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La justice internationale veut la libération immédiate des marins ukrainiens

mai 25, 2019 15:00, Last Updated: mai 25, 2019 15:05
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Le Tribunal maritime international a exhorté samedi la Russie à libérer sans délai les 24 marins ukrainiens détenus depuis novembre à la suite d’un incident naval qui a attisé les tensions entre ces deux pays en conflit depuis cinq ans.

« La Fédération de Russie doit procéder immédiatement à la libération des 24 militaires ukrainiens détenus et les autoriser à rentrer en Ukraine », a déclaré le juge sud-coréen Jin-Hyun Paik. « La privation continue de liberté que subissent les militaires ukrainiens est préoccupante d’un point de vue humanitaire », a ajouté le président de ce tribunal qui veille à l’application de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, reconnue par 168 pays dont la Russie.

Dans leur ordonnance, les juges ont également prescrit une autre « mesure conservatoire » enjoignant la Russie à remettre là aussi « immédiatement » à Kiev les navires militaires Berdyansk, Yani Kapu et Nikopol arraisonnés lors de leur passage au large de la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014. Le tribunal basé dans la ville portuaire allemande de Hambourg a ainsi largement abondé dans le sens de Kiev, qui l’avait saisi en avril.

L’ordonnance est « un signal clair à la Russie qu’elle ne peut pas violer le droit international en toute impunité », s’est félicitée la vice-ministre ukrainienne des Affaires étrangères Olena Zerkal sur son compte Facebook, espérant que Moscou allait s’y « conformer rapidement et entièrement ». S’exprimant lui aussi via Facebook, l’ancien président ukrainien Petro Porochenko a estimé que la décision des juges était « à la fois une autre ligne rouge pour le Kremlin, et la confirmation que la stratégie que nous avons choisie était la bonne ».

La mise en oeuvre du jugement s’annonce cependant difficile car la partie russe a boycotté la procédure et récusé toute compétence au tribunal de Hambourg pour statuer sur un conflit, à ses yeux, « militaire », position qu’elle a réitérée samedi après le jugement. La situation aurait pu être évitée « si la loi russe concernant la navigation dans cette région avait été respectée », a réagi le ministère des Affaires étrangères russe dans un communiqué.

L’affaire remonte à novembre 2018 quand la Russie, dénonçant une « agression », a arraisonné les trois navires, affirmant qu’ils étaient entrés illégalement dans les eaux russes, au large de la Crimée. L’Ukraine assure avoir prévenu son voisin de l’itinéraire de ses bâtiments près du détroit de Kertch et accuse la Russie d’avoir violé le droit international. La décision des juges en faveur de Kiev s’ajoute aux efforts des Occidentaux pour faire pression sur le président russe Vladimir Poutine et tenter de relancer le processus de paix dans l’est de l’Ukraine.

Récemment en visite à Moscou, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a appelé le Kremlin à faire un geste pour débloquer la situation, évoquant le sort des marins.  Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont de leur côté téléphoné ensemble mardi à M. Poutine pour l’encourager au dialogue, deux jours après l’investiture à la présidence ukrainienne du comédien et novice en politique Volodymyr Zelensky.

Les bateaux arraisonnés évoluaient près du détroit de Kertch, une zone maritime très sensible entre les deux pays qui relie la mer Noire et la mer d’Azov, à l’est de la Crimée. La Russie s’était emparée de cette péninsule en réaction à l’arrivée au pouvoir à Kiev de pro-Occidentaux, portés par le soulèvement du Maïdan. Dans la foulée, une guerre larvée a éclaté dans l’est de l’ancienne république soviétique entre l’armée ukrainienne et des séparatistes russophones pro-russes soupçonnés d’être soutenus militairement par la Russie.

Le conflit a fait près de 13.000 morts en cinq ans, selon des estimations des Nations Unies. Et les accords de paix de Minsk, parrainés par Paris et Berlin et signés en 2015, n’ont jamais vraiment été mis en oeuvre.

D.C avec AFP

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