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Luxembourg, un héritage historique et une cité futuriste

mai 5, 2021 20:14, Last Updated: mai 10, 2021 6:40
By Christiane Goor et Charles Mahaux

Le Luxembourg est bien plus qu’une place financière internationalement reconnue. Sa capitale est aussi le siège de nombreuses institutions européennes et de plusieurs sociétés mondiales attirées par son expertise technologique de pointe. Rien d’étonnant dès lors que les nationalités s’y bousculent, drainant une population de résidents, de salariés et de visiteurs surpris et enchantés par la qualité de vie que leur offre cette capitale à dimension humaine : patrimoine historique salué depuis 1994 déjà par l’Unesco, vie culturelle exubérante, rare mixité entre espaces naturels et urbanisme et le meilleur de la gastronomie. Tout l’art de bien vivre ensemble.

La Gibraltar du Nord

Guillaume II à cheval, une des statues les plus emblématiques de la capitale luxembourgeoise, place à laquelle le Grand-Duc donne son nom et qui accueille le marché hebdomadaire. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

L’histoire commence au 10ème siècle sur un éperon rocheux, le Bock, dont les falaises abruptes sont encore couronnées de murailles en surplomb sur la vallée de l’Alzette. Il ne reste du premier château que des ruines mais le large panorama qui se découvre depuis ce site explique aisément que cette forteresse maintes fois relevée, agrandie, renforcée ait pu être considérée comme un verrou de l’Europe dont chacun a voulu posséder la clef. Empereurs du St-Empire, maison de Bourgogne, Habsbourg, rois d’Espagne et de France, Prussiens, ils s’en sont emparés à tour de rôle consacrant toute leur énergie à verrouiller davantage le site surnommé au 18ème siècle la Gibraltar du Nord. La Corniche, à savoir une allée piétonne construite au 17ème siècle par les Espagnols et les Français sur les remparts de la ville fortifiée, au-dessus du lit de l’Alzette, est surnommée le « plus beau balcon de l’Europe » pour la vue panoramique qu’elle offre sur les façades et toits des maisons de la ville.

Depuis la Corniche vue sur l’abbaye de Neumünster dans le Grund, en Ville Basse creusée par la rivière Alzette bordée de jardins potagers qui grimpent vers les murs des casemates. Au-delà du Grund se profilent les bâtiments blancs de la Cité Judiciaire de la Ville Haute. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Il suffit de se perdre alors dans les venelles de la ville basse, le Grund, l’ancien quartier des artisans où ont survécu les maisonnettes au toit d’ardoise. En levant le nez vers le Bock, on comprend mieux ce que furent ces fortifications qui s’étendaient sur 180 hectares alors que la ville n’en comportait que 120. La première enceinte, la seconde ceinture, les fortins taillés à même le rocher, le labyrinthe défensif de 23 kilomètres de casemates creusés dans le grès, tout cela reste visible offrant un véritable résumé d’architecture militaire s’étendant sur plusieurs siècles, même si le complexe fut quelque peu démantelé avec la naissance de l’état grand-ducal soucieux d’étendre la ville en la sortant de ses remparts.

Découverte depuis la Ville Haute du pont Adolphe qui enjambe la vallée verdoyante de la Pétrusse pour rejoindre le quartier de la gare ferroviaire. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

En effet, pour loger ses 100.000 habitants, la capitale a dû s’évader de ses anciennes limites marquées par les vallées confluentes de l’Alzette et de la Pétrusse. Elle a choisi de lancer des ponts pour relier ses différents quartiers et pour s’ouvrir vers l’extérieur. Le plus fameux est sans conteste le pont Adolphe terminé en 1903, un ouvrage d’art audacieux pour l’époque. Il enjambe la vallée de la Pétrusse à 40 mètres de haut en dessinant une arche de 85 mètres de portée. Cette jonction du centre de la ville vers le quartier de la nouvelle gare y a entraîné l’éclosion d’une vie nocturne festive et gourmande.

