INTERNATIONAL

Travail forcé: Mitsubishi Heavy Industries condamné en Corée du Sud

novembre 29, 2018 6:29, Last Updated: novembre 29, 2018 6:34
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La Cour suprême sud-coréenne a ordonné jeudi au géant japonais Mitsubishi Heavy Industries de verser des dédommagements à des Sud-Coréens victimes de travail forcé pendant la colonisation, une décision condamnée par Tokyo. Alliés des Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon sont tous les deux confrontés à la menace nord-coréenne et à une Chine qui affirme de plus en plus son influence régionale.

Mais les deux voisins entretiennent aussi depuis des décennies de lourds contentieux historiques et territoriaux hérités de la période (1910-1945) où la péninsule a vécu sous le joug colonial japonais. D’après les données sud-coréennes, environ 780.000 Coréens ont été victimes de travail forcé durant l’occupation japonaise, des chiffres qui ne comprennent pas les femmes enrôlées de force dans les bordels de l’armée.

Six survivants sud-coréens ont porté plainte en 2000 contre le conglomérat industriel The Mitsubishi Heavy Industries pour demander des dédommagements. La Cour suprême a confirmé jeudi des décisions de juridictions inférieures ayant condamné le groupe japonais à verser à chaque plaignant environ 80 millions de wons (62.600 euros) de salaires impayés et de dédommagements.

La plus haute juridiction du pays a également ordonné à Mitsubishi de verser de 100 à 150 millions de wons à cinq membres d’un second groupe de plaignants victimes de travaux forcés dans ses usines. Nombre de plaignants avaient affirmé avoir été incités par leurs enseignants japonais à aller « étudier » au Japon, pour se retrouver finalement, une fois dans l’archipel, envoyés dans des usines Mitsubishi pour fabriquer des avions pour un salaire de misère, voire aucune rémunération.

Les deux groupes ont décidé de saisir la justice sud-coréenne après avoir été déboutés au Japon. Tokyo conteste la légalité de ces poursuites, estimant que ces contentieux ont été réglés par le traité de 1965 qui avait permis la reprise des relations diplomatiques bilatérales et qui incluait des réparations. Mais la justice sud-coréenne a plusieurs fois estimé que ce traité controversé ne portait pas sur les questions relatives au travail forcé au sein des usines japonaises.

Fin octobre, la Cour suprême sud-coréenne avait ordonné au groupe Nippon Steel de dédommager quatre Sud-Coréens soumis au travail forcé pendant la Seconde Guerre mondiale, confirmant ainsi un jugement de première instance attribuant à chaque victime 100 millions de wons de dédommagements.

Le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono a fustigé les arrêts relatifs à Mitsubishi, les jugeant « extrêmement regrettables et totalement inacceptables » et demandant à Séoul de prendre « des mesures immédiates pour remédier à de telles violations des lois internationales ».« Ces décisions sapent complètement la fondation légale de la relation amicale de coopération que le Japon et la Corée ont développée depuis la normalisation de leurs relations diplomatiques en 1965 », a-t-il dit dans un communiqué.

D.C avec AFP

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