Le temps est-il une illusion ?

Dans Au-delà de la science, Epoch Times explore les recherches et les récits examinant les phénomènes et les théories qui posent un défi aux connaissances actuelles. Nous nous penchons sur les idées stimulant l’imagination et ouvrant de nouvelles possibilités. Faites nous part de vos idées sur ces sujets, parfois controversés.

«Le temps est l’image en mouvement de l’éternité.» – Platon

Nous avons tendance à croire que la destinée n’est pas fixée et que tout le temps passé s’efface dans l’oubli, mais le mouvement peut-il être une simple illusion? Un célèbre physicien britannique explique que dans une dimension spéciale, le temps n’existe tout simplement pas.

«Si vous essayez de mettre la main sur le temps, il glissera toujours à travers vos doigts», a déclaré Julian Barbour, physicien britannique et auteur de La fin du temps : La nouvelle révolution en physique dans un entretien avec la fondation Edge. Alors que cette déclaration poétique résonne encore dans la pièce, Barbour et le journaliste n’avaient aucune connexion avec eux-mêmes, une seconde plus tôt.

Barbour croit que les gens ne peuvent pas capturer le temps parce qu’il n’existe pas. Bien que ce ne soit pas une théorie nouvelle, elle n’a jamais eu autant de popularité que la théorie de la relativité d’Einstein ou la théorie des cordes.

Le concept d’un Univers sans temps n’est pas seulement irrésistiblement attirant pour une poignée de scientifiques, mais un tel modèle pourrait frayer la voie pour expliquer de nombreux paradoxes auxquels fait face la physique moderne dans l’explication de l’Univers.

Nous tendons à penser et à percevoir le temps comme étant linéaire par nature, son cours s’écoulant inéluctablement du passé vers le futur. Il ne s’agit pas seulement d’une perception personnelle de tous les humains, mais aussi le contexte dans lequel la mécanique classique analyse toutes les fonctions mathématiques au sein de l’Univers. Sans un tel concept, des idées comme le principe de causalité et notre incapacité à être présent simultanément à deux évènements, pourraient commencer à être envisagées d’un niveau totalement différent.

L’idée de la discontinuité du temps proposée par Barbour tente d’expliquer, dans un contexte théorique, un Univers composé de nombreux points qu’il appelle «maintenant». Mais de tels «maintenant» ne pourraient pas être compris comme des moments fugaces qui viennent du passé et mourront dans le futur; un «maintenant» ne serait qu’un parmi les millions de maintenant existant dans la mosaïque universelle éternelle d’une dimension spéciale impossible à détecter, chacun relié aux autres de manière subtile, mais aucun n’étant plus extraordinaire que le voisin. Tous existent en même temps.

Avec un tel mélange de simplicité et de complexité, l’idée de Barbour promet un grand soulagement à quiconque est prêt à accepter l’absence de temps avant le big bang.

Barbour pense que le concept de temps pourrait être similaire à celui des entiers (nombres entiers). Tous les nombres existent simultanément et ce serait ridicule de penser que le nombre 1 existe avant le nombre 20.

Des étoiles tournent autour de l'étoile polaire dans cette photographie longue pose de 2006. Le concept d'un univers intemporel est non seulement très attractif pour certains scientifique, mais un tel modèle pourrait expliquer beaucoup des paradoxes que rencontre la physique moderne en voulant expliquer l'univers. (Stan Honda/AFP/Getty Images)
Des étoiles tournent autour de l’étoile polaire dans cette photographie longue pose de 2006. Le concept d’un univers intemporel est non seulement très attractif pour certains scientifique, mais un tel modèle pourrait expliquer beaucoup des paradoxes que rencontre la physique moderne en voulant expliquer l’univers. (Stan Honda/AFP/Getty Images)

À ce point de la discussion, il est probablement inévitable que le lecteur se demande : «Tentez-vous de me convaincre que ce mouvement que je fais en ce moment avec mon avant-bras n’existe pas? Si des fractions infinitésimales de «maintenant» ne sont pas connectées les unes aux autres, comment puis-je me souvenir des premières idées de cet article? Comment puis-je me souvenir de ce que j’ai mangé pour le déjeuner? Pourquoi me lèverais-je et irais-je travailler si le travail appartient au «je» qui n’a rien à voir avec moi? Si le futur est déjà là, à quoi bon tous les efforts?»

De tels dilemmes ont surgi de la perception illusoire que le temps s’écoule, comme l’eau dans une rivière. Nous pouvons considérer un Univers sans temps comme une longue crème à la vanille, dont le centre est rempli de chocolat sur toute la longueur. Si nous en coupons une tranche, nous obtiendrons ce que nous appelons un présent, un «maintenant».

En supposant que le chocolat du centre nous représente, nous pourrions croire que notre tranche est la seule existante dans l’Univers, et que les tranches antérieures et postérieures n’existent qu’en tant que concept. Cette idée pourrait sembler ridicule à un observateur de la crème, qui sait que toutes les tranches existent ensemble.

En prenant cet exemple, vous pourriez dire que «je» ne suis pas la même personne qui a commencé à écrire cette phrase. Je suis unique, peut-être en connexion apparente avec chacun des sujets qui ont écrit les mots précédents dans ce paragraphe. Cependant, même les «maintenant» infinis indépendants les uns des autres ne seraient pas dispersés. Ils créent quand même une structure. Ils sont un bloc, une crème entière sans aucune miette.

Et voici la théorie de Barbour : Dans un espace du cosmos, le futur (notre futur) est déjà là, déployé et chaque seconde de notre passé est aussi présente, pas comme un souvenir, mais comme un présent vivant. La chose la plus douloureuse pour les humains, comme le souligne les philosophies orientales, serait de tenter de briser le moule fixé.

Le sage, qui suit le cours prédéterminé, serait un visage heureux au sein de la crème au chocolat cosmique et qui tente de vivre nos «maintenant» uniques et extrêmement minuscules.

La plupart d’entre nous sommes profondément convaincus qu’à un niveau inconscient, une grande horloge cosmique tourne à chaque seconde de cet énorme espace appelé l’Univers. Cependant, au début du siècle dernier, Albert Einstein avait déjà démontré que la réalité temporelle est relative à chaque objet dans l’Univers, et que le temps est un «sujet» inséparable de l’espace. Même les spécialistes qui synchronisent le temps dans le monde sont conscients du fait que le monde est réglé par un mouvement déterminé arbitrairement, puisque les horloges ne peuvent pas du tout mesurer le temps.

Apparemment, la seule alternative est de plonger dans une «illusion temporaire» de cette infinité, sachant qu’il y a un espace où notre passé existe encore et que ce que nous faisons ne change pas. Et, comme Einstein lui-même dirait, «les gens comme nous, qui croient en la physique, savent que la distinction entre le passé, le présent et le futur n’est qu’une illusion obstinément persistante».

 
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