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Fusillade à Paris: le suspect mis en examen pour assassinat, le mobile « raciste » retenu

décembre 27, 2022 16:27, Last Updated: décembre 27, 2022 18:16
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Lundi 26 décembre, l’homme soupçonné d’avoir assassiné trois Kurdes vendredi à Paris, qui a reconnu sa haine « pathologique » des étrangers, a été mis en examen et placé en détention provisoire.

Âgé de 69 ans, William M., conducteur de trains à la retraite de nationalité française, a été présenté à un juge d’instruction qui l’a mis en examen pour « assassinat et tentative d’assassinat en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion », ainsi que pour « acquisition et détention non autorisée d’arme », a indiqué une source judiciaire.

Dans le box, l’homme avec un coquard à l’œil gauche et vêtu d’une blouse d’hôpital bleu clair, est resté droit, le regard fixe en attendant l’arrivée du juge des libertés et de la détention (JLD).

Carrure massive et empâtée, il avait été interpellé vendredi peu après avoir ouvert le feu avec une arme de poing rue d’Enghien, dans le 10e arrondissement de Paris, devant le centre culturel kurde Ahmet-Kaya.

« Dépressif » et « suicidaire »

Plus de soixante-douze heures après les faits, le mobile « raciste » a été retenu par le juge : l’homme a confié aux enquêteurs ressentir une « haine des étrangers devenue complètement pathologique » depuis le cambriolage de son domicile en 2016, a relaté la procureure de Paris Laure Beccuau.

Il s’est décrit comme « dépressif » et « suicidaire » et, selon la magistrate, a ajouté avoir « toujours eu envie d’assassiner des migrants, des étrangers » depuis ce cambriolage.

Vendredi au petit matin, il s’était d’abord rendu à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis « pour commettre des meurtres sur des personnes étrangères », selon la procureure. Mais il avait renoncé à son projet, faute de monde notamment. Après être repassé chez ses parents, où il vivait, il s’est rendu à pied vers le centre Ahmet-Kaya, dont il connaissait la localisation.

Le sexagénaire a alors ouvert le feu avec une arme de poing, tuant Abdurrahman Kizil et Mir Perwer, un chanteur kurde réfugié politique, ainsi que la responsable du Mouvement des femmes kurdes en France, Emine Kara. Trois autres hommes ont été blessés.

Colère du gouvernement turc

L’attaque de vendredi a bouleversé la communauté kurde, qui a dénoncé un acte « terroriste » et aussitôt mis en cause la Turquie. Pour de nombreux Kurdes, ce triple assassinat fait en effet écho à celui, jamais élucidé, de trois militantes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) le 9 janvier 2013 à Paris.

Ces accusations ont provoqué la colère du gouvernement turc, qui a convoqué lundi l’ambassadeur de France en Turquie pour exprimer son « mécontentement » face à ce qu’il considère comme de la « propagande anti-Turquie » lancée « par les cercles du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) ».

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