SCIENCES

Un futur centre de la «matière extra-terrestre» au Muséum d’histoire naturelle

juin 16, 2023 11:54, Last Updated: juin 16, 2023 13:47
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Le Muséum national d’histoire naturelle veut ouvrir à Paris un centre européen dédié à la matière extra-terrestre, regroupant les milliers de météorites de ses collections ainsi que des échantillons prélevés sur la Lune et les astéroïdes, a annoncé jeudi son président.

Ce « centre de curation et de recherche », qui serait une première en Europe, pourrait voir le jour d’ici six ans dans la galerie de minéralogie du Jardin des plantes, a précise le président du MNHM Bruno David, qui termine son mandat à la tête de l’établissement public.

Le projet, d’un coût d’environ 50 millions d’euros, a été décidé en partenariat avec le CNES (Centre national d’études spatiales) et le CNRS, et reçu le soutien de la Nasa et de l’agence spatiale japonaise. « Il semble très bien parti », a affirmé M. David lors d’une conférence de presse. « Plusieurs milliers d’objets extra-terrestres entreront dans ce centre », qui serait adossé à une galerie ouverte au public. Leur analyse permettra d’étudier « l’histoire de la formation du système solaire et les origines de la vie au sens large, par exemple quand on trouve des acides aminés sur certains corps », selon lui.

4000 fragments de météorites

Le futur centre regroupera les plus de 4000 fragments de météorites de la collection du MNHM. Parmi eux, le plus gros morceau de la météorite tombée en février en Normandie, que deux Américains ont ramené aux États-Unis pour le vendre, découpé en rondelles. L’objet a finalement été « sauvé » par un donateur qui l’a légué au Muséum français.

(PATRICK KOVARIK/AFP via Getty Images)

À ces météorites – « polluées » après avoir traversé l’atmosphère – se joindront des échantillons « purs » prélevés directement sur les corps célestes: des fragments d’astéroïdes de la sonde japonaise Hayabusa, ou des échantillons de la sonde chinoise sur la face cachée de la Lune. D’ici six ans, l’établissement espère récupérer des échantillons de la mission japonaise vers la lune martienne Phobos.

M. David a par ailleurs annoncé « mettre en pause » un projet controversé de délocalisation à Dijon d’une partie des collections du Muséum. Il s’agit des spécimens (animaux, plantes…) conservés dans l’alcool dans les sous-sols du Jardin des plantes, qui ne répondent plus aux normes de protection de l’environnement. Le choix du site Dijon, jugé trop éloigné, a soulevé des vagues en interne, où des chercheurs ont lancé une pétition qui a recueilli plus de 21.000 signatures.

« C’est un point de blocage que je regrette » au vu de la « nécessité absolue » de déménager « pour des raisons de sécurité », a dit M. David, qui transmettra le dossier à son successeur, en septembre.

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