Rodéos urbains en recrudescence: les policiers réclament l’usage du « contact tactique »

Par Emmanuelle Bourdy
10 août 2022 16:13 Mis à jour: 10 août 2022 16:13

Les rodéos urbains sont un fléau, notamment à cause de leur dangerosité. Malgré tout, les forces de l’ordre n’ont pas l’autorisation de poursuivre les auteurs de ces délits. C’est sans doute l’une des raisons pour laquelle cette pratique se multiplie. Pour l’enrayer certains policiers souhaiteraient, comme au Royaume-Uni, avoir recours au « contact tactique ».  

Pour lutter contre ce phénomène des rodéos urbains sauvages, la police doit, dans la plupart des cas interpeller leurs auteurs en dehors de l’infraction. En effet, elle n’a pas le droit d’engager des courses-poursuites avec eux, même s’ils sont en flagrant délit. Bien trop souvent, ces auteurs se retrouvent impunis, ce qui les incite à poursuivre leurs méfaits. Et le fait qu’ils soient passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 75.000€ et encourent 1 à 5 ans d’emprisonnement ainsi que la confiscation de leur véhicule ne suffit pas à les dissuader.

Un problème « extrêmement difficile à gérer »

La raison pour laquelle il est interdit aux forces de l’ordre d’utiliser les courses-poursuites envers ceux qui s’adonnent à ces rodéos – pouvant parfois provoquer des accidents très graves, voire mortels – c’est par crainte de faire des blessés supplémentaires et de causer davantage de dégâts. Cette règle, mise en place en juin 2021, fait toutefois une exception en cas de délit de fuite d’un auteur de « crime de sang flagrant », rappelle la commissaire de la circonscription dans le Val-d’Oise dans une note, ainsi que le précise BFMTV.

Pour Yann Bastière, délégué national investigation unité SGP-police, le problème est saillant car « extrêmement difficile à gérer ». La moindre chute du conducteur engagerait, dans le cas d’une course-poursuite, la responsabilité des policiers qui l’auraient provoqué. Une enquête serait ainsi ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de cet accident. Les policiers ne sont dans pas prêts à assumer un tel risque et préfèrent utiliser des méthodes certes moins risquées, mais beaucoup moins efficaces.

La technique du « contact tactique » : autorisée en Angleterre mais interdite en France

Ils doivent donc se limiter à mener leur enquête, notamment en visionnant les images des caméras de vidéosurveillance, ou encore en utilisant des barrages filtrants. Mais bien souvent, les auteurs de ces délits portent des casques ou des cagoules et s’habillent avec des tenues similaires pour « brouiller les pistes », souligne encore BFMTV. De plus, ils roulent parfois sur des motos volées ou non-immatriculées.

Pour enrayer ces rodéos, beaucoup de policiers souhaiteraient avoir une plus grande marge de manœuvre. Certains réclament le recours à la technique du contact tactique, celle-ci consistant à percuter le véhicule du fuyard. Pour Ludovic Cassier, secrétaire départemental du Rhône SGP Police, cette méthode – d’ailleurs largement utilisée en Angleterre – permettrait aux policiers d’immobiliser puis d’interpeller ces contrevenants.

À défaut de pouvoir un jour utiliser en France de telles méthodes, Natalia Pouzyreff, la députée Renaissance des Yvelines, souhaiterait la mise en place d’une « formation accrue » des policiers, explique-t-elle auprès de BFMTV. De surcroît, elle réclame des caméras sur leurs véhicules, estimant que « les caméras piétons ne suffisent pas ». Le ministre de l’Intérieur espère quant à lui lutter contre ce « phénomène criminel » en menant des opérations de contrôle à grande échelle, avançant le nombre de 10.000, ainsi qu’il l’a déclaré ce lundi 8 août.

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