Monumentale sculpture représentant en arc de cercle une suite d’oiseaux qui prennent leur envol, sur le Plateau du Saint-Esprit, face à la superbe vue sur la Ville Basse. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

50 ans plus tard, le choix de Luxembourg comme siège de la CECA, l’ancêtre de l’Union Européenne, allait donner naissance à l’éclosion d’un pôle urbain situé sur le plateau de Kirchberg. L’occasion de construire un autre pont emblématique, le pont rouge Grande-Duchesse Charlotte qui s’élance par-dessus la vallée de l’Alzette à une hauteur de 74 mètres pour 355 mètres de longueur. Enfin depuis 2018 un tram circule dans le quartier d’affaires du Kirchberg et assure la liaison avec le funiculaire « Pfaffenthal-Kirchberg » proche de l’ascenseur panoramique qui relie la ville basse à la ville haute. De quoi offrir – gratuitement de surplus – aux piétons et aux cyclistes une vue imprenable pendant le trajet dans la cabine en verre.

Découverte à hauteur de la statue de la Golden Lady, de la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg consacrée en 1621 et où la crypte contient entre autres les tombes des membres de la famille grand-ducale. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Pour le visiteur d’un jour qui s’égare entre ces différentes facettes de la capitale, qu’il soit sur la place de l’Europe à Kirchberg ou sur le chemin de la Corniche dans la vieille ville, sur le parapet d’un des fameux ponts ou à la crête de la citadelle Vauban, partout Luxembourg lui apparaîtra comme une place forte qui continue à s’imposer entre les vestiges prestigieux de ses fortifications et la silhouette audacieusement moderniste du plateau européen.

Cosmopolite, conviviale et écologique

Une plaine de jeux originale avec son bateau des pirates dans le parc de la villa Louvigny. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Dans le top 10 des villes européennes les plus vertes malgré un afflux quotidien de près de 160000 frontaliers qui viennent y travailler, Luxembourg peut se targuer d’offrir de véritables alternatives de déplacement à ceux qui veulent abandonner la voiture mais aussi des espaces verts sans contraindre les habitants à sortir de la ville. Les vallées de l’Alzette et de la Pétrusse dessinent de paisibles aires de détente aménagées dans un esprit romantique entre d’étranges formations rocheuses, les ruines des anciennes fortifications et des bosquets compacts.

Gageons que l’été 2021 verra naître la 3ème édition du « Theaterplage » au centre de la ville, avec bacs à sable, transats et parasols pour le bonheur des petits et des grands. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Les pelouses attrayantes glissent le long du cours de la rivière comme des coulées de verdure. Les rives de l’Alzette abritent des vergers et des carrés potagers dont les récoltes alimentent les cantines scolaires de la ville. Sur le plateau de Kirchberg, un ruban vert de boulevards plantés d’allées, de parcs et de jardins semi-publics ainsi qu’un arboretum qui rassemble des essences en provenance des Etats membres de l’Union européenne contribuent à créer des espaces de vie qui invitent à la flânerie.

Certains soirs la place d’Armes se met à vibrer sous les doigts agiles d’un pianiste, pour le plus grand plaisir de ceux qui prennent un verre sur les terrasses. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Quand soleil et pause de midi se donnent rendez-vous ou encore quand on se laisse tenter par les heures douces de la fin d’après-midi, la place d’Armes au cœur de la vieille ville devient une vaste terrasse, « le plus beau salon de la ville » dit-on. On y boit un verre tout en écoutant les envolées musicales d’un piano sur roues qui s’installe face au Cercle Municipal ou encore l’une ou l’autre fanfare qui se produit sous le kiosque à musique. D’étranges saltimbanques profitent de l’affluence pour proposer un singulier spectacle d’équilibristes. Autant de prestations qui font de cette place un lieu de rencontres et d’échanges.

