INTERNATIONAL

Classement mondial des écoles de commerce

juin 8, 2016 8:00, Last Updated: juin 26, 2016 12:44
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Dans le dernier Top 10 des meilleures Business Schools effectué par le dernier Financial Times, l’école parisienne HEC arrive à la deuxième place. D’après le journal, l’Insead, nommée première dans le classement MBA, rejoint quant à elle le « club des élites » formé par Harvard, Stanford ou la London Business School. Un bon score qui confirme la performance française au classement 2015 des meilleures écoles européennes en Master de Management : sur les 80 lauréates, 21 écoles étaient tricolores et trois d’entre elles occupaient le top 10.

Le classement renommé du FT s’appuie sur différents critères, tels que le taux d’embauche trois mois après l’obtention des diplômes, le salaire moyen du premier emploi, les stages effectués et les langues maîtrisées.

La formation des élites est un enjeu international, un « soft power » qui détermine une influence culturelle. Elle procure un certain avantage immatériel – la diffusion d’une langue et d’une histoire – mais aussi concurrentiel. Par exemple, les nouveaux diplômés auront tendance à mieux travailler avec les entreprises des pays accueillant leur scolarité. Ainsi, les universités s’exportent à l’étranger ou adoptent des programmes en langues étrangères pour séduire l’intelligentsia internationale.

Traditions et atouts

Sur la scène internationale, les grandes écoles françaises rencontrent les universités américaines et anglaises ; en face d’HEC, de l’Essec et de l’Insead, on trouve Harvard, Princeton, London Business School. Remontant de deux traditions différentes, les deux systèmes universitaires anglo-saxons et français présentent des qualités différentes. D’après le sérieux magazine BusinessBecause, les études montrent aujourd’hui « l’avance des universités américaines sur les programmes aux inscriptions ouvertes », tandis que les universités européennes offrent de meilleures opportunités de cursus personnalisés.

Notre mission est de former les meilleurs talents et de développer leurs compétences en termes de leadership, d’innovation et d’entrepreneuriat.

-Peter Todd, doyen et directeur d’HEC Paris

D’après Pierre Tapie, ancien directeur de l’Essec et président de la Conférence des Grandes Écoles, « dans la valorisation de marques, nous sommes loin derrière des marques qui ont capitalisé leur nom depuis 400 ans et disposent de grands fonds ». En Amérique, une université dépense environ 150 000 dollars par an et par élève, contre 30 000 pour une université française.

Une différence qui se retrouve à l’arrivée. Ainsi, le Financial Times note que l’Insead, bien que culminant sur les formations de MBA (Master of business administration), ne se trouve qu’en dixième position en terme de valorisation financière. Les frais sont également moins élevés pour les élèves. L’un d’eux, interrogé par le journal, observe qu’avec l’Insead, « on en a vraiment pour son argent ».

Des pédagogies « plus avancées » ?

Un grand nombre de doyens américains « envient » pourtant les universités françaises. « Ils n’envient pas nos moyens financiers, ça c’est clair. J’entends des doyens américains me dire : imposer trois langues au niveau d’un Master de Science en Management, nous sommes incapables de le faire… », indique Pierre Tapie lors d’une interview donnée pour le groupe d’études sectorielles Xerfi.

Pour le conférencier, les pédagogies françaises sont « plus avancées ». Les exigences pluridisciplinaires sont plus élevées. « Les formations professionnalisantes françaises, une immersion pédagogique jouant sur les règles des intervalles avec des stages longs, de jeunes chercheurs, assistants de direction,… qui réinterrogent ensuite ces champs de savoir par rapport à une expérience concrète traversée. Cette dynamique prépare des jeunes en âge précoce à une maturité professionnelle », remarque l’universitaire, qui observe un avantage certain des programmes français sur l’acquisition de « qualités de synthèse » et d’une capacité à intégrer « une dynamique de projet ».

 Deux questions à Peter Todd, doyen et directeur d’HEC Business School Paris

Quelles sont vos réactions suite à ce classement ?

Les classements nationaux et internationaux s’accordent sur notre statut de Business School leader et, cette année encore, nous avons obtenu de belles performances dans les classements du Financial Times, avec par exemple une deuxième place mondiale pour les programmes Executive Education sur mesure, une deuxième place mondiale pour notre Master en Management et première place mondiale pour notre Master in International Finance.

Ce que ces classements viennent confirmer, c’est la qualité de l’enseignement dispensé sur l’intégralité de notre portefeuille de programmes. Cette réussite s’est construite grâce à un corps professoral de renommée mondiale, dont les deux tiers sont internationaux. Nos programmes attirent des étudiants à très haut potentiel, dans un environnement très internationalisé. Notre mission est de former les meilleurs talents et de développer leurs compétences en termes de leadership, d’innovation et d’entrepreneuriat, pour qu’ils puissent ensuite les déployer dans des contextes globalisés.

Vous avez dit que les grandes écoles devraient être indépendantes, pourquoi ?

HEC Paris a adopté le statut d’Établissement d’Enseignement Supérieur Consulaire (EESC) depuis le 2 janvier 2016, c’est-à-dire que l’école est désormais dotée d’une personnalité morale et d’un cadre juridique proche de celui d’une Société Anonyme. Ce statut dote l’école d’une plus grande autonomie permettant plus de souplesse, de flexibilité et de réactivité.

Ce contexte nouveau pose les bases d’un développement plus agile qui va nous permettre de renforcer plus encore le rayonnement de l’école et de nous inscrire dans des standards internationaux très élevés. Il constitue également une opportunité de développer nos capacités d’autofinancement, tout en développant les ressources allouées à l’ouverture sociale et à l’égalité des chances, et offrir plus d’opportunités d’accès aux étudiants méritants. Aujourd’hui, 15% de nos étudiants sont boursiers et nous comptons poursuivre nos efforts en ce sens.

Être autonome ou indépendant ne veut pas dire être isolé. Car cette autonomie va nous permettre au contraire de consolider et de renforcer nos partenariats. Nous bénéficions d’un réseau exceptionnel de 123 partenaires académiques prestigieux à travers le monde et, en France, nos étudiants tirent profit des programmes coconstruits avec des écoles telles que 42, Polytechnique, Sciences Po ou l’École Normale Supérieure.

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