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Contre l’avis de Pékin, l’ONU va publier son rapport sur le Xinjiang

août 31, 2022 22:30, Last Updated: septembre 1, 2022 15:42
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A quelques heures de son départ, la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme doit publier mercredi son rapport très attendu sur les violations des droits humains dans la région chinoise du Xinjiang, en dépit de l’énorme pression exercée tout azimut de Pékin.

« Le rapport sera publié d’ici la fin de la journée », a indiqué Jeremy Laurence, porte-parole de la Haute-Commissaire Michelle Bachelet.

L’ancienne présidente chilienne, dont c’est le dernier jour à la tête du Haut-Commissariat après un mandat de 4 ans, tient ainsi sa promesse de publier ce document très attendu avant son départ.

« Mieux vaut tard que jamais. Ce sera un moment décisif », a déclaré Sophie Richardson, directrice de l’ONG Human Rights Watch pour la Chine, estimant que cela va montrer « qu’aucun Etat n’est au-dessus des lois ».

Plus que le contenu, c’est l’existence et la publication qui sont importantes à ses yeux, parce que cela va obliger le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à se saisir du dossier. « Ne pas poursuivre n’est pas une option », a-t-elle souligné.

La Chine est opposée au rapport

En revanche, la Chine n’a cessé de répéter tout le mal qu’elle pensait du document. A l’ONU à New York (Etats-Unis), l’ambassadeur chinois Zhang Jun a réaffirmé mercredi « être fermement opposé au rapport ».

« Le prétendu problème du Xinjiang est un mensonge totalement fabriqué et politiquement motivé » qui freine le développement de la Chine, a-t-il dit, accusant Mme Bachelet de « se mêler des affaires intérieures chinoises ».

A New York également, le porte-parole du chef de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué qu’Antonio Guterres n’avait pas lu le rapport, ni participé à sa rédaction.

« Il ne veut pas interférer dans son travail ni l’influencer, qu’il s’agisse de Michelle Bachelet ou de toute autre personne qui occupera ce poste », a déclaré M. Dujarric, face aux critiques de la presse sur cette publication de dernière minute d’un document de référence.

Le contenu du rapport est un secret bien gardé

Le contenu du rapport est un secret bien gardé dont rien n’a fuité pour le moment et dont le contenu et les termes choisis vont être décortiqués.

Le gouvernement américain accuse Pékin de « génocide » au Xinjiang. En janvier, l’Assemblée nationale française, emboîtant le pas à la représentation du Royaume-Uni, des Pays-Bas ou encore du Canada, avait elle aussi qualifié de « génocide » le traitement des Ouïghours par la Chine.

Depuis plusieurs années, la région fait ainsi l’objet d’une intense surveillance: caméras omniprésentes, portiques de sécurité dans les bâtiments, forces armées très visibles dans les rues, restrictions à la délivrance des passeports…

Des études occidentales, fondées sur des interprétations de documents officiels, des témoignages de victimes présumées et des extrapolations statistiques, accusent Pékin d’avoir interné dans des « camps » au moins un million de personnes, majoritairement ouïghoures, d’effectuer des stérilisations et avortements « forcés », ou encore d’imposer du « travail forcé ».

La Chine dément ces accusations. Elle réfute toute idée de « stérilisation forcée » mais concède appliquer au Xinjiang, comme partout ailleurs dans le pays, sa politique de limitation des naissances, pendant longtemps mise en oeuvre avec laxisme dans la région.

Pékin présente en outre les « camps » comme des « centres de formation professionnelle » destinés à éloigner les habitants de l’extrémisme religieux, et qui seraient désormais fermés car tous les « étudiants » auraient « achevé leur formation ».

Faire face à d’intenses pressions

La semaine dernière lors de sa conférence de presse d’adieu, Mme Bachelet avait reconnu faire face à d’intenses pressions aussi bien des pays favorables à la publication du rapport – dont les Etats-Unis – que de ceux qui y sont opposés – en premier lieu les autorités chinoises.

Mardi, lors d’une cérémonie du Conseil des droits de l’homme pour marquer la fin du mandat de l’ancienne présidente du Chili, l’ambassadrice britannique pour les droits humains Rita French et des organisations de défense des droits s’étaient alarmées que le rapport ne soit pas encore sorti.

« Il est essentiel pour nous tous qu’aucun Etat ne soit exempté d’un examen minutieux et objectif de son bilan en matière de droits humains, et qu’aucun Etat ne soit autorisé à étouffer la voix indépendante de la Haute- Commissaire », avait déclaré Mme French.

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