Un film dénonçant les prélèvements forcés d’organes en Chine remporte le prix AIB au Royaume-Uni

LONDRES – Un documentaire sur le meurtre de dizaines de milliers de prisonniers de conscience chinois pour leurs organes a gagné le prix du meilleur documentaire d’enquête  internationale en 2015 de l’Association for International Broadcasting (AIB). Plus tôt cette année, le film avait déjà obtenu le prestigieux prix Peabody.

Après avoir remporté le prix de l’AIB, Leon Lee, réalisateur du film, a déclaré : « C’est un grand honneur pour moi et toute l’équipe qui m’a accompagné pendant les huit ans où nous avons tourné le film. J’espère que davantage de gens vont maintenant le regarder et, surtout, qu’il changera les choses et mettra fin aux prélèvements d’organes. »

Les juges qui ont choisi le film ont souligné qu’il « reflète tout l’horreur de la situation grâce à des témoignages crédibles et une recherche approfondie » et que ces faits  ont « vraiment besoin d’être plus largement connus. »

« Prélèvements humains : le commerce illégal d’organes en Chine » raconte comment en quelques années la Chine a développé une grande et très lucrative industrie de transplantation d’organes sans avoir un système de don d’organes.

Le documentaire questionne sur la source des organes ainsi que le fait que les hôpitaux chinois proposent d’effectuer les transplantations quelques semaines après la demande, tandis les patients en Occident les attendent habituellement pendant des années.

Leon Lee, réalisateur du film « Human harvest » (Prélèvements humains), devant le Parlement du Royaume-Uni à Londres où le 4 novembre 2015 a été projeté son documentaire dénonçant les prélèvements forcés d'organes en Chine. (David Sun / Epoch Times)
Leon Lee, réalisateur du film « Human harvest » (Prélèvements humains), devant le Parlement du Royaume-Uni à Londres où le 4 novembre 2015 a été projeté son documentaire dénonçant les prélèvements forcés d’organes en Chine. (David Sun / Epoch Times)

La vérité apparaît : les organes sont prélevés de force sur les prisonniers de conscience, y compris les pratiquants de l’ancienne pratique spirituelle du Falun Gong, les Ouïgours, les Tibétains et les chrétiens des églises clandestines chinoises. Le film révèle que les pratiquants de Falun Gong sont les premières victimes de cette pratique.

« Quand j’ai entendu parler de cela en 2006, je ne pouvais pas le croire. J’ai pensé que cela n’avait aucun sens », a confié Leon Lee. Néanmoins, il a décidé de se renseigner sur le sujet et il est maintenant convaincu que les prélèvements d’organes sont réellement effectués en Chine à une grande échelle.

« Nous avons été prudents dans le film. Ce que nous avons montré n’est que la pointe de l’iceberg. »

On estime que de 40 000 à 60 000 personnes ont été tuées pour leurs organes en Chine entre 2003 et 2008. Toutefois, Leon Lee mentionne un témoignage d’un chirurgien militaire chinois qui avait estimé ce chiffre à plus de 600 000. « D’autres informations suggèrent qu’il pourrait y avoir 2 millions », a ajouté Leon Lee. « Nous avons été prudents dans le film. Ce que nous avons montré n’est que la pointe de l’iceberg. »

Avant la cérémonie de la remise des prix de l’AIB, le documentaire a été projeté au Parlement britannique.

Leon Lee a confié qu’il a senti maintes fois un sentiment de désespoir, mais après avoir remporté le prix Peabody  l’an dernier, le film a attiré l’attention des principaux médias. « Les patrons des médias m’ont dit qu’ils avaient entendu parler des prélèvements d’organes en Chine, mais ne l’avaient jamais pris au sérieux », a-t-il précisé.

La situation a maintenant changé. Le film a été diffusé dans 20 pays et il est également disponible en Chine de manière non officielle. « En tant que cinéaste, je suis contre le piratage, mais vous pouvez l’acheter en Chine pour 10 yuans [1,5 euros] », a ajouté M. Lee.

Leon Lee est de plus en plus convaincu de la puissance de son film. Il reconnaît également qu’on a besoin davantage d’efforts pour mettre fin aux atrocités qui se déroulent en Chine, même s’il croit que la situation va bientôt changer et que la sensibilisation des gens y contribuera.

« Quand les gens me demandent ce qu’on peut faire devant une Chine si grande et si puissante, je leur dis de passer le mot à leur famille, à leurs amis et collègues, car plus les gens seront au courant, plus vite cela se terminera », a-t-il affirmé.

Version anglaise : Film Exposing Forced Organ Harvesting in China Wins UK Award

 
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