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Rester en poste après la retraite grâce au « pacte de la vie au travail »

février 2, 2024 11:31, Last Updated: février 3, 2024 4:04
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Travailler plus longtemps, mais mieux : la négociation pour un nouveau « pacte de la vie au travail », avec l’épineuse question de l’emploi des seniors, entre dans le dur vendredi avec l’objectif pour les partenaires sociaux d’aboutir à un accord d’ici fin mars.

Ces discussions doivent notamment permettre aux salariés de rester plus longtemps en poste, alors que l’âge légal de départ à la retraite a été porté de 62 à 64 ans. Elles comprendront la question de l’indemnisation des seniors au chômage, laissée en suspens par les partenaires sociaux dans leur accord sur l’assurance chômage signé à l’automne.

Le gouvernement conditionne l’agrément de cet accord à l’aboutissement de la négociation en cours. Celle-ci est « super importante parce qu’elle est le reflet de ce qui a été exprimé pendant le mouvement social sur les retraites », plaide la CFDT, neuf mois après la promulgation de la réforme controversée.

Un projet d’accord pour début mars

« Il y avait une incompréhension qui s’exprimait dans le monde du travail : pourquoi on décale l’âge des retraites sans rien traiter dans ce qui fait les carrières professionnelles ? », explique Yvan Ricordeau au nom du premier syndicat. « Là, il faut répondre », dit-il.

Patronat et syndicats ont entamé leurs discussions au siège du Medef fin décembre avec une phase d’auditions d’experts. Cette fois, il s’agit de s’attaquer « brique par brique » aux sujets en discussion avec cinq séances en plénière : l’enjeu phare de l’emploi des seniors, mais aussi l’usure, les parcours et les reconversions professionnels et la création d’un compte épargne temps universel (Cetu). Un projet d’accord ne devrait ensuite commencer à être discuté que début mars.

Un objectif de faire travailler 65% des 60-64 ans

Le gouvernement a fixé l’objectif de passer à un taux d’emploi pour les 60-64 ans de 65% « à l’horizon 2030 » (contre 36,2% en 2022, soit -12,3 points par rapport à la moyenne européenne).

Dans les rangs syndicaux, on plaide pour « agir sur tout le parcours » car rester en poste jusqu’à la retraite pose de façon plus globale la question des conditions de travail et de la soutenabilité du travail.

« Derrière la pointe de l’iceberg, il y a un monstre », résume le négociateur de la CFE-CGC Jean-François Foucard. « À travers cette négociation-là, on veut gagner des droits pour tout le monde tout au long de sa carrière », pointe Nathalie Bazire, négociatrice pour la CGT, qui demande « des dispositifs contraignants pour les entreprises ».

« On doit entrer dans cette négociation par les parcours professionnels », car « la question de la fin de carrière ne se règle pas en fin de carrière » abonde côté patronal le négociateur de la Confédération des PME, Eric Chevée.

Mais « faire du mieux sur les dispositifs d’accompagnement des salariés, d’amélioration des conditions d’emploi à euros constants, personne ne sait faire dans ce pays, donc il va y avoir des discussions qui vont sans doute être très serrées », anticipe M. Ricordeau.

« On peut faire un truc yakafokon », un document qui « cale une armoire » et « on se retrouvera dans 3-4 ans avec des entreprises qui disent : ‘‘j’ai encore plus de tensions sur les emplois, je n’arrive pas à trouver les compétences’’… », prévient Jean-François Foucard (CFE-CGC).

L’assurance-chômage réformée

Enfin, alors que le Premier ministre Gabriel Attal veut « aller plus loin dans la réforme de l’assurance-chômage » et a prévenu qu’elle serait renégociée en cas de dérive financière, la numéro un de la CFDT Marylise Léon a demandé à l’exécutif de « clarifie(r) ses intentions sur cet acte II de la réforme du marché du travail ».

« Pour le moment, nous avons obtenu une garantie : en cas d’accord entre partenaires sociaux à l’issue de la négociation sur l’emploi des seniors, M. Attal ainsi que la ministre du travail, Catherine Vautrin, se sont engagés à le respecter et à le transposer fidèlement dans un projet de loi », a exposé Mme Léon dans Le Monde.

Mais si le texte devait accueillir d’autres mesures, la CFDT veut le savoir « le plus vite possible pour peser les équilibres et ne pas se retrouver avec un véhicule législatif qui, in fine, pencherait plus en faveur des attentes patronales ». « Quant aux éventuelles simplifications dans le monde du travail, elles doivent faire l’objet d’une concertation avec Mme Vautrin et ses services – pas avec Bercy », a prévenu Mme Léon.

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