La Cité Judiciaire de style baroque mosellan s’est implantée sur le plateau du Saint-Esprit qui attire de nombreux visiteurs pour la vue qui s’y dégage sur la Ville Basse. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

L’occasion de réaliser combien Luxembourg est une ville polyglotte : allemand, français, anglais et même portugais sans oublier le luxembourgeois, autant de langues qui se croisent sans heurt sur les marchés et dans les boutiques donnant à cette ville une dimension humaine et conviviale inattendue. Si elle est une des plus petites capitales de l’Union Européenne, Luxembourg est certainement la plus européenne d’entre toutes à ce titre. Voire plus puisque 170 nationalités différentes y auraient élu domicile… Une diversité qui se décline également dans la gastronomie. La cuisine locale côtoie la gastronomie internationale et la diversité des restaurants invite à des découvertes culinaires à la hauteur d’une métropole.

La circulation a été interdite dans la Grand-Rue dès 1979, plus de 40 ans déjà, permettant à l’offre shopping de se développer et d’y attirer de nombreux promeneurs. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

C’est sur les hauteurs du plateau de Kirchberg que se développe un nouveau quartier d’une modernité futuriste. L’ascenseur depuis la Place Saint-Esprit permet de se propulser jusqu’à la porte de la Ville Haute, en pleine Cité Judiciaire car c’est ici que sont regroupés tous les tribunaux. Chacun d’eux a son propre bâtiment dont l’architecture confiée à des Luxembourgeois, les frères Krier, rappelle l’architecture traditionnelle luxembourgeoise, des lignes sobres avec des entours de porte et fenêtres en pierre, des crépis à la chaux, des ardoises, des châssis de portes et fenêtres en bois. Un bel ensemble blanc sur lesquels sont accrochés d’énormes vases de couleurs vives qui accrochent le regard et la lumière.

Les Vases géants de couleurs vives installés le long des murs de la Cité Judiciaire. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Le caractère cosmopolite de la ville dont près de 70% des habitants détiennent un passeport étranger lui offre un autre atout : véritable creuset multiculturel, la capitale peut se prévaloir d’une riche vie culturelle animée par des artistes issus de sphères internationales prestigieuses, à vivre également sur les hauteurs de la ville. Le Mudam, œuvre de l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei, est aujourd’hui un musée de référence dans le domaine de l’art contemporain reconnu par les plus prestigieux dans le monde. Ses murs de pierre et de verre et ses toits en verrière s’ouvrent sur la beauté du parc environnant.

Le Philharmonie où à toute heure du jour la lumière joue sur son architecture intérieure, vaste harpe tout en finesse. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Le Philharmonie imaginé par Christian de Portzamparc, abrite une splendide salle de concert cernée d’un immense péristyle composé de 827 lignes verticales qui filtrent la lumière et offrent à l’auditeur une passerelle entre le monde extérieur et l’auditorium où se donnent 380 concerts par an, un véritable challenge pour cette petite capitale. Une invitation à une escapade d’un week-end prolongé qui sera certainement trop court…

Nombreuses sont les différentes verrières qui diffusent la lumière dans les espaces muséaux du Mudam. Elle atteint par endroit 33 mètres de haut ! (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Infos : A consulter le site de tourisme national : www.visitluxembourg.com Le Luxembourg City Tourist Info (LCTO) de bon conseil se situe place Guillaume II. Il propose différentes formules de visites guidées ou thématiques : à pied, à vélo, en courant (Jog’n See), en bus (Hop on Hop off) et en train touristique.

S’y déplacer : La Luxembourg Card (20 euros par personne pour deux jours) permet de profiter d’un accès gratuit à plus de 60 musées et sites touristiques. Elle couvre tout le territoire luxembourgeois. Par ailleurs tous les transports en commun (trains, trams et bus) sont gratuits depuis le 1er mars 2020.

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