Le sommet Trump-Kim n’a pas encore atteint ses objectifs

Frank Tian Xie, Université de Caroline du Sud-Aiken

Après le sommet Trump-Kim à Singapour, certaines personnes se demandaient si cette rencontre était un succès. Selon la personne à qui on pose cette question, on aura certainement des réponses différentes. Néanmoins, même ceux qui haïssent le plus Donald Trump devraient admettre que notre monde, en particulier la population du Japon et les soldats américains en Asie, est aujourd’hui plus stable que pendant les semaines qui ont précédé cette rencontre historique.

Toutefois, si on considère l’évolution des choses dans la péninsule coréenne sous un autre angle et si on tient compte d’autres parties impliquées, on pourrait conclure que le sommet était un bon début, peut-être même un très bon début, et que son point culminant et de nombreuses implications sont encore à venir.

Les critiques de Donald Trump soutiennent que le document commun signé à Singapour ne fixait pas les détails et que l’engagement de la Corée du Nord de se dénucléariser ne contient pas de clause de CVI – une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible. La nécessité de la clause de CVI est un bon rappel de la vraie nature des régimes communistes. Dieu merci, le secrétaire d’État Mike Pompeo est revenu à cette question en précisant que les principes de CVI seront respectés et que les exercices militaires conjoints entre les forces sud-coréennes et américaines reprendront dès que des signes de non-conformité à ces principes seront repérés.

Cette fois, Kim Jong-un du royaume des ermites va très probablement tenir sa promesse. Il y a trois raisons. Premièrement, la situation a changé ; deuxièmement, Donald Trump est bien différent des présidents américains précédents ; et troisièmement, Kim Jong-un n’a pratiquement plus de cartes à jouer.

Je suis presque certain que Kim abandonnera ses armes nucléaires, non pas parce que ce dictateur brutal est soudain devenu compatissant et bienveillant, mais à cause de la détermination de Trump, de la menace militaire américaine et de la coalition internationale qui s’est formée contre lui. Les dictateurs peuvent être cruels envers leur propre peuple, mais ils ont très peur de leur propre mort.

Une garantie de sécurité

Le président américain a déclaré que « n’importe qui peut faire la guerre, seuls les plus courageux peuvent faire la paix ». C’est vrai. Quand j’ai vu que Donald Trump n’avait même pas peur d’affronter ses alliés occidentaux tels que la chancelière allemande, le président français et le premier ministre canadien et qu’il est capable de se lier d’amitié avec des chefs de pays hostiles comme la Chine, la Russie et la Corée du Nord, ses actions m’ont fait penser aux paroles célèbres du roman Le parrain : « Gardez vos amis près de vous, mais gardez vos ennemis encore plus près. »

Selon une analyse de Reuters, les médias d’État nord-coréens ont changé leur style habituellement froid et impassible et ont rapporté sur le sommet d’une façon soulagée et légère. Évidemment, ce sentiment de soulagement et légèreté provient de hauts fonctionnaires, très probablement de Kim Jong-un lui-même, car il devrait être vraiment soulagé de ne pas faire face à sa catastrophe personnelle.

L’aspect le plus important de la déclaration commune de Trump et Kim, en plus de la dénucléarisation et d’une « nouvelle relation américano-nord-coréenne », est la garantie de sécurité que le président américain a accordée à la Corée du Nord.

La normalisation des relations entre les États-Unis et la Corée du Nord est une épine dans le pied du régime communiste chinois, car la Corée du Nord a toujours été considérée comme un petit frère, un petit partenaire et un ami dans le combat. Il y a des centaines d’années que la Chine est devenue protecteur de la péninsule coréenne et, en particulier depuis 70 ans, du régime nord-coréen. Maintenant, presque du jour au lendemain, le rôle de protecteur et de tuteur a passé à l’Amérique, ce qui représente une immense humiliation pour le Parti communiste chinois !

À noter qu’à mesure que les États-Unis devenaient le nouveau protecteur de la Corée du Nord, le régime chinois ne pouvait rien faire pour l’empêcher ou l’arrêter. Pire encore, la Chine a offert son propre avion pour amener Kim Jong-un à Singapour, et même des avions de chasse en escorte. Remettre son plus proche allié à son ennemi juré représente, sans aucun doute, un double danger pour Pékin.

