Un agronome breton découvre une puissante alternative bio au glyphosate… mais l’administration lui fait barrage depuis des années

À l’heure où le débat sur le glyphosate fait rage en Europe avec le renouvellement de la licence de distribution du produit de Monsanto, un agronome vient de prouver que l’herbicide de la multinationale n’était pas indispensable. Seul problème, il n’arrive pas à faire reconnaître son invention.

Jacques le Verger, agronome breton, a mis au point un herbicide à base d’algues marines et de plantes. Avec l’aide d’une équipe du CNRS et un budget de départ d’un million d’euros, ses recherches ont pu être menées à leur terme et le Croq’Mousse a pu voir le jour. Pourtant, il n’arrive pas à faire homologuer son invention, et ne sait pourquoi son dossier est en attente.

(Twitter)

Un laboratoire indépendant, l’Inéris, a pourtant émis un avis très favorable. « La conclusion de l’Inéris a été : « Votre produit mérite naturellement d’être mis sur le marché, pas de toxicité aigüe ni de danger avéré pour l’environnement ». La direction des routes bretonnes, après essai, a confirmé que le Croq’Mousse s’avérait aussi efficace que le RoundUp.

Il a également travaillé avec les responsables de diverses communes, comme à Nantes ou Paris. La gamme de produits qu’il a développé avec sa société, Osmobio, a présenté des résultats positifs contre toute attente. « Nos produits ont été comparés avec les produits classiques de la chimie de synthèse, et je dois vous dire que selon l’expression de ces responsables, les résultats ont été bluffants ».

Cependant, les autorités lui refusent encore l’autorisation de vendre son produit. L’agronome a déposé en 2014 un dossier à l’Anses, et demeure sans nouvelles depuis. Interrogée par LCP, Françoise Weber, une directrice de l’Anses, a reconnu que la procédure était complexe, faisant valoir que « les exigences en termes d’efficacité des produits sont élevées et il faut protéger le consommateur ».

Jacques le Verger, de son côté, affirme tenir à la disposition de l’organisme tous les documents nécessaires. Mais depuis deux ans, ses appels demeurent lettre morte. «Si le dossier était porté par des multinationales, je pense que ça irait nettement plus rapidement. J’en suis même convaincu», affirme-t-il à la chaîne.

L’agronome compte renvoyer un dossier l’année prochaine, et si rien ne bouge, pourrait frapper à la porte des États-Unis, où il a déposé un brevet.

La vidéo suivante explique la fondation de la société Osmobio, crée par Jacques le Verger.

 
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