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Hong Kong: les manifestants pro-démocratie en appellent à Londres

septembre 15, 2019 13:14, Last Updated: septembre 15, 2019 13:30
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Des manifestants pro-démocratie se sont rassemblés dimanche aux abords du consulat de Grande-Bretagne à Hong Kong pour demander à Londres d’en faire davantage pour protéger les habitants de son ancienne colonie, dénonçant à nouveau le recul des libertés dans le territoire.

Des centaines de personnes ont chanté l’hymne britannique en brandissant l’« Union Jack » ainsi que la bannière de l’ancienne colonie hongkongaise. « Je suis plutôt déçu du fait que la Grande-Bretagne n’ait rien fait pour nous soutenir », confiait à l’AFP Alex Leung, un manifestant.

Peu après, des dizaines de milliers de personnes ont commencé à défiler dans des quartiers du centre de l’île de Hong Kong, de Causeway Bay à Central, alors que la police leur avait interdit de descendre dans la rue.

Hong Kong traverse depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des actions et manifestations quasi-quotidiennes pour demander des réformes démocratiques ou dénoncer une riposte policière jugée brutale par les contestataires.

Conformément à la Déclaration sino-britannique de 1984 qui avait présidé à la rétrocession, Hong Kong est une région semi-autonome dirigée sous le principe « Un pays, deux systèmes », et jouit à ce titre de libertés inconnues dans le reste de la Chine, et ce jusqu’en 2047.

-Pékin s’assoit sur ses promesses-

Mais les militants pro-démocratie accusent Pékin de s’asseoir sur ses promesses en augmentant son emprise politique sur le petit territoire et en refusant de lui accorder un véritable suffrage universel. Dimanche, nombre de manifestants accusaient Londres de ne pas demander suffisamment de comptes à Pékin. « La Déclaration commune sino-britannique est NULLE », pouvait-on lire sur une pancarte.

Plusieurs manifestants demandaient la possibilité pour les Hongkongais d’obtenir la nationalité de la Grande-Bretagne ou d’un autre pays du Commonwealth.

Des centaines de milliers de Hongkongais ont obtenu avant ou après la rétrocession un passeport particulier émis par Londres et réservé aux « citoyens britannique de l’étranger » (« British National Overseas », BNO), un titre qui facilite les entrées en Grande-Bretagne mais ne donne aucun droit de travail ou de résidence.

« Au moins, avec la citoyenneté pleine et entière, ils pourraient protéger les Hongkongais face au gouvernement chinois », a déclaré Anthony Chau, un manifestant titulaire d’un passeport BNO.

-Demande aux  pays du Commonwealth ?-

Environ 130 parlementaires britanniques ont signé cette semaine une lettre ouverte appelant la Grande-Bretagne et les pays du Commonwealth à accueillir les Hongkongais qui souhaiteraient émigrer.

La crise est née en juin du rejet d’un projet de loi hongkongais, désormais enterré, qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.  Pékin a plusieurs fois accusé cette mobilisation d’être en fait financée par des capitaux étrangers, en montrant du doigt la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

Mais la Chine n’a pas du tout étayé ses accusations, en ne mettant en avant que des déclarations ouvertes de soutien aux manifestants faites par des hommes politiques étrangers. Elle n’a de cesse d’affirmer que cette crise politique relève des affaires intérieures.

La Grande-Bretagne est de son côté sur la corde raide. Elle a à cœur de préserver sa relation avec la puissance économique qu’est la Chine, en particulier dans le contexte très incertain du Brexit. Mais elle a également fait part de ses préoccupations quant à l’évolution récente de son ex-colonie, en expliquant avoir l’obligation de veiller au respect de la Déclaration sino-britannique.

« La Déclaration conjointe est un traité légalement contraignant entre la Grande-Bretagne et la Chine qui est aussi contraignant aujourd’hui que quand il a été signé et ratifié il y a plus de 30 ans », avait observé en juin une porte-parole du Foreign Office. Les manifestants hongkongais ont ces derniers temps intensifié leurs efforts pour sensibiliser la communauté internationale à leur cause et recueillir le soutien des pays étrangers.

Figure du « Mouvement des parapluies » de 2014, Joshua Wong est actuellement aux Etats-Unis, où il a appelé le président Donald Trump à inclure une clause sur les droits humains dans ses négociations commerciales avec la Chine. Il a rencontré il y a quelques jours le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.

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