Soldats tués au Burkina : le général Soubelet regrette la « publicité particulière » faite par Emmanuel Macron pour le retour des otages

Si le général Soubelet estime que la polémique sur le sauvetage des otages français « n’a pas lieu d’être », il regrette néanmoins qu’Emmanuel Macron ait donné « une publicité particulière » à leur retour en venant les accueillir en personne à la base aérienne de Villacoublay.

Ancien numéro trois de la gendarmerie nationale, le général Bertrand Soubelet est revenu sur le sacrifice de Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, qui ont perdu la vie pendant une opération destinée à sauver deux otages français détenus au Burkina Faso, à travers une tribune publiée sur Facebook samedi dernier.

« Encore deux soldats qui ont payé de leur vie leur engagement au service de la France.
Nous devons à leur mémoire et à leur famille le plus grand respect et une solidarité sans faille 
», commence le général.

Si plusieurs personnalités, dont le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, ont regretté « les risques majeurs » pris par Patrick Picque et Laurent Lassimouillas dans le cadre de leur safari au sein du parc national béninois de la Pendjari, l’ancien militaire a pour sa part déploré la controverse en cours : « Une polémique est en train de naître sur les conditions de cette opération. Elle n’a pas lieu d’être. »

« Cependant je regrette profondément que le président de la République, chef des Armées, donne une publicité particulière au retour des ces otages qui se trouvaient dans une région dangereuse formellement déconseillée pas les services du ministère des Affaires étrangères », a-t-il ajouté.

« Les forces françaises ne sont pas destinées à assurer la sécurité de personnes qui ne respectent pas les consignes et qui, par leur négligence ou parfois leur inconscience prennent des risques inconsidérés », poursuit l’ancien élève de Saint-Cyr.

« Leur abnégation doit inspirer chacun d’entre nous »

Et Bertrand Soubelet de saluer le courage et le sens du devoir des deux membres du commando Hubert tombés au combat dans la nuit du 9 au 10 mai :

« Ils sont tous les deux, comme le colonel Beltrame et tous les militaires français morts pour la France, des témoins et des repères qui devraient guider nos pensées et nos actions quotidiennes. »

« C’est cela le sens de leur sacrifice qui doit rester présent dans nos esprits au delà de tout aspect polémique », renchérit l’auteur de l’ouvrage Tout ce qu’il ne faut pas dire.

« De tels parcours marqués par la générosité et le désintéressement entretiennent la fierté d’être Français et malgré le chagrin qui nous submerge, ils nous montrent le sens de la grandeur de la France. Leur abnégation doit inspirer chacun d’entre nous », conclut le général Soubelet.

 
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