Mettre fin au communisme ?

Il est clair maintenant que Kim Jong-un a toujours essayé de sortir du piège des « pourparlers à six » et voulait traiter directement avec les États-Unis. Quand il a tué son oncle et son frère, c’était dans le but d’assurer sa propre sécurité et son emprise sur le pouvoir ainsi que pour mettre fin à l’influence des factions pro-Chine au sein de son équipe de direction. Ce jeune «homme-fusée » a réussi à forcer l’Amérique à le traiter comme un égal sur la scène internationale.

Les médias chinois à Hong Kong et à Taiwan considèrent le sommet Trump-Kim comme quelque chose de remarquablement similaire à la visite de l’ancien président américain Richard Nixon en Chine et à sa rencontre avec Mao. C’est une analogie assez raisonnable et c’est aussi la raison pour laquelle le régime chinois s’est senti vraiment mal à l’aise avec le sommet de Singapour et a ordonné aux médias d’État chinois de rapporter en bémol sur cet événement.

Lorsque la Chine et les États-Unis ont établi des relations diplomatiques après la visite de Nixon, la Chine et l’URSS sont presque allées en guerre. Aujourd’hui, lorsque les États-Unis et la Corée du Nord sont en bons termes, on ne peut pas exclure totalement la possibilité d’un conflit entre la Chine et la Corée du Nord.

Tout d’abord, le vrai sens et la vraie signification de ce sommet vont au-delà de la dénucléarisation de la Corée du Nord. Son implication pour l’avenir, que Trump l’ait réalisé ou non et l’ait fait intentionnellement ou non, est de démanteler le règne du communisme en Asie du Nord-Est, notamment en Corée du Nord et en Chine !

Rappelez-vous ce que Donald Trump a montré à Kim Jung-un dans une courte vidéo ? À propos, cette brillante idée de la Maison-Blanche a été une excellente opération de relations publiques ! Ce que le président américain montre et envisage pour Kim Jong-un et la Corée du Nord est une image d’une société libre à l’économie du marché où la richesse, la prospérité et la sécurité sont possibles. Par le biais de la tactique de la carotte et du bâton, Donald Trump a guidé et a demandé au dictateur nord-coréen d’abandonner le système communiste !

La Corée unifiée

C’était la faute des communistes chinois et des communistes soviétiques si la Corée du Nord s’est impliquée dans les hostilités avec le monde libre. Les régimes communistes soviétique et chinois ont soutenu et aidé à mettre en place le régime fantoche de Kim Il Sung, le grand-père de Kim Jong-un. Depuis le règne de Kim Il Sung, le régime nord-coréen était communiste de nature, même si son parti unique au pouvoir s’est nommé le Parti du travail et pas le Parti communiste.

Abandonner le communisme et se tourner vers le capitalisme n’est pas si difficile pour Kim Jong-un et son pays, car ils peuvent voir que l’introduction d’un peu de capitalisme en Chine a permis de générer une énorme richesse grâce au commerce avec l’Amérique et que les Coréens, actuellement, peuvent faire de même sans la surveillance et le contrôle minutieux de leur « grand frère » chinois !

En outre, Kim Jong-un n’est pas un très grand ami du régime communiste chinois ni du dirigeant chinois Xi Jinping, car il n’a jamais visité la Chine depuis qu’il a pris le pouvoir il y a sept ans. Il s’y est rendu quand même récemment lorsqu’il avait ressenti une énorme pression de la part de Donald Trump et a eu besoin d’aide.

Le sommet Trump-Kim a préparé le terrain pour la création d’une Corée unifiée – une chose qu’on pouvait imaginer seulement dans un avenir très lointain il y a quelques mois. Si tel est le cas, une péninsule coréenne sans communisme et sous la protection de l’Amérique serait vraiment un cauchemar pour Pékin – ce serait la véritable et très importante contribution ainsi que le point culminant de la rencontre historique à Singapour.

Dr Frank Tian Xie, l’auteur de l’article, est professeur agrégé en marketing et professeur-président en business de John M. Olin Palm etto à l’Université de Caroline du Sud-Aiken, à Aiken, Caroline du Sud.

Le point de vue exprimé dans cet article est celui de son auteur et ne reflète pas nécessairement celui d’Epoch Times.

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