Les réactions des professionnels de la transplantation au trafic d’organes en Chine

David Kilgour a fait face au scepticisme de divers milieux lorsqu’il a écrit avec David Matas le premier d’une série de rapports qui indiquaient que des prisonniers d’opinion en Chine étaient tués sur commande pour leurs organes.

Douze ans après la publication de son premier rapport de 2006, l’ancien secrétaire d’État canadien (Asie-Pacifique) et d’autres chercheurs indépendants ont consolidé leurs conclusions et ont vu de grands changements dans les réactions à leurs recherches. En décembre 2013, le Parlement européen a adopté une résolution exprimant sa profonde inquiétude au sujet des « rapports crédibles et incessants de prélèvements d’organes non consentis, systématiques et cautionnés par l’État sur des prisonniers d’opinion dans la République populaire de Chine ». Cette résolution a été suivie, en 2016, par la résolution de la Chambre des représentants des États-Unis demandant au régime communiste chinois de cesser immédiatement les prélèvements forcés d’organes sur des pratiquants de Falun Gong et d’autres prisonniers d’opinion.

Récemment, lors d’une deuxième table ronde organisée à Westminster par les membres du Parlement britannique Jim Shannon et Fiona, M. Kilgour et d’autres chercheurs se sont prononcés sur la façon dont le gouvernement britannique pourrait aider à mettre fin à cette atrocité.

Dans son discours, David Kilgour a également parlé des réactions des professionnels internationaux de la transplantation d’organes aux prélèvements forcés d’organes en Chine.

Il a expliqué que les positions des professionnels de transplantation peuvent actuellement être classées en trois groupes.

Selon lui, le premier groupe consiste en professionnels qui sont au courant de ce qui se passe en Chine.

« Ceux qui ont pris connaissance des résultats des recherches et qui se rendent compte que ce qui se passe en Chine avec les greffes d’organes est un massacre caché d’innocents », a-t-il déclaré. « Ils réagissent en conséquence, en se distanciant des professionnels de transplantation chinois et en conseillant aux autres de faire de même. »

Le deuxième groupe comprend ceux qui sont naïfs.

« Les naïfs ne considèrent pas les résultats des recherches et disent que cela ne relève pas de leur domaine de responsabilité », a précisé David Kilgour. « D’un côté, ils entendent les conclusions des recherches, puis la propagande du Parti-État chinois de l’autre ; ils n’en tirent aucune conclusion. »

Puis, il y a des ignorants qui acceptent la version du Parti communiste chinois.

« Les ignorants acceptent la propagande du Parti-État chinois. Ils suivent sa ligne en répétant que les conclusions des recherches démontrant un massacre d’innocents reposent sur des rumeurs », a martelé David Kilgour. « Ils font écho à la ligne du Parti qui prétend que les résultats de recherche sont invérifiables, même s’ils sont à la fois vérifiables et vérifiés. Ils répètent les arguments du Parti que les pratiques abusives ne se produisaient que dans le passé ; ce n’est pas le cas, ces pratiques ont encore lieu actuellement. »

Ceux-ci, a commenté David Kilgour, sont aussi des professionnels qui devraient mieux s’informer. Il était particulièrement critique envers le leadership de certains organismes internationaux.

« Les quatre organisations (l’Organisation mondiale de la Santé, l’Académie pontificale des sciences du Vatican, The Transplantation Society et Declaration of Istanbul Custodian Group) sont bien contentes que le Parti dise ce qu’elles veulent entendre », a-t-il remarqué.

Tout cela va à l’encontre des preuves solides et des faibles démentis de la part des responsables chinois.

« Pékin n’a aucune réponse crédible au travail des chercheurs indépendants qui ont démontré des exterminations massives d’innocents. Compte tenu de l’ampleur de l’industrie de la transplantation en Chine, il est impossible de nier de manière crédible les résultats de ces recherches », a fait entendre David Kilgour.

« La propagande du Parti, qui nie les données officielles et qui prétend l’inexistence de ce qui existe, ne peut persuader que les naïfs ou ceux qui se sont aveuglés volontairement », a-t-il poursuivi. « On ne peut qu’espérer qu’une volonté de faire face à la vérité sur la Chine prévaudra généralement dans la profession de transplantation avant qu’un grand nombre d’autres innocents ne soient tués pour leurs organes. »

Ethan Gutmann, journaliste d’investigation qui a coécrit en 2016 un rapport avec David Kilgour et l’avocat des droits de l’homme David Matas, a également pris la parole lors de la table ronde. Leur rapport de 817 pages, intitulé Bloody Harvest/The Slaughter: An Update, a révélé que l’ampleur des prélèvements d’organes en Chine est bien plus importante qu’on ne le pensait auparavant. Au lieu de 10 000 transplantations d’organes par an, mentionnées par les autorités chinoises, le nouveau rapport indique qu’entre 60 000 et 100 000 greffes sont effectuées chaque année en Chine.

Selon ce rapport, les pratiquants de Falun Gong, une discipline traditionnelle chinoise comprenant des enseignements moraux et des exercices méditatifs, sont la cible principale des prélèvements d’organes en Chine. Cette discipline est persécutée par les autorités communistes à cause de sa popularité et de son indépendance du Parti-État. D’autres prisonniers d’opinion sont également ciblés et tués pour leurs organes – bien qu’en nombre relativement moindre -, des Tibétains, des Ouïghours et des chrétiens clandestins.

James Burke, Vision Times

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