L’ADN de l’homme de Denisova élargit l’évolution de l’espèce humaine

Des anthropologues russes ont découvert des restes d’hominidés de l’Altaï dans la grotte de Denisova, en Sibérie. Une étude a été publiée dans Nature en 2011 démontrant que le code génétique de ces anciens humains était très différent de celui de l’humain moderne, annonçait un scientifique dans le rapport.

L’importance de cette découverte repose dans le changement qu’elle génère dans la compréhension du développement des espèces humaines. Ces restes indiquent l’existence d’espèces précédemment inconnues ayant vécu entre 40 000 et 50 000 ans.

L’Institut d’archéologie et d’ethnographie de la branche sibérienne a tenu une conférence scientifique sur la grotte de Denisova, intitulée « Les particularités de la transition vers le Paléolithique supérieur en Eurasie : les dynamiques culturels et le développement du genre Homo ».

À la conférence, les anthropologues et les chercheurs ont conclu qu’il a existé une population précédemment inconnue appelée « Denisova », du nom de la grotte où les restes ont été découverts. Mais les scientifiques n’ont pas tranché comment « Denisova » est apparu et a disparu. Tout ce que nous savons est qu’il a vécu dans cette grotte il y a 230 000 ans.

Les races humaines parallèles, selon l’ADN

Les scientifiques ont découvert que l’ADN mitochondrial « dénisovien » différait en moyenne de 202 positions de nucléotides avec Néandertal, et de 385 positions de nucléotides en moyenne avec l’homme moderne . La population d’hominidés dans la grotte de Denisova est intermédiaire aux périodes de l’Homo abilis et de l’Homo erectus et celles des Cro-Magnon et des Néandertaliens.

Beaucoup de travail a été effectué dans l’analyse comparative du génome, comprenant les restes de 54 génomes d’hommes modernes autour du monde, l’ADN d’Homo sapiens et de six Néandertaliens.  En résultat de l’étude, les scientifiques ont découvert que le Denisova pouvait seulement s’être séparé de la branche commune de l’humanité il y a un million d’années.

Les gènes de Denisova n’ont pas montré une continuité avec les habitants de l’Eurasie actuelle, indiquant que les Denisova n’étaient pas en contact avec les ancêtres de la population actuelle. Seule la population des anciens habitants de Mélanésie, à l’est de l’Asie, contient 4 à 6 % du génome « dénisovien ».

Cette étude a également découvert que la culture des habitants de la grotte de Denisova était bien plus avancée que la culture des Néandertaliens ayant vécu dans des grottes aux alentours. Les outils trouvés nécessitaient un processus de production plus complexe. Par exemple, il a été trouvé une aiguille de cinq centimètres de long avait un petit trou.

Réécrire les manuels sur l’évolution

En résultat de cette découverte, les scientifiques russes veulent établir dans les manuels scolaires, à l’aide des anthropologues, que le développement humain diffère du concept d’évolution accepté jusqu’à maintenant.

« Chacun de nous et de vous, êtes les descendants de quatre branches de la race humaine. L’une de ces branches est l’homme appelé ‘Altaï’ ou ‘Denisova’ (du nom de la grotte où les os ont été découverts) ayant vécu il y a  50 000 ans », a déclaré le directeur de l’Institut d’archéologie et d’ethnographie Anatoli  Derevianko.

Avant les résultats de ces études, « il était considéré que chaque forme humaine avait évolué, changé petit à petit, jusqu’à devenir l’homme moderne », explique Anatoli Derevianko.

« Il y a maintenant une autre hypothèse : plusieurs espèces ont vécu ensemble et en parallèle », a-t-il ajouté.

Lors de la conférence ont été présentées les dernières découvertes des anthropologues et des résultats de recherches, comprenant des os et un squelette. Les scientifiques espèrent pouvoir dessiner le portrait d’un ancêtre de l’homme moderne.

Lien vers la publication originale des scientifiques russes (en anglais)

Version espagnole : ADN del hombre denisovo afirma que no hay evolución de la especie humana

 
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