Chine : lutte de factions et crédibilité politique

Il y a deux ans, Epoch Times a parlé des affaires commerciales et politiques troubles de Guo Wengui, milliardaire chinois qui a fui la Chine. Guo bénéficiait du patronage de Zeng Qinghong, l’ancien vice-président du régime chinois et le N° 2 dans la faction politique de Jiang Zemin, l’ex-chef du Parti communiste chinois (PCC).

Depuis longtemps, les luttes intestines entre l’équipe du dirigeant actuel Xi Jinping et la faction de Jiang ressemblent à une bagarre, lorsque « l’un ne peut pas survivre alors que l’autre reste en vie ».

LIRE AUSSI : Chine : l’anti-corruption et ses problèmes

Dans ce contexte, lorsque Guo, qui vit aujourd’hui à New York, a rompu le silence médiatique en janvier dernier en promettant de laver le linge sale du PCC, nous avons supposé que ses démarches n’étaient probablement qu’une « manœuvre politique calculée » ou même une tentative de sauver sa peau, compte tenu de l’affaiblissement de la faction de Jiang.

Les révélations de Guo ont prouvé que nos suggestions étaient justes. Guo a constamment ciblé Wang Qishan, allié proche de Xi Jinping et chef de l’agence de la lutte anti-corruption. Il semble que Guo cherche à diviser Xi Jinping et Wang Qishan. Cependant, il a parlé de façon flatteuse de Jiang Zemin et de Zeng Qinghong en les traitant de « grands politiciens ». Il a estimé, sans donner de preuves, que Jiang contrôlait largement le régime chinois. Ces remarques étaient bien étranges, étant donné qu’elles provenaient d’un homme qui se présente comme un observateur désintéressé ne voulant que du bien à la Chine.

En même temps, Guo est en train de saper sa propre crédibilité. Les analystes chinois et occidentaux ont constaté que même si certaines de ses « révélations » sont partiellement vérifiables, un grand nombre d’entre elles ne peuvent pas être vérifiées ou sont tout simplement fausses.

Les choses ne s’arrangent pas non plus pour Zeng Qinghong, le patron de Guo. Les principaux financiers et blanchisseurs d’argent connus appartenant à sa famille ont été interpelés par les autorités. Wang Qishan est récemment apparu en public après avoir « disparu » pendant plus d’un mois. (Dans le passé, des longues absences de Wang ont généralement précédé des purges de hauts fonctionnaires).

Pourtant, plus Guo apparaît comme la vedette, plus difficiles deviendront les choses pour Xi Jinping pendant la période précédent le 19e Congrès du Parti, un conclave crucial de remaniement du leadership, prévu pour la fin de cette année.

Xi Jinping cherche à garder Wang Qishan en tant que chef de la lutte anti-corruption pendant encore cinq ans afin que celui-ci le débarrasse des restes de la faction de Jiang (jusqu’à présent, Wang a été très efficace dans l’exécution de cette tâche) tout en poussant d’autres fonctionnaires à un comportement le plus honnête possible. Ce n’est qu’avec des cadres disciplinés que Xi pourra effectuer les réformes économiques radicales et même les réformes politiques du régime chinois.

Toutefois, les calomnies de Guo pourraient être utilisées par les opposants de Wang Qishan pour forcer Xi Jinping à abandonner son fidèle allié lors des réunions informelles précédant le 19e Congrès, des réunions qui débattent des postes politiques clés à pourvoir. Dans un tel scénario, Xi Jinping risque de perdre sa crédibilité interne s’il insiste pour garder un chef anti-corruption dont la réputation internationale a été entachée d’accusations de corruption.

Version anglaise : Factional Agenda and Political Credibility

 
VOIR AUSSI