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Khatia Buniatishvili, la « musique classique pour tous »

septembre 27, 2020 15:50, Last Updated: avril 3, 2021 19:54
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D’un prélude de Chopin au « Deborah’s Theme » de Morricone: traversant les époques dans son dernier album, la pianiste franco-géorgienne Khatia Buniatishvili aime parler de musiques classiques au pluriel et à la portée de tous.

Celle qui est parfois surnommée « la pop star de la musique classique » assume le côté éclectique de l’album, nommé à juste titre « Labyrinth ».

Les morceaux choisis ont traversé le temps, sont universels

« En mettant ensemble des morceaux de l’époque baroque et d’aujourd’hui, les barrières entre les gens et les époques s’effacent », affirme à l’AFP la pianiste de 33 ans dont l’album, son septième, sort le 9 octobre chez Sony.

« Les morceaux que j’ai choisis sont tous +classiques+, dans le sens où ils ont traversé le temps, sont universels et nous touchent », ajoute la jeune femme polyglotte qui vit à Paris depuis 2011 et a été naturalisée française en 2017.

Parmi les 18 morceaux figurent « Les Consolations » de Liszt, « La Sicilienne de Vivaldi » mais aussi « I’m Going to Make a Cake » de la bande originale du film « The Hours » signée Philip Glass, géant de la musique contemporaine, ou « La Javanaise » de Serge Gainsbourg, inspirée par Juliette Gréco décédée mercredi.

Elle a appris le piano à partir de l’âge de trois ans

« Je ne fais pas de distinction entre les compositeurs que j’aime, entre le Requiem de Mozart ou +Deborah’s Theme+ » (de la bande originale du film « Once Upon in America » de Sergio Leone), ajoute l’artiste qui a appris le piano à partir de l’âge de trois ans dans sa Géorgie natale et donné son premier concert à six ans.

« Bien sûr, la musique demande de longues années de travail. Mais le mélange (des genres), ça remonte à mon enfance à Tbilissi, j’aimais le jazz aussi et ma mère écoutait du folk », se souvient la jeune femme qui a collaboré en 2015 avec le célèbre groupe pop britannique Coldplay.

Elle rend particulièrement hommage à Ennio Morricone, mort en juillet, et qui dans l’album « prend sa place naturellement parmi les autres grands compositeurs ». « Sa musique évoque les rêves d’enfance et d’adolescence, les émotions y sont tellement concentrées ».

Khatia Buniatishvili assume son style

La pianiste, qui a une sœur également pianiste, Gvantsa, n’aime pas non plus faire de distinction au sein de son public: « quand je joue, je joue pour un être humain, mélomane ou pas ».

Si beaucoup louent sa virtuosité, elle a également ses détracteurs qui lui reprochent une personnalité débordante pour une musicienne classique et une interprétation trop libre et émotive des œuvres.

Mais Khatia Buniatishvili assume son style. Dans la musique, « on recherche les personnalités. S’il y a un public diversifié qui vient à mes concerts, c’est qu’il sent que je suis proche de lui ».

« Je ne suis pas sur un piédestal et eux en bas. Au contraire, c’est moi qui fait le premier pas », dit la pianiste, qui aime l’idée d’une « musique classique pour tout le monde ». « Il y a des gens qui ne viennent pas à un concert classique parce qu’ils pensent qu’on va les regarder de haut ou parce qu’ils ne connaissent pas ».

Sa collaboration avec « Démos », des orchestres qui initient les enfants des quartiers défavorisés et des zones rurales à la pratique de la musique classique, l’enthousiasme.

La musique classique soit le quotidien de ces enfants

« En Géorgie, j’ai grandi en banlieue. Ce projet est pour que la musique classique soit le quotidien de ces enfants, qu’ils deviennent pro ou pas ».

Elle balaie les controverses sur son look qui l’ont accompagnée dès ses débuts en raison de ses robes moulantes ou de ses décolletés.

« Un jour je suis glamour, un autre je ne le suis pas. Ce n’est pas pour faire le buzz », dit-elle. Etre surnommée la « Beyoncé du piano » la gêne-t-elle? « Pourquoi cela me gênerait? C’est une forme de féminisme qui me plaît: l’image d’une femme forte qui possède bien la scène ».

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