Ce sont Obama et Clinton, mais pas Trump, qui se vendaient à Poutine

L'administration Obama a sciemment fait progresser la stratégie énergétique de la Russie qui visait à étendre son influence dans le monde

Avec un budget militaire ne représentant que 10 % de celui des États-Unis, le principal outil d’influence géopolitique de la Russie est son secteur énergétique.

Au cours de la dernière décennie, le président russe Vladimir Poutine a utilisé une stratégie sophistiquée visant à accroître la production d’uranium et à développer les voies de transit du gaz de la Russie dans le but d’élargir l’influence de ce pays dans le monde.

Toutefois, bien que le gouvernement américain était conscient des intentions de la Russie, l’administration Obama, y compris le département d’État dirigé à l’époque par la secrétaire d’État Hillary Clinton, a approuvé un accord qui donnait à la Russie le contrôle de 20 % de toute la capacité d’extraction d’uranium aux États-Unis.

Des télégrammes divulgués du Département d’État, datant de 2009, contiennent des informations détaillées sur les démarches de la Russie qui utilisait son secteur énergétique dans le but de créer des « zones de pression », ainsi que sur l’objectif de l’agence russe de renseignement militaire de « renucléariser » la Russie.

L’affaire centrale de cette stratégie prévoyait que l’agence atomique d’État russe Rosatom, par le biais de sa filiale en propriété exclusive ARMZ Uranium Holdings Co., acquerrait une participation majoritaire dans la société minière canadienne Uranium One.

Un tel accord était bien controversé, car il augmentait la dépendance des États-Unis vis-à-vis de la Russie pour l’uranium – l’élément clé dans le fonctionnement des centrales nucléaires ainsi que dans la production d’armes nucléaires.

Pourtant, malgré les préoccupations de sécurité nationale soulevées par le Congrès, l’administration Obama a signé cet accord en octobre 2010. L’accord prévoyait son approbation par le Comité des investissements étrangers aux États-Unis, qui comprenait le département d’État dirigé à l’époque par Hillary Clinton.

Mme Clinton avait ses propres intérêts dans cette affaire. En juin 2010, quelques mois avant l’approbation de l’accord, son mari, l’ancien président Bill Clinton, s’était rendu à Moscou pour rencontrer personnellement M. Poutine. Le jour de leur rencontre, Mme Clinton a reçu 500 000 dollars en paiement d’un discours de 90 minutes de la part de la Renaissance Capital, une banque d’investissement russe ayant des liens avec M. Poutine.

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Alors que la Russie essayait d’arracher des États-Unis l’approbation de sa participation majoritaire dans Uranium One, ce pays a embauché la société de lobbying américaine APCO Worldwide qui avait une influence sur Hillary Clinton. Selon The Hill, William Cambell, ancien informateur du FBI, l’a confié au Congrès américain le 7 février dernier. L’influence acquise sur Mme Clinton a été liée, en partie, aux dons faits à la fondation Clinton Global Initiative.

Les liens de Bill Clinton avec Uranium One remontent encore plus loin. En 2005, il a accompagné au Kazakhstan Frank Giustra, fondateur de UrAsia Energy Ltd., une petite société minière d’uranium canadienne. Après une réunion – durant laquelle Bill Clinton a félicité le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev et a approuvé, malgré de graves violations des droits de l’homme et des élections, sa nomination à la tête de l’organisation de sécurité internationale OSCE – UrAsia a signé un protocole d’accord avec la société kazakhe Kazatomprom.

Du jour au lendemain, cet accord a permis à UrAsia de M. Giustra de devenir un acteur important dans l’industrie de l’uranium. Quelques mois seulement après la finalisation de l’accord, M. Giustra a fait don de 31,3 millions de dollars à la Fondation Clinton. En 2008, il a fait don de 100 millions de dollars supplémentaires à Clinton Giustra Sustainable Growth Initiative.

En 2007, Uranium One a acquis UrAsia Energy de Giustra et a poursuivi ses opérations en tant que société fusionnée sous le nom d’Uranium One dont le siège social se trouve au Canada.

Selon un récent rapport de l’US Energy Information Administration, les réacteurs nucléaires des États-Unis dépendent désormais des pays étrangers pour 93 % de leurs achats d’uranium.

L’Amérique n’a qu’une seule usine de traitement d’uranium en activité – la White Mesa Mill dans l’État de l’Utah.

« En 2017, la production d’uranium aux États-Unis est tombée à des niveaux historiquement bas, en grande partie à cause du fait que l’uranium et le combustible nucléaire sont importés d’entités étrangères subventionnées par l’État ; en 2018, la production nationale devrait être encore plus faible », ont écrit les producteurs d’uranium américains Ur-Energy Inc. et Energy Fuels Inc. dans une lettre adressée au département du Commerce des États-Unis plus tôt cette année.

Les centrales nucléaires américaines ont un stock d’approvisionnement qui ne durerait en moyenne qu’une année. La dépendance de l’uranium importé donne aux pays étrangers, en particulier la Russie, un moyen de pression unique sur les États-Unis qui serait néfaste en cas de conflit armé.

En même temps que le département de la Défense américain demande d’utiliser uniquement l’uranium provenant des États-Unis, les entreprises américaines avertissent que cela pourrait ne plus être possible.

« À moins que des mesures ne soient prises maintenant pour favoriser une saine industrie minière d’uranium locale, les stocks de défense actuellement détenus par le département de la Défense seront épuisés, et il est peu probable que les producteurs nationaux auront des capacités suffisantes pour répondre à nos besoins de défense », précise la lettre des producteurs d’uranium américains.

La Russie, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan fournissent ensemble 32 % de l’uranium importé aux États-Unis.

Après avoir acquis une participation majoritaire dans Uranium One, Rosatom a acquis les participations restantes en 2013 et la Russie a transformé cette société en société fermée.

Malgré les assurances données en 2010 par la Nuclear Regulatory Commission (NRC) en réponse aux inquiétudes du Congrès américain que « l’uranium produit » par Uranium One « ne devrait pas être exporté », de nombreux cas de telles exportations ont eu lieu après l’acquisition de cette société par la Russie.

Au lieu de fournir directement une licence à Rosatom, en 2012 le CNR a ajouté Uranium One à la licence d’exportation existante, permettant ainsi à l’uranium produit aux États-Unis de quitter le pays, a rapporté The Hill.

L’uranium a été exporté au Canada par l’intermédiaire d’une société de logistique RSB Logistics Services Inc., après quoi une partie a été acheminée vers l’Europe. On ne sait pas où l’uranium a été expédié après son arrivée en Europe.

Jasper Fakkert

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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement les opinions dEpoch Times.

 
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