Paris – Un ex-légionnaire jugé pour le meurtre d’un dealer qui l’avait agressé : « Il a fait au mieux, avec le seul souhait de se protéger »

Cinq ans après les faits, un ancien militaire est jugé pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Les faits remontent au mois de mai 2014. Abordé par un dealer alors qu’il se trouve à la gare du Nord en compagnie de sa petite amie, un légionnaire refuse d’acheter le cannabis que lui propose son interlocuteur. Le ton monte et le dealer finit par sortir un couteau avant de poignarder le légionnaire à la main. Le militaire parviendra toutefois à retourner l’arme contre son assaillant qui sera blessé à la cuisse et au bras. Celui-ci décédera finalement de suites de sa blessure à la cuisse.

Connu des services de police, le dealer « avait déjà été condamné pour violence avec armes ». En fuite après s’être « soustrait aux conditions d’aménagement de sa peine », il se trouvait également « sous l’emprise de l’alcool et du cannabis au moment des faits », rapporte Le Figaro.

Ce mardi, le légionnaire – qui a quitté l’armée depuis – comparaissait pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Si la légitime défense du prévenu n’est pas remise en cause, c’est la question de la proportionnalité de la riposte qui doit être tranchée par le tribunal. Les avocats de l’ex-militaire affirment que leur client n’a porté aucun coup et que l’agresseur se serait empalé sur le couteau qui venait tout juste de lui être arraché.

« Le seul souhait de se protéger et de faire cesser les assauts »

D’après Maître Henri de Beauregard, conseil de l’ancien soldat, « tous les experts médicaux qui ont examiné la victime ont constaté que la blessure était compatible avec cette thèse ». Une version remise en question par l’accusation qui estime que le prévenu aurait poignardé la victime à la cuisse de façon volontaire.

L’ex-légionnaire « avait la main transpercée de part en part, du sang qui giclait, la douleur qui lançait, et un agresseur qui ne cessait de revenir. Il a fait au mieux, avec le seul souhait de se protéger et de faire cesser les assauts », assure au contraire Me Beauregard, avant de souligner les états de service impeccable de son client qui jouissaient de la confiance pleine et entière de ses supérieurs.

« Il continue à dire que quelle que soit la manière dont il réexamine la situation, il ne voit pas comment il aurait pu faire autrement », poursuit l’avocat.

« Avec la légitime défense, on a parfois l’impression qu’il faudrait l’appliquer avec tellement de rigueur qu’elle ne s’appliquerait jamais. Franchement, si elle ne s’applique pas ici, on ne sait pas quand elle pourrait s’appliquer », conclut Henri de Beauregard. Le verdict est attendu d’ici vendredi.

Mise à jour du 21/06/19 :

Ce vendredi, l’ex-militaire a été acquitté par la Cour d’assises, le tribunal reconnaissant l’absence de coup porté par l’accusé. « On ne crie pas victoire. On ne se réjouit pas quand il est question de la mort d’un homme », a expliqué Me Henri de Beauregard aux journalistes du Figaro. « Il est content parce qu’il est acquitté bien sûr, mais aussi parce que cela signifie qu’il a été cru », a ajouté l’avocat du prévenu. Le parquet dispose désormais de dix jours pour faire appel de la décision du tribunal.

 
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