« On m’a tout pris, je n’aurais jamais imaginé que ça puisse m’arriver » : à la suite de la crise Covid, un accordeur de piano devient SDF

Par Emmanuelle Bourdy
25 avril 2022 23:12 Mis à jour: 25 avril 2022 23:12

Les dommages collatéraux de la crise sanitaire se font durement ressentir pour ce restaurateur de pianos d’Avion (Pas-de-Calais). Privé de son gagne-pain, il a été expulsé de son lieu de travail et se retrouve aujourd’hui sans domicile fixe. Une pétition a été lancée sur change.org.

Jérôme Riquez, un accordeur de piano âgé de 62 ans, ne peut plus exercer son travail, victime de la crise du Covid-19, causé par le virus du PCC (Parti communiste chinois). L’homme qui, depuis 36 ans, règle des pianos de marque Steinway, Yamaha ou Fazioli lors de concerts, a en effet été privé de ses clients en raison du confinement. En conséquence, il n’a plus pu payer ses loyers, ainsi que le rapporte 20 Minutes.

« Le propriétaire a quand même déclenché une procédure d’expulsion »

« La vie artistique et culturelle s’est arrêtée net et elle a été très affectée pendant deux ans. D’ailleurs, elle n’est pas encore totalement repartie », a expliqué à 20 Minutes Jérôme Riquez, qui intervenait principalement au théâtre municipal de Calais et au Colisée de Lens. « Je suis l’un des rares à faire ça sur le secteur de Lille, Lens et Arras », a-t-il encore souligné.

La descente a alors commencé pour l’accordeur de piano, qui a perçu 3 000 € d’aide de l’État, « en tout et pour tout au début du confinement », a-t-il déclaré, ajoutant que cette somme était insuffisante « pour compenser les pertes financières de [son] métier ». Ne pouvant plus payer ses 1 000 € de loyer mensuel, ses dettes se sont accumulées. « Avant, j’avais toujours honoré mon loyer, mais le propriétaire a quand même déclenché une procédure d’expulsion », poursuit-il. Le 15 avril dernier, il a donc été sommé de quitter les lieux, trois policiers et une demi-douzaine de déménageurs ayant embarqué les sept pianos qu’il avait en charge, a précisé 20 Minutes.

Alors que ses « engagements professionnels commençaient à repartir doucement »

« On m’a tout pris », s’est désolé le soixantenaire, détaillant avoir perdu son outil de travail, sa voiture, son ordinateur, mais aussi son logement puisqu’il occupait, « par tolérance », une petite dépendance qui lui servait d’habitation, a-t-il indiqué. « Je n’aurais jamais imaginé que ça puisse m’arriver », a encore confié le nouveau SDF, dont les « engagements professionnels commençaient à repartir doucement ».

Malgré les efforts de la mairie d’Avion pour s’opposer à cette expulsion, cela n’a pas été possible « dans la mesure où il ne s’agissait pas d’un bail d’habitation », a stipulé le restaurateur de pianos, qui se fait héberger par une amie résidant à Boulogne-sur-Mer.

Sur change.org, une pétition a été mise ligne pour soutenir Jérôme Riquez qui espère trouver 7 000 €, afin de récupérer ses pianos avant qu’ils ne soient vendus en salle de vente, ce qui est prévu le 5 mai prochain. Cette pétition a recueilli plus de 28 000 signatures à ce jour.

***
Chers lecteurs,
Abonnez-vous à nos newsletters pour recevoir notre sélection d’articles sur l’actualité.
https://www.epochtimes.fr/newsletter

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques déloyales pour faire taire nos informations portant notamment sur les questions de droits de l'homme en Chine. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.