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«Il faut agir, et d’urgence» alerte la mère de Yohan, mort après avoir inhalé du gaz hilarant

juillet 7, 2020 19:29, Last Updated: juillet 7, 2020 19:29
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L’histoire aurait pu être drôle, elle a été tragique. Nadine Grosdidier pleure son fils Yohan, décédé à l’âge de 19 ans après avoir inhalé du protoxyde d’azote, plus communément appelé « gaz hilarant ». Elle s’exprime dans les colonnes du Parisien sur ce sujet qui n’a rien de marrant et dénonce le manque de responsabilité des autorités concernant ce gaz extrêmement dangereux, voire mortel.

Nadine Grosdidier est à la fois triste et en colère. Elle a perdu son fils Yohan il y a environ deux ans. Lui et ses amis d’enfance avaient inhalés un aérosol dépoussiérant pour ordinateur, contenant du butane et du propane. À la suite de quoi le jeune garçon – décrit par sa mère comme quelqu’un de « sérieux », « discret » et « sans excès » – était mort d’un arrêt cardiaque chez lui, à Lacroix-sur-Meuse ( Meuse), le 5 mai 2018.

Yohan est mort pour avoir voulu « rire un peu »

Ce gaz hilarant provoque un fou rire irrépressible en quelques secondes. Yohan, lui, en a pris pendant trois mois, avant que le fatal accident ne se produise, sur la terrasse de sa maison, relate Le Parisien. Il a fait un arrêt cardiaque après deux inhalations.

Ses parents avaient appris la terrible nouvelle alors qu’ils venaient d’atterrir aux Baléares. Ce sont les gendarmes qui les avaient prévenu. Les parents de Yohan ne connaissaient absolument pas le protoxyde d’azote. Durant les deux semaines qui ont précédé le décès de leur fils, ils avaient pourtant remarqué que Yohan toussait, mais il n’avait pas voulu consulter le médecin pour cela. Lors de cette soirée, les pompiers ont tenté pendant une heure trente de réanimer Yohan, sans succès.

Malheureusement, Yohan n’est pas le seul à avoir payé le prix de sa vie pour avoir voulu « rire un peu ». Outre le fait que ce gaz peut tuer s’il est utilisé à répétitions, il provoque par ailleurs de graves séquelles au cerveau ou encore des détresses respiratoires. Habituellement, les jeunes trouvent ce gaz dans les cartouches pour siphons à chantilly, que l’on achète pour quelques euros en supermarché. Le protoxyde d’azote étant ensuite vidé dans des ballons pour être inhalé.

Ce phénomène s’accélère

Les jeunes qui inhalent ce produit sont de plus en plus nombreux, particulièrement depuis le déconfinement, à tel point qu’il est devenu « le troisième produit psychoactif le plus consommé chez les étudiants ». Nadine Grosdidier met en garde et alerter sur la gravité de la situation. Elle a créé « Association Yohan » sur Facebook, à la suite du décès de son fils.

Même si le Sénat a voté l’interdiction de ce gaz aux mineurs en décembre dernier, cela ne suffit pas. Nadine Grosdidier « attend le vote de l’Assemblée nationale ». Mais « j’apprends qu’il n’aura sans doute pas lieu avant décembre prochain », précise-t-elle. Selon elle, « il faut agir, et d’urgence ». Car de nombreuses personnes envoient des messages d’alerte sur le groupe Facebook de l’association. « Que ce soit à Lille, à Marseille, en Normandie, des gens me disent qu’ils voient désormais des capsules de protoxyde d’azote sur des trottoirs. Il y en a partout. C’est affolant », s’inquiète la mère de Yohan, qui a « le sentiment qu’on se bat pour rien », car pour elle, le danger est bien réel et « avec les vacances d’été, il risque de s’accélérer ».

Quant à l’enquête concernant la soirée où son fils est décédé, Nadine Grosdidier explique : « Elle s’est arrêtée car nous n’avons pas porté plainte contre son ami qui avait apporté le gaz à la soirée. On ne pouvait pas faire ça. » Elle conclut : « Je réfléchis à porter plainte contre l’État s’il y a un nouveau décès. Ce produit est en vente libre partout, à la portée de tous, pas cher. Comme mon fils, les jeunes n’ont pas conscience de sa toxicité. Déjà, il faudrait commencer par arrêter de l’appeler ‘gaz hilarant’. Sur Internet, il y a des vidéos partout. Mais ce fou rire peut coûter la vie. Vous savez, nous sommes un peu morts avec Yohan. Tout ce qu’on veut, c’est aucun parent ne vivent ce qu’on a vécu. »

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