ÉCONOMIE

La CFDT assigne Carrefour en justice sur sa politique sociale illicite

mars 11, 2024 18:30, Last Updated: mars 11, 2024 22:32
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La branche Services du syndicat CFDT a annoncé lundi à l’AFP assigner devant le tribunal judiciaire d’Évry le géant de la distribution Carrefour, lui reprochant la cession de nombreux magasins à des sociétés tierces, ce qu’elle considère être des « délocalisations locales ».

Dans le viseur du syndicat, le passage de nombreux magasins en location-gérance et en franchise. « Nous estimons que ce mode de gestion, tel que pratiqué par Carrefour, ne répond pas aux règles du droit et qu’elle a des conséquences très fortes pour les travailleurs », a expliqué à l’AFP Sylvain Macé, secrétaire national de la CFDT Services.

Le syndicat demande à la justice d’« interdire au groupe Carrefour et aux sociétés défenderesses de procéder à de nouvelles mises en location-gérance ou en franchise au sein du groupe », et de « garantir cette injonction par une astreinte de 100.000 euros par infraction constatée », selon le texte de l’injonction que l’AFP a pu consulter.

Plus de 300 magasins cédés

Depuis l’arrivée à la tête de Carrefour du PDG Alexandre Bompard en 2017, plus de 300 magasins ont été confiés à des sociétés tierces, franchisés ou locataires-gérants, ce qui représente selon la CFDT 23.000 salariés sortis des effectifs.

Le distributeur qui revendique plus de 5000 magasins en France, s’est longtemps présenté comme le premier employeur privé du pays, mais il ne communique plus depuis plusieurs années, sur le nombre de personnes qu’il y emploie.

Les organisations représentatives du personnel, dont la CFDT, n’ont eu de cesse ces dernières années de critiquer le recours de plus en plus massif à la franchise et à la location-gérance.

Perte de 2000 euros pour le salarié selon la CFDT

Ces termes désignent la cession à des tiers de la gestion des points de vente. Pour Carrefour, le mouvement permet de conserver sa part de marché commerciale tout en se libérant d’un certain nombre de dépenses, à commencer par les salaires. En outre, le franchisé s’approvisionne auprès de la centrale du groupe, plaçant l’entreprise franchiseuse dans un rôle de grossiste.

Mais cela n’est pas sans conséquence pour les salariés. Une fois que leur magasin a « basculé », ils ne sont plus employés par un grand groupe coté au CAC 40, mais par une plus petite structure. Après une période de transition, ils perdent les avantages sociaux négociés au sein de Carrefour, évalués par la CFDT à 2000 euros par an en moyenne.

Le distributeur défend cette politique en assurant qu’elle permet d’éviter les fermetures pour les magasins les moins rentables, qu’elle relance l’activité et qu’elle préserve l’emploi.

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