Les autorités de Pékin profitent d’un incendie pour se débarrasser des habitants « indésirables »

Après un important incendie survenu la semaine dernière dans un quartier de Pékin habité par des personnes à faible revenu, les autorités de la ville sont en train d’expulser les résidents dans une tentative évidente de se débarrasser des travailleurs migrants pauvres.

L’incendie, qui a éclaté dans le district de Daxing, une zone où de nombreux ouvriers d’usine vivent dans des appartements à loyer modéré, a fait 19 morts et 8 blessés, selon les médias officiels.

Dans les jours qui ont suivi, les habitants des différents quartiers de Pékin ont mis en ligne des vidéos et des messages sur les avis d’expulsion émis par les autorités locales. On y voit des policiers en train de défoncer les portes et des anciens résidents forcés à sortir dans la rue avec rien d’autre que leurs valises. Des témoins oculaires et des médias chinois estiment qu’il pourrait s’agir de dizaines de milliers de personnes.

Hu Jia, un éminent militant des droits de l’homme à Pékin, a déclaré que les autorités profitaient du sinistre, qui s’est produit dans un immeuble sans système de sécurité anti-incendie approprié, comme un prétexte pour vider les appartements bon marché.

Un immeuble dans le district de Daxing à Pékin après un incendie survenu le 19 novembre 2017. (VCG via Getty Images)

« Peu importe que vous ayez eu recours aux procédures juridiques, que vous ayez ou non entrepris des mesures de sécurité anti-incendie nécessaires ; même si vous l’avez fait, il est temps pour vous de partir, alors vous devez partir », a-t-il déclaré à Epoch Times.

« Certains sont expulsés avec leurs enfants. Il fait très froid dehors. Comment les enfants peuvent-ils le supporter ? Aujourd’hui, plusieurs enfants sont tombés malades en ayant attrapé de la fièvre ou un rhume. »

Plus tôt cette année, les autorités de Pékin ont annoncé qu’elles prévoyaient de limiter « à long terme », vers 2020, la population de la ville à 23 millions de résidents. Ceci dans le but d’empêcher qu’un nombre croissant de travailleurs migrants s’installent dans la ville surpeuplée. Les travailleurs migrants appartiennent à la catégorie de Chinois qui ne possèdent pas de permis de résidence officiel à Pékin, mais qui sont arrivés dans la capitale, généralement à partir des zones rurales, à la recherche de travail.

L’incendie semble être l’occasion idéale pour les autorités leur permettant de se débarrasser des travailleurs à faible revenu, des colporteurs et les pétitionnaires qui arrivent dans la capitale chinoise pour déposer leurs plaintes. Ces gens vivent habituellement dans des logements à loyer modéré dans les banlieues à l’extérieur de Pékin. Ils sont souvent considérés comme des gens de « classe inférieure ».

Une résidente dans la rue à côté de ses affaires personnelles après avoir été évacuée d’un immeuble d’habitation à Pékin, le 19 novembre 2017. (Ryan Mcmorrow / AFP / Getty Images)

Un internaute a posté une notification des autorités du district de Daxing qui avise qu’à partir du 21 novembre, les appartements et les maisons louées doivent être vidés dans les cinq prochains jours.

Dans le district voisin de Fangshan, une pétitionnaire surnommée Ma a confié à Epoch Times que sa maison louée devait être démolie en mars prochain. Mais après l’incendie, son propriétaire l’a appelé pour dire qu’elle devait déménager maintenant.

Mme Zhang a déclaré à Epoch Times qu’elle était propriétaire d’une maison dans le district de Shunyi, près de l’aéroport international de Pékin. Sa famille habite dans la même maison et elle loue aussi des chambres aux employés de l’aéroport. Le 20 novembre, vers 21h, une vingtaine de policiers et d’autres fonctionnaires en civil sont arrivés dans le quartier et ont donné l’ordre à tout le monde de sortir avec leurs affaires. La police a fait une irruption violente dans les logements et a scellé les portes.

« Cela a commencé à 21h et a continué jusqu’à environ 1 ou 2 heures du matin. C’est comme exterminer les gens », a expliqué Mme Zhang. Le loyer était sa principale source de revenus et elle s’inquiète pour son avenir.

Le 24 novembre, des étudiants de plusieurs campus universitaires ont publié en ligne une pétition, demandant aux autorités chinoises d’installer des logements temporaires pour les personnes qui ont été forcées d’abandonner leur domicile.

Annie Wu

Chen Han, Yi Ru et Gu Xiaohua ont contribué à cet article.

Version anglaise : Beijing Authorities Use Deadly Fire in Poor Neighborhood to Remove ‘Undesirables’

 
VOIR AUSSI