OPINIONS

Le nouveau portefeuille d’identité numérique européen : sécurité ou tyrannie ?

novembre 20, 2023 12:00, Last Updated: novembre 20, 2023 15:36
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Mercredi dernier, le 8 novembre, Thierry Breton, le commissaire européen chargé du marché intérieur, a fièrement annoncé sur Twitter/X qu’un accord avec les députés européens avait été conclu pour créer un « portefeuille d’identité numérique » européen, qui permettra à tous les citoyens de l’UE de disposer d’une « identité électronique sécurisée pour leur vie entière ».

Selon le site web de la Commission européenne, l’identité numérique européenne peut être utilisée pour toute une série de transactions, notamment l’identification personnelle en ligne et hors ligne, la présentation d’actes de naissance et de certificats médicaux, l’ouverture d’un compte bancaire, remplir une déclaration d’impôts, faire une demande d’inscription à l’université, conserver une ordonnance médicale, louer une voiture ou s’enregistrer dans un hôtel.

Plusieurs personnes, dont l’eurodéputé néerlandais Rob Roos, ont exprimé leur inquiétude, estimant qu’une carte d’identité numérique centralisée pourrait mettre en péril le droit à la vie privée et à la mobilité des Européens. Une lettre signée par plus de 500 « experts en cybersécurité, chercheurs et organisations de la société civile du monde entier » avertit que les réglementations proposées, loin d’améliorer la sécurité numérique des citoyens, la rendront plus difficile.

Pourtant, selon Thierry Breton, l’un des principaux architectes du projet, et commissaire chargé du marché intérieur, « le portefeuille présente le plus haut niveau de sécurité et de confidentialité ». De même, la présidente de l’UE, Ursula von der Leyen, y voit une « technologie qui nous permet de contrôler nous-mêmes quelles données sont utilisées et de quelle manière ». On peut déduire que soit les critiques exagèrent les risques que cela pose en matière de liberté civile et de respect de la vie privée, soit les défenseurs de la technologie les minimisent. Mais les deux ne peuvent pas avoir raison en même temps.

En théorie, le système d’identification numérique européen universel pourrait être programmé de façon à ce que le citoyen garde systématiquement le contrôle et décide de ce qu’il accepte de partager et refuse de partager. Nous n’aurions pas à nous inquiéter outre mesure si les personnes chargées de l’implantation d’une telle carte d’identité numérique étaient des individus soucieux de défendre la vie privée, s’ils n’étaient en aucun cas le type de personnes qui cherchent à tirer profit de la technologie pour « forcer » les gens à se conformer à leurs politiques, notamment dans les domaines de la lutte contre les maladies, de la non-discrimination, la propagande de guerre ou le changement climatique.

Mais dans la pratique, il est extrêmement naïf de croire qu’une telle carte d’identité numérique déployée sur l’ensemble du continent, et contrôlée par une bureaucratie centralisée, ne sera pas, tôt ou tard, exploitée et utilisée pour forcer les gens à se conformer aux attentes des « pouvoirs en place ».

Et il n’y a pas besoin d’une imagination débordante pour voir les différents scénarios dans lesquels une carte d’identité numérique européenne pourrait être utilisée contre l’égalité et la liberté des Européens eux-mêmes. N’oublions pas que ce sont ces mêmes personnes, qui nous proposent cette nouvelle identification, qui ont mis en place le système de bio-surveillance le plus envahissant de l’histoire de l’Europe, à savoir les certificats numériques contre le Covid.

Le certificat numérique du Covid a été utilisé pour obliger les citoyens qui n’avaient pas été vaccinés à se soumettre à des test à chaque fois qu’ils passaient une frontière européenne. Il a même été utilisé pour refuser l’entrée aux citoyens non vaccinés dans des lieux culturels et de loisirs. Ainsi, le certificat numérique du Covid a servi de mécanisme pour contraindre les citoyens à se faire vacciner et a créé une société à deux vitesses, dans laquelle les personnes non vaccinées étaient traitées comme une nouvelle sous-classe sociale et politique.

Imaginons maintenant qu’un certificat numérique européen centralisé soit proposé à tous les citoyens européens pour leur permettre d’accéder à un large éventail de services, par exemple les services bancaires, les voyages en avion, séjours en hôtel, locations de voitures, accès à des lieux de loisirs ou à des services numériques en ligne, etc. Dans un premier temps, le certificat est présenté comme étant facultatif et les citoyens peuvent utiliser d’autres méthodes pour valider leur identité. Mais ensuite, sous prétexte de renforcer la « sécurité » des citoyens, le certificat pourrait bien devenir obligatoire.

L’étape suivante consisterait à élargir progressivement les informations contenues dans le certificat et à l’utiliser pour valider ou non l’accès des citoyens à certains services sur la base de leurs habitudes de consommation, leur statut vaccinal ou encore leur score de « crédit social ». Bien sûr, nous ne pouvons pas être sûrs à 100% que c’est ainsi que les choses se passeront. Mais la récente mise en œuvre de l’apartheid vaccinal que nous avons connu en Europe devrait nous ôter toute illusion quant aux intentions de nos dirigeants politiques.

Des personnalités politiques comme Thierry Breton et Ursula von der Leyen, tout comme les députés européens et les gouvernements des États membres qui ont encouragés les mesures anti-Covid, sont prêts à traiter les citoyens comme du bétail, comme de simples vecteurs de maladies à vacciner et à tester en masse, et font peu de cas de leurs antécédents médicaux et du facteur risque. Ce n’est probablement qu’une question de temps avant que ces personnes, qui affichent un tel mépris pour la liberté individuelle des gens, ne décident de tirer parti d’une technologie comme l’identification numérique universelle, espérant contrôler les choix privés des gens et faire avancer leur propre carrière ou objectifs politiques.

Un certain nombre de citoyens ont dit « non » à ce vaccin expérimental, et un certain nombre de gens s’interrogent encore sur la justification scientifique et politique de devoir imposer des taxes carbone, exproprier des agriculteurs de leurs terres pour préserver le climat, construire des « villes de 15 minutes », promouvoir l’idéologie transgenre dans les hôpitaux et les salles de classe, ou de la nécessité de bannir de l’espace public tout ce qui, selon les pouvoirs en place, relève du « discours de haine ».

Quelle meilleure méthode, pour un pouvoir qui veut inciter le public à respecter ses politiques et ses lois impopulaires et controversées, que de récompenser par une mobilité accrue et un meilleur accès aux équipements et aux services sociaux tous ceux qui s’y soumettent, tout en punissant les autres en restreignant leur accès à ces services? N’est-ce pas exactement ce qu’a fait le certificat numérique du Covid, conçu par cette même Commission ?

Bien entendu, les partisans de l’identité numérique européenne diront haut et fort qu’ils ne cherchent qu’à promouvoir la sécurité de nos transactions et à protéger notre vie privée. Mais comme ce sont ces mêmes personnes qui osent prétendre que la ségrégation médicale et la coercition via les passeports vaccinaux « nous rassurent sur l’esprit d’une Europe ouverte, une Europe sans barrières », leurs assurances concernant la vie privée et les libertés des citoyens n’ont que peu de crédibilité.

Publié à l’origine sur le site Substack de l’auteur, repris du Brownstone Institute

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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