Une femme de Daech défend le viol de yézidies : «Ce n’est pas un viol dans l’Islam, c’est autorisé dans le Coran»

À l’été 2014, les yézidis se retrouvent au centre de l’attention internationale, quand l’État islamique prend Sinjar, principale ville de cette minorité monothéiste kurdophone, située dans le nord-ouest de l’Irak, près de la frontière syrienne. Là et dans les villages alentour, Daech a perpétré des crimes épouvantables, assassinant les hommes et réduisant les femmes à l’esclavage sexuel.

Dans une vidéo publiée récemment par The Daily Mail, l’épouse d’un membre de Daech a déclaré que les femmes yézidies pouvaient être violées en tant qu’esclaves sexuelles, car il est dit dans le Coran que les prisonniers de guerre sont la «propriété» de ceux qui les ont capturés.

Cette personne non identifiée répondait à une autre femme qui l’interrogeait sur les traitements réservés aux yézidies par les djihadistes. Quand son interlocutrice lui a demandé si le Coran stipulait que les prisonniers pouvaient être traités de la sorte, la femme a répondu qu’elle n’en savait «pas beaucoup» sur le texte islamique.

Les viols systématiques des yézidis pourraient être qualifiés de crimes contre l’humanité

Les yézidis sont une communauté kurdophone qui compte entre 100 000 et 600 000 personnes en Irak, selon les estimations. Ils font partie des populations les plus anciennes de la Mésopotamie, où leur croyance est apparue il y a plus de quatre mille ans puisant une partie de ses croyances dans le zoroastrisme, la religion de la Perse antique.

Dans la communauté yézidis, le viol déshonore celles qui en sont victimes et entraîne leur exclusion. Dans le documentaire « Esclaves de Daech – Le destin des femmes yézidies », coréalisé avec David Evans, Philippe Sands porte jusqu’à la Cour pénale internationale le récit des atrocités subies par deux jeunes femmes yézidis. À terme, le calvaire des femmes yézidies pourrait être qualifié de génocide, le viol systématique étant reconnu comme tel et l’esclavage sexuel, comme un crime contre l’humanité.

 
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