Plongée à l’intérieur de Pul-e-Charkhi, plus grande prison afghane désormais vide

Par Epoch Times avec AFP
17 septembre 2021 11:17 Mis à jour: 17 septembre 2021 11:18

Elle fut l’un des endroits les plus honnis des talibans, où des milliers d’entre eux étaient détenus alors qu’ils combattaient le gouvernement afghan. La prison de Pul-e-Charkhi, dans l’Est de Kaboul, est désormais vide, les islamistes ayant ouvert ses portes quand ils ont pris la capitale.

Des uniformes de gardiens gisent au sol, abandonnés en pleine débandade des anciennes autorités. Dans les cellules, des vêtements, des chaussures, des radios, des casseroles… les prisonniers s’étant souvent éclipsés avec les seules affaires qu’ils portaient sur le dos.

Les prisonniers talibans changent de vêtements car ils sont sur le point d’être potentiellement libérés de la prison de Pul-e-Charkhi, à la périphérie de Kaboul, le 31 juillet 2020. –

Des repas non terminés pourrissent sur place, recouverts de mouches. Des ordures sont éparpillées par terre et dans les cages d’escalier de la prison. L’odeur, ajoutée à celle des latrines fétides, écœure.

Les talibans qui contrôlent désormais Pul-e-Charkhi affirment que les 11 blocs de l’aile principale abritaient chacun 1.500 détenus, au sein d’une prison construite à l’origine pour en accueillir 5.000.

Fondamentalistes  retenus prisonniers

Nombre de fondamentalistes y étaient retenus prisonniers, entourés de voleurs, de criminels endurcis ou encore de combattants du groupe jihadiste Etat islamique.

Le slogan du drapeau de l’EI est d’ailleurs peint en noir sur le mur d’une cellule. Dans une cage d’escalier, les mots « Etat islamique » sont gravés dans le plâtre.

Le nouveau régime afghan affirme que des recherches sont en cours pour retrouver les prisonniers de Daech (acronyme arabe de l’EI). Car les talibans et l’EI ne s’entendent guère. Leurs hommes ont durement combattu dans l’Est du pays.

La construction de Pul-e-Charkhi, la plus grande prison d’Afghanistan, a commencé dans les années 1970. L’endroit a été critiqué par des groupes de défense des droits de l’homme du fait des conditions de vie parfois exécrables des détenus.

Des foulards servaient de rideaux

Des dortoirs exigus abritaient 15 à 20 prisonniers, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des foulards servaient de rideaux pour assurer un minimum d’intimité.

-Un membre des talibans inspecte l’intérieur de la prison de Pul-e-Charkhi à Kaboul le 16 septembre 2021. Photo de BULENT KILIC/AFP via Getty Images.

Aux murs, du papier peint représentant des couchers de soleil sous les tropiques, les trois couleurs rouge, vert et noir de l’ancien drapeau afghan – que les talibans ont remplacé par leur propre pavillon blanc où s’inscrit en noir la profession de foi musulmane.

La salle de prière, où des dizaines de tapis sont soigneusement repliés, est indubitablement l’endroit le mieux rangé de l’établissement, dont une autre pièce a été transformée en une petite madrassa (école coranique).

– Un membre des talibans est assis à l’intérieur de la prison de Pul-e-Charkhi à Kaboul le 16 septembre 2021. Photo de BULENT KILIC/AFP via Getty Images.

Près d’une entrée, un bureau est complètement brûlé – il ne reste que la structure en acier d’une couchette de gardien. La pièce a été incendiée pour détruire les papiers concernant les prisonniers, affirment les talibans présents.

« Un lieu d’horreur »

Un mur est criblé d’impacts de balles, là où, selon les gardes, d’anciens policiers gouvernementaux ont ouvert le feu à la veille de la prise du contrôle du pays par les talibans à la mi-août, tuant plusieurs prisonniers talibans, poursuivent les islamistes. Des accusations que l’AFP n’a pu vérifier.

Pul-e-Charkhi était « un lieu d’horreur », lance Mawlawi Abdulhaq Madani, un combattant taliban âgé de 33 ans, heureux que ses camarades aient tous quitté les lieux.

A l’extérieur, des chats et des chiens errent sur la route qui entoure le vaste complexe circulaire, bordé d’un mur de quatre mètres de haut, surmonté de fils barbelés et ponctué de miradors… désormais inutiles.

 

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques déloyales pour faire taire nos informations portant notamment sur les questions de droits de l'homme en Chine. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.