EUROPE

Irlande : le gouvernement envisage d’abattre 200.000 vaches au nom de la lutte contre le changement climatique

juin 6, 2023 10:01, Last Updated: juin 6, 2023 10:01
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En Irlande, pour réduire les émissions carbones du pays dans le cadre des objectifs de l’Union européenne dans le domaine du changement climatique, le gouvernement réfléchirait sous pression de Bruxelles à procéder à l’abattage de pas moins de 200.000 vaches laitières, selon un document émanant du ministère de l’Agriculture.

Une décision écologiste dont la mise en œuvre s’étalerait sur trois années et dont le coût pour le contribuable s’établirait à 600.000 euros, rapporte The Irish Mirror : pour chaque vache tuée, une compensation de 5000 euros serait versée au fermier. Une décision qui n’est, cependant, pas encore actée, tient à rassurer un porte-parole de l’exécutif : « Le document auquel il est fait référence faisait partie d’un processus délibératif — il s’agit de l’un des nombreux documents de modélisation examinés par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Ce n’est pas une décision politique finale. » Et de poursuivre : « Dans le cadre du travail des ministères, diverses options de mise en œuvre de nos politiques sont régulièrement envisagées. »

Selon l’Agence irlandaise de protection de l’environnement, le secteur agricole serait responsable de 38 % des émissions de gaz à effet de serre en Irlande sur l’année 2021, dépassant celui des transports, qui s’établirait à près de 18 %. Créé par le ministère de l’Agriculture fin janvier 2022, le Food Vision Dairy Group a publié un rapport en octobre dernier dans lequel il souligne « l’urgente nécessité de s’attaquer aux impacts environnementaux associés à l’expansion des exploitations laitières ». Peu après sa publication, le ministre irlandais de l’Agriculture, Charlie McConalogue, avait réagi en appelant les agriculteurs à réduire le nombre de vaches laitières en leur possession.

Pour rappel, les vaches sont pointées du doigt car, lors de leur digestion, elles rotent et émettent du méthane, un gaz qui serait très dangereux pour l’atmosphère, s’alarment les activistes du climat.

« En quoi est-il écologique d’importer ce bœuf du Brésil pour remplacer le bœuf irlandais ? »

Depuis la semaine dernière, le choc suscité en Irlande par la révélation de ce projet d’abattage de 200.000 vaches a suscité de tous côtés une forte levée de boucliers. « Des rapports comme celui-ci ne font qu’alimenter davantage l’idée que le gouvernement travaille en coulisses pour saper nos secteurs laitier et d’élevage », a ainsi lancé Tim Cullinan, président de l’Irish Farmers’ Association (Association des agriculteurs irlandais) dans un entretien accordé au Telegraph : « Bien que certains agriculteurs souhaitent peut-être quitter le secteur, nous devrions tous nous concentrer sur la création d’une voie permettant à la prochaine génération de se lancer dans l’agriculture », juge-t-il.

« Nos troupeaux [de vaches] ne sont plus aussi importants qu’ils ne l’étaient il y a 25 ou 30 ans », a fait valoir de son côté Pat McCormack, président de l’Irish Creamery Milk Suppliers Association (Association des fournisseurs de lait irlandais), qui interroge : « Peut-on en dire autant de l’industrie du transport, peut-on en dire autant de l’industrie aéronautique ? »

À l’occasion d’une conférence de presse du 30 mai, Peadar Tóibín, président du parti politique irlandais Aontú, a, lui, dénoncé une « menace incroyable pour le secteur agricole » : « Il s’agit d’une menace incroyable pour le secteur agricole avec un coût de 600 millions d’euros. Aujourd’hui, 25 % de la viande bovine importée dans l’Union européenne provient désormais du Brésil. En quoi est-il écologique d’importer ce bœuf du Brésil pour remplacer le bœuf irlandais abattu ici dans cet État ? », s’interroge l’homme politique.

« Tuer quelques vaches ne changera rien au changement climatique »

Dans une tribune publiée le 2 juin par le Telegraph, l’essayiste et homme politique britannique Jamie Blackett estime quant à lui qu’il est « de plus en plus clair qu’il existe un programme éco-moderniste pour éliminer complètement la viande conventionnelle ».

Rappelant les révoltes des agriculteurs néerlandais l’été dernier contre un plan du gouvernement destiné à réduire considérablement les émissions d’azote du secteur, comprenant une diminution d’au moins 30 % du cheptel, il met en garde : « Il ne s’agit pas uniquement de la mafia Extinction Rebellions. Beaucoup de politiciens à travers le monde participent à ce projet ». De quoi le conforter dans le choix de la Grande-Bretagne d’avoir quitté l’Union européenne « sans quoi nous subirions les mêmes pressions de Bruxelles ».

Elon Musk s’est également joint au concert des critiques : « Cela doit vraiment cesser. Tuer quelques vaches ne changera rien au changement climatique », a-t-il réagi le 3 juin, en réponse à un tweet de l’essayiste Ashley St Clair, qui écrit : « L’offensive pour mettre fin à la vie, animale et humaine, au nom de l’ “activisme climatique » est malfaisante ».

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