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Crise aux Antilles : Sébastien Lecornu dit afficher fermeté et volonté de dialogue

novembre 29, 2021 11:59, Last Updated: novembre 29, 2021 14:17
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Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu est arrivé dimanche 28 novembre en Guadeloupe, secouée par une grave crise sociale comme la Martinique voisine, montrant « fermeté » et « volonté de dialogue » avec l’intersyndicale qu’il rencontrera lundi 29 novembre.

Le ministre a atterri à Pointe-à-Pitre en milieu d’après-midi et se rendra ensuite en Martinique, également secouée par des blocages, violences et pillages depuis une semaine.

La nuit de samedi à dimanche a cependant été plus calme dans les deux îles distantes de 120 km.

Né du refus de l’obligation de vaccination pour soignants et pompiers, le mouvement s’est étendu à des revendications politiques et sociales, notamment contre la vie chère, dans ces îles françaises des Caraïbes au fort taux de chômage, en particulier chez les jeunes.

Réunion en Préfecture avec les organisations syndicales

M. Lecornu a indiqué aux médias à Baie-Mahault, sans répondre aux questions, qu’il rencontrerait lundi matin à la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, « une dizaine de personnes » issues de l’intersyndicale, « pour échanger sur les revendications sanitaires ».

Il a répété que l’obligation vaccinale, repoussée au 31 décembre, ne serait pas levée : « Les lois de la République ont vocation à s’appliquer » dans les Antilles françaises.

« Je ne suis pas venu ici pour incarner un État faible, mais aussi évidemment un État qui dialogue » a ajouté Sébstien Lecornu, précisant que « la main (était) tendue, néanmoins ça reste une main de fermeté ».

Selon Max Evariste, du syndicat FO, l’intersyndicale « ne peut pas imaginer qu’il y aura des décisions de prises (lors de la visite), puisqu’il ne vient qu’une journée ».

Des revendications inchangées

L’intersyndicale souhaite que « l’ensemble » des organisations participent à la réunion et réclame des « vraies négociations », la « réintégration des personnes suspendues » avec tous leurs droits, mais également la « libération de tous ceux qui ont été condamnés » après les violences.

Cette dernière demande a « plus que choqué » le ministre des Outre-mer, qui a répété que les personnels rétifs à la vaccination seraient accompagnés pour « créer les conditions de leur mobilité professionnelles ». Ces négociations doivent débuter lundi.

Rencontre des élus locaux, acteurs économiques et la question de l’autonomie

Sébastien Lecornu doit aussi s’entretenir lundi en Guadeloupe avec « des élus locaux et des acteurs économiques », a indiqué le ministère, comme le lendemain en Martinique où il rencontrera également l’intersyndicale.

Le ministre, qui a déclenché l’ire des oppositions en métropole en indiquant vendredi  26 novembre que le gouvernement était « prêt » à évoquer la question de davantage d’autonomie pour la Guadeloupe, sera de retour mercredi à Paris, a précisé le ministère.

Un accord de méthode

En Martinique, l’intersyndicale, l’État et les élus locaux ont signé un « accord de méthode » pour tenter de sortir de la crise, a indiqué la préfecture dans un communiqué.

Il « fixe la date, le lieu et la composition de 7 ateliers thématiques », dont la santé, la jeunesse et la vie chère, qui ont « pour objectif de trouver des solutions ». « En particulier sur les conditions de mise en œuvre de l’obligation vaccinale », précise la préfecture de Martinique.

« C’est inacceptable qu’on nous oblige à nous faire vacciner. Inacceptable ce chantage d’un vaccin contre notre salaire (…) La vie ici est trois fois plus chère qu’en métropole. Le peuple dit qu’il en a assez », témoigne auprès de l’AFP Cédrick Louiset, sapeur-pompier depuis 27 ans, présent sur un barrage en Martinique.

Sur l’île, comme en Guadeloupe, la nuit de samedi à dimanche a été marquée par un retour calme après des précédentes lors desquelles les forces de l’ordre avaient essuyé des tirs par arme à feu.

En Martinique, des sources policières ont signalé toutefois des barricades « avec des jets de projectiles dont des cocktails Molotov sur des gendarmes ». Un individu a été arrêté après avoir incendié un véhicule et un autre « pour refus d’obtempérer et non-respect du couvre-feu ».

A la Guadeloupe, la nuit « n’a pas vu d’incidents ou de heurts survenir », selon la préfecture. « Les forces de sécurité ont continué à sécuriser l’ensemble du territoire et de dégager les axes de circulation, notamment en Grande-Terre », a-t-elle ajouté, précisant qu’une interpellation avait eu lieu.

 


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