INTERNATIONAL

L’axe de l’autoritarisme: la nouvelle Guerre Froide

Premier article de la série en trois parties "La nouvelle guerre froide"
mars 15, 2022 9:59, Last Updated: mars 15, 2022 9:59
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Le régime chinois est déterminé à dominer le monde sur le plan économique, politique et militaire d’ici 2049, ce qui représente une menace plus grande que celle de l’URSS. À l’heure où de par le monde se forment de nouvelles alliances, certains analystes estiment que la nouvelle guerre froide est déjà là, accélérée par l’invasion russe en Ukraine.

Selon un document du département américain de la Défense sur le renforcement militaire chinois, « Pékin cherche à remodeler l’ordre international pour mieux l’aligner sur son système autoritaire et ses intérêts nationaux. Cela constitue une composante essentielle de sa stratégie visant à réaliser le ‘grand rajeunissement de la nation chinoise’ ».

Durant la guerre froide avec l’URSS, il n’a jamais été question d’une domination mondiale dans une majorité de secteurs, globalement les enjeux étaient d’ordre militaire.

Sur le plan économique, il semble que la Chine soit en passe de devancer les États‑Unis. Si la croissance chinoise de 4,8 %, est inférieure à l’objectif de départ (5 %) fixé par le Parti communiste chinois (PCC), elle demeure considérablement supérieure à celle des États‑Unis. Selon des chercheurs japonais, si elle se poursuit à ce rythme, l’économie chinoise pourrait éclipser celle des États‑Unis d’ici 2033.

À l’époque de la guerre froide, le mur de Berlin créait une démarcation géographique entre l’Est et l’Ouest et l’URSS était cantonnée derrière le rideau de fer. La communication et le commerce fonctionnaient différemment dans les zones soviétiques. Mais aujourd’hui l’antagonisme avec la Chine n’a aucune frontière.

La situation est d’autant plus complexe que les États‑Unis sont le premier partenaire commercial de la Chine et la croissance de celle‑ci est en grande partie alimentée par l’afflux de capitaux étrangers. Les investissements directs étrangers en Chine ont augmenté de plus de 14 % en 2021, et les États‑Unis sont un des principaux investisseurs. Grâce à l’exportation de technologies et un programme ciblé de coercition économique et de désinformation sur les médias sociaux, le PCC est en mesure de diffuser ses idées et son influence dans le monde entier.

La politique étrangère du PCC vise à construire une « communauté de destin commun ». Depuis 2019, dans le cadre de sa politique étrangère, le PCC déploie toujours davantage son armée. En 2020, il s’est consacré à former un maximum d’alliances en mettant à profit le Covid‑19. La prévention de la maladie constituait un excellent prétexte pour se rendre indispensable, en termes d’EPI, vaccins, etc. Lorsque cela a échoué, Pékin est revenu à sa stratégie initiale, axée sur le commerce et l’armée. L’expansion économique de la Chine soutient directement ses ambitions militaires et l’Armée populaire de libération (APL) se modernise au même rythme que les fabriques.

Le PCC forme ses alliances

La Chine a 14 frontières terrestres : avec l’Afghanistan, le Bhoutan, l’Inde, le Kazakhstan, la Corée du Nord, le Kirghizstan, le Laos, la Mongolie, la Birmanie (communément appelée Myanmar), le Népal, le Pakistan, la Russie, le Tadjikistan et le Vietnam. En outre, elle partage des frontières maritimes avec le Brunei, l’Indonésie, le Japon, la Corée du Sud, la Malaisie, les Philippines et Taïwan.

Pékin a eu des différends territoriaux avec la plupart de ces voisins. Le développement d’un bloc régional pro‑chinois est peu probable étant donné les actions agressives du PCC en mer de Chine méridionale, des incursions dans les îles Senkaku et des violations territoriales du Bhoutan, ainsi que des accrochages avec l’Inde, durant lesquels les troupes chinoises ont combattu, et ont été tuées, pour la première fois depuis environ 40 ans. Au lieu de rendre la Chine plus sécuritaire, chacune de ces actions a davantage fait fuir ses voisins vers les États‑Unis.

La confiance de l’Occident dans le dirigeant chinois Xi Jinping est faible. Beaucoup s’inquiètent du fait que les organisations internationales – telles que l’Organisation mondiale du commerce, l’Organisation mondiale de la santé et Interpol – passent sous le contrôle de la Chine. Aux Nations unies, la Chine a voté contre l’intervention dans les génocides, notamment celui des musulmans ouïghours. À l’OMS, le PCC a recommandé des moyens de contenir le Covid‑19, tout en vendant au monde les équipements de protection individuelle (EPI) et les vaccins pour mettre en œuvre son plan. Xi Jinping a offert la technologie chinoise pour aider à améliorer les communications d’Interpol. Il a également affirmé que l’Initiative ceinture et route (ICR), qui rapportera au PCC des milliers de milliards d’euros en intérêts et en contrats de construction, constituait un bien public international.

Le représentant permanent de la Fédération de Russie auprès des Nations Unies, Vasily Nebenzya (au centre), salue du poing l’ambassadeur Zhang Jun, représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies, sous le regard de l’ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, Linda Thomas-Greenfield (à gauche), et de la représentante permanente de la Norvège auprès des Nations Unies, Mona Juul (2e à gauche), lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la crise ukrainienne, à New York, N.Y., le 21 février 2022. (Timothy A. Clary/AFP via Getty Images)

Le PCC bénéficie d’un soutien important. Par conséquent, rien n’arrête Xi Jinping toujours plus satisfait de soumettre les pays par la coercition économique au lieu d’attirer des alliés par la puissance douce. À noter que ce n’est pas le cas pour la Russie, qui reste l’allié potentiel le plus puissant du PCC.

Quelques semaines avant l’invasion de l’Ukraine, la Chine et la Russie ont conclu un pacte qui pourrait marquer une première esquisse des deux camps opposés dans une nouvelle guerre froide. Les deux nations ont signé un contrat sur le gaz de 30 ans. Aux Nations unies, la Russie et la Chine se sont également unies pour rejeter les sanctions proposées à l’encontre de la Corée du Nord pour ses essais de missiles.

Le PCC prévoit d’annexer Taïwan par la force, une décision que seuls 7 % des Taïwanais approuvent. Une récente déclaration commune, publiée par Poutine et Xi Jinping, indique que la Russie soutient une éventuelle invasion de la Chine à Taïwan, tandis que le PCC soutient l’invasion russe en Ukraine.

Stephen J. Hadley, ancien conseiller à la sécurité nationale sous le président George W. Bush, qualifie cette déclaration de « manifeste pour leur leadership mondial ». Selon la déclaration, le PCC soutient également la Russie pour « s’opposer à une nouvelle expansion de l’OTAN ». Néanmoins, la déclaration reste vague quant à un soutien militaire mutuel en cas de conflit. Ce qu’elle rend très explicite en revanche, c’est la collaboration des deux nations pour s’opposer aux standards américains et à l’influence des États‑Unis dans le monde. Son but est de permettre au Kremlin et au  PCC d’initier une coalition de pays partageant les mêmes idées, de créer ce que les observateurs occidentaux appellent un « axe de régimes autoritaires ».

La deuxième partie de cette série examinera quelles nations sont attirées dans l’axe de l’autoritarisme. Certaines nations sont aspirées dans le conflit sans le vouloir, simplement parce qu’elles font déjà partie de la sphère d’influence de la Chine ou de la Russie.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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