étaient venus pour tuer », a commenté Matthieu Valet, commissaire en poste dans le Val-de-Marne et porte-parole du Syndicat indépendant des commissaires de police.

Un gradé de la police indique au Parisien : « Avant, les commissariats étaient des lieux sanctuarisés où les gens venaient éventuellement se réfugier. Maintenant, il n’y a plus aucun respect. » Matthieu Valet renchérit : « C’est l’œuvre de voyous, mineurs, désinhibés par le passage à l’acte. » Selon lui, « plusieurs fois, des attaques ont été perpétrées après que des rumeurs de violences policières se sont répandues. À Vitry-sur-Seine, fin juillet, il y avait notamment eu la rumeur de violences exercées durant la garde à vue ».

Le commissaire souligne encore que ces attaques se sont accentuées depuis la suppression des renseignements généraux (RG) en 2008. « Les RG rédigeaient des notes sur l’ambiance dans les quartiers. Ils prenaient la température. En province, le renseignement territorial assure cette mission. À Paris et en petite couronne, la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) considère que ce n’est pas son rôle. Le renseignement remonte par les patrouilles », indique-t-il à nos confrères.

« C’est devenu presque normal de s’en prendre à des policiers »

Guillaume Roux, secrétaire départemental de l’Essonne du syndicat Unité SGP-Police, parle de généralisation et banalisation de ces attaques à l’encontre de la police. « Cela fait vingt ans que je travaille dans le département et, quand on allait dans des quartiers, on savait qu’on pouvait être caillassés, mais c’était exceptionnel. Maintenant, c’est récurrent avec, en plus, des attaques de commissariat », mentionne-t-il, réclamant « une réponse pénale exemplaire ». Pour lui, « s’attaquer à un commissariat, c’est s’attaquer à la République ».

Yvan Assioma, secrétaire régional Île-de-France du syndicat Alliance, considère lui aussi que « tant qu’il n’y aura pas de réponse pénale très forte, ça continuera ». Il poursuit : « Il y a un contexte général de défiance à l’égard des policiers alimenté par des prises de position politiques notamment de la France insoumise. C’est devenu presque normal de s’en prendre à des policiers. »

De ce fait, les commissariats sont obligés de se protéger de telles attaques, ces renforcements étant plus faciles à prévoir lors des dates « prévisibles ». C’est par exemple le cas lors de la Saint-Sylvestre, les 13 et 14 juillet, le soir d’Halloween, ou encore les soirs de grands matchs de foot. Des aménagements sont également réalisés dans certains commissariats, pour augmenter la sécurité, comme le renforcement des vitrages, l’installation de rideaux métalliques, de filets ou encore de caméras. Malheureusement, cela ne parvient pas à dissuader les assaillants.

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