Gaspillages

26 mai 2015 02:07 Mis à jour: 25 octobre 2015 22:27

 

Édito – Nous sommes 7 milliards sur terre et devrions être 9 milliards en 2050 ; dans l’environnement de sécheresses, d’inondations et de méga-tempêtes que nous aurons légué à nos enfants – effet de serre oblige, ceux-ci se nourriront avec le type d’agriculture et le mode de consommation que nous leur aurons transmis, ce qui – si on fait de la prospective un peu linéaire – sera digne d’un scénario de science-fiction : beaucoup, beaucoup de viande, mais pas d’animaux tels que nous les connaissons. Gonflés d’anabolisants, gavés d’antibiotiques, alimentés automatiquement par des robots de poudres protéiques fabriquées en usine, ceux-ci seront plus des bioréacteurs producteurs de bifteck que des êtres vivants à part entière. Pour améliorer le rendement, ces bœufs, porcs, poulets et autres auront moins encore qu’aujourd’hui besoin de savoir ce qu’est l’herbe et à quoi ressemble une prairie. Celles-ci seront de toute façon devenues de grandes aires fermées dédiées à la culture hors-sol de légumes ignorant ce que « terre » signifie. Les racines plongeant dans une bouillie nutritive elle-aussi produite en usine, ces légumes OGM produiront en grande quantité, grâce au « génie » génétique, les hormones de leur maturation et des arômes nouveaux, « pour satisfaire le consommateur ». Un consommateur qui comme aujourd’hui et peut-être plus encore, mangera trop. Vissé sur ce que sera devenu l’ordinateur – peut-être une puce électronique dans le cerveau, il avalera à la hâte un plat industriel de nouvelle génération contenant beaucoup de la chair cultivée plus haut. Et en jettera la moitié à la poubelle, pour alimenter des décharges plus immenses encore qu’aujourd’hui. Pendant ce temps, au Sud, plus d’1 milliard de personnes dans des zones devenues désertiques n’auront pas de quoi s’alimenter ou boire.

L’effrayant est que ce futur d’horreur est déjà techniquement réalisable et qu’il ne lui faut que les petits pas de nos acceptations pour devenir le monde de nos enfants. Mais rien ne force la prospective à être linéaire et à considérer que notre myopie d’esclaves de la technologie doive continuer : en légiférant contre le gaspillage alimentaire, un premier pas a été fait la semaine dernière pour rappeler que la nourriture, élément premier de la vie humaine, est précieuse – quelle que soit son abondance actuelle dans nos pays riches. La détruire doit donc être punissable et la première étape réalisée pour les supermarchés devrait être poursuivie dans les domaines de l’alimentation collective, de la production agricole et de chacun de nous – pourquoi pas une taxe au kilogramme de déchet produit ? On rappellera aux renâcleurs que la première réponse à la question de la faim dans le monde et de la surexploitation des ressources naturelles est de résoudre ce qui fait que près de 60 % des ressources produites ne sont aujourd’hui pas consommées. Avec cela seulement – répétons-le, avec cela seulement – la Terre pourrait nourrir 10 milliards d’êtres humains. Ajoutons-y une légère diminution de la consommation de viande et il deviendra possible de laisser à nouveau les animaux dans les prairies, de ne pas « bidouiller » le monde vivant avec le génie génétique sans avoir la moindre idée des conséquences, de laisser la terre, l’eau et le soleil produire ce dont les hommes ont besoin pour vivre. C’est, en manifestant contre Monsanto samedi dernier, ce que des dizaines de milliers de personnes ont dit partout en Europe : une vague se forme pour dire que le temps est venu de respecter à nouveau notre monde vivant.

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