BIEN-êTRE

Comment éviter l’angoisse spirituelle dans nos derniers jours

Se préparer à une bonne fin (1ère partie)
août 10, 2023 10:12, Last Updated: août 11, 2023 11:25
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Pour lire l’ensemble de la série « Préparer une bonne fin », cliquez ici.

Dans cette série, nous examinerons les moyens de donner un sens à la mort, en proposant des outils fondés sur la sagesse traditionnelle et des preuves scientifiques pour aider nos lecteurs à bien vivre jusqu’à la fin.

Selon les experts en soins palliatifs, la préparation à la mort peut être une expérience profondément curative.

La mort pose un problème : elle est source de désespoir et de souffrance. Dans notre culture moderne dépourvue de traditions, la mort a été déshumanisée. Nous avons perdu l’art de bien mourir, un savoir transmis de famille en famille, de génération en génération.

Aujourd’hui, 80 % des Américains meurent dans des établissements médicaux, tels que des hôpitaux ou des maisons de retraite, alors que la plupart d’entre eux espéraient passer leurs derniers jours chez eux. Lorsque nos proches meurent, nous laissons leur corps entre les mains de professionnels – infirmières, pompes funèbres et coroners – contrairement à nos ancêtres, qui considéraient l’accompagnement des mourants comme un honneur sacré.

La médecine moderne a allongé notre espérance de vie, mais certains experts affirment que ses effets secondaires sont spirituellement mortels. Nous craignons la mort, nous l’ignorons, nous choisissons des traitements excessifs pour des maladies incurables et nous nous retrouvons surpris et mal préparés lorsque la mort vient frapper à notre porte.

Il n’est donc pas étonnant que de plus en plus de personnes souhaitent retrouver un sens à la fin de leur vie.

«Nous nous trouvons à une époque de surtraitement fréquent et normalisé des personnes très âgées et très malades. Ces traitements excessifs contribuent à la fragilité et à la débilité, ce qui conduit à l’institutionnalisation de ces malheureux qui attendent la mort », a écrit Rebecca Gagne-Henderson, experte en soins palliatifs, dans son blog sans détours, The Palliative Provocateur.

Le Dr Gagne-Henderson et de nombreux autres experts en soins palliatifs affirment que se préparer à sa mort inévitable – plutôt que de simplement l’attendre – aide à clarifier ce qui donne un sens à sa vie aujourd’hui et à sa mort plus tard. Elle permet d’affronter les peurs et les regrets, de découvrir les espoirs ignorés et les rêves oubliés. Elle ouvre même l’espoir d’une réconciliation avec les êtres chers avant la mort.

Se préparer à la mort, même quand on est jeune, permet de bien vivre et de bien mourir.

Qu’est-ce qu’une bonne mort ?

Une bonne mort – un oxymore courant parmi les équipes de soins palliatifs – consiste davantage à bien vivre ses derniers jours qu’à simplement s’occuper de la douleur physique.

« L’aspect spirituel de la mort est beaucoup plus important que l’aspect physique », a affirmé le Dr Gagne-Henderson à Epoch Times.

Après avoir servi des patients mourants pendant 27 ans, elle a une bonne connaissance de la mort.

Le Dr Gagne-Henderson est une voix provocatrice parmi les experts en soins palliatifs et elle est directrice exécutive du Connecticut Hospice and Palliative Care Organization.

« Donner un sens à la vie en s’attaquant à la détresse spirituelle apportera plus de paix que la morphine. On peut vivre avec la douleur si on a un sens », a-t-elle déclaré, affirmant que la détresse spirituelle non résolue en fin de vie est bien plus douloureuse que l’angoisse physique.

Le terme « spirituel » ne doit pas nécessairement être lié à une religion ou à une foi. La détresse spirituelle englobe des troubles tels que la rupture de relations, la peur de la mort, le fait de laisser derrière soi un être cher ou une œuvre de vie inachevée.

Victor Frankl a avancé un argument similaire dans son livre « Découvrir un sens à sa vie ». Dans les camps de prisonniers nazis, le Dr Frankl a développé de profondes théories en observant quels prisonniers étaient déterminés à survivre et lesquels perdaient leur volonté de vivre.

Il a écrit : « Un homme qui prend conscience de la responsabilité qu’il a envers un être humain qui l’attend avec affection, ou envers une œuvre inachevée, ne pourra jamais jeter sa vie en l’air. Il connaît le ‘pourquoi’ de son existence et pourra supporter presque tous les ‘comment' ».

En ce qui concerne les patients en fin de vie, le Dr Gagne-Henderson parle d’un sentiment de cohérence, un concept inventé par le sociologue israélo-américain Aaron Antonovsky. Selon la théorie d’Antonovsky, le sentiment de cohérence est un état de paix intérieure lorsque l’on sent que sa vie est « compréhensible, gérable et significative ». Comme l’explique le Dr Gagne-Henderson dans sa thèse de doctorat, en l’absence de ces trois composantes, un patient en fin de vie voit son « sentiment de cohérence se dégrader », ce qui fait que la souffrance n’est plus qu’insensée, accablante et désespérée.

« À mon avis, cette perte de cohérence est à l’origine de la souffrance existentielle, de l’agitation en phase terminale, du délire et des ‘mauvaises morts’. Si nous pouvions tous faire face à nos problèmes existentiels et accepter notre mortalité physique – ce que j’appelle un doux abandon – c’est ainsi que nous pourrions tous bien mourir. Et si vous ne faites pas ces choses, je peux presque vous garantir que vous ne mourrez pas bien », a-t-elle expliqué.

Trouver un sens : un parcours individuel

Le Dr Dan Morhaim, médecin urgentiste et interniste ayant plus de 40 ans d’expérience clinique, a affirmé qu’il pensait que les gens pouvaient donner un sens à leur vie et construire une cohérence dans leurs derniers jours.

Dans son livre « Preparing for a Better End »(Préparation pour une fin meilleure), il écrit : « Nous sommes différents de toutes les générations qui nous ont précédés sur un point important : nous pouvons influencer le déroulement de ce destin. Cela nous donne une nouvelle responsabilité et aussi un nouveau pouvoir ».

Selon le Dr Morhaim, nous pouvons trouver un équilibre entre la recherche d’un traitement médical avancé et la préparation de notre mort en l’acceptant. En « tirant le meilleur des deux mondes », comme il le dit, nous influençons puissamment le cours de notre destin, alors que les générations précédentes ne pouvaient le faire.

De nombreux experts de la fin de vie et philosophes s’accordent à dire que nous avons une capacité unique, voire sacrée, d’influer sur la manière dont nous mourrons. Il est possible de trouver et de donner un sens à la mort.

Se préparer à une bonne mort

Mais comment, me direz-vous ? Quel est le sens de la fin de vie et comment le trouver ?

Les experts en soins palliatifs s’accordent à dire que le sens est propre à chaque patient mourant et qu’il est souvent découvert en se préparant à la mort, que l’on soit en bonne santé ou à l’aube de ses derniers jours.

Selon M. Frankl, c’est dans les tâches pratiques de la souffrance que nous trouvons un sens à notre vie, et non dans des « déclarations à l’emporte-pièce » sur le sens de la vie.

« Notre réponse ne doit pas consister en des discours et des méditations, mais en une action et une conduite justes. La vie n’est pas quelque chose de vague, mais quelque chose de très réel et concret, tout comme les tâches de la vie sont elles aussi très réelles et concrètes. Elles forment le destin de l’homme, qui est différent et unique pour chaque individu », a-t-il écrit.

Suivant : Parler de la mort pour éviter les souffrances inutiles.

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