Situé à quelques kilomètres de Paris, un village fantôme quasi abandonné

Photo: JOEL SAGET/AFP/Getty Images
Dans le Val-d’Oise, au bout de la ligne D du RER, à 20 minutes à pied au bord d’une départementale se trouve Goussainville Vieux-Pays. À seulement 11 kilomètres de l’aéroport de Roissy, le hameau a été peu à peu déserté par ses habitants depuis les années 1970, fuyant les allers-retours des 400 vols quotidiens.
Ce qui autrefois était le centre historique de Goussainville, une ville de 30 000 habitants au coeur du Val-d’Oise, n’est aujourd’hui presque plus que ruines, maisons délabrées, châteaux et églises abandonnés : en tout, ce sont aujourd’hui 137 édifices du Vieux Pays de Goussainville qui n’accueillent plus aucun habitant.
Les nuisances sonores et la pollution ont fait fuir une partie de la population, encouragée par le rachat juteux des habitations par les Aéroports de Paris (ADP).

Philippe Vieillard, président de l’association de défense du Vieux Goussainville (JOEL SAGET/AFP/Getty Images)
« J’ai grandi au village : je l’ai connu très actif avec ses commerces de bouche et même la fête foraine annuelle sur la place », se remémore Benoît Murillo, dont les parents se sont installés en 1970 dans l’ancien presbytère.
Le Vieux Goussainville a vu sa population baisser de 1000 à 300 habitants dans les années 70. Le village semble être resté figé dans le temps depuis les années 70.

Il faut revenir au moment de l’édification de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle, décidé en 1964 et inauguré dix ans plus tard.Le village ancien se trouvait à deux pas de l’aéroport dans l’axe très bruyante de l’une des pistes.

(JOEL SAGET/AFP/Getty Images)
Aujourd’hui, à peine un tiers des habitations du Vieux Pays de Goussainville sont encore habitées, toutes les autres – celles rachetées par la société Aéroports de Paris – sont occupées par des squatteurs.

Côté commerces et institutions, seules une école primaire et une librairie de livres d’occasion viennent donner un peu de vie au village.

(JOEL SAGET/AFP/Getty Images)
Le village fantôme a été sauvé d’une complète destruction grâce à une église bâtie aux XIIe et XVIe siècles : l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Inscrite aux monuments historiques depuis le début du XXe siècle, les Bâtiments de France – qui gèrent la modification de l’urbanisme – ont refusé catégoriquement que l’on démolisse toutes constructions dans un rayon de 500 mètres autour de l’édifice religieux.
Aujourd’hui, si ce village attire surtout de nombreux curieux venus photographier les lieux – notamment la villa bourgeoise du parc à la façade éventrée – l’on note l’arrivée de nouveaux habitants. En quelque années, la population est passée de 300 à 350 résidents, venus chercher des loyers moins élevés que dans le reste de la région parisienne.

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