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Seine-Saint-Denis : un policier accusé d’avoir planté des ciseaux dans la gorge d’un adolescent de 17 ans

juin 26, 2019 16:58, Last Updated: juillet 12, 2019 14:26
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Un adolescent accuse un major de police de lui avoir enfoncé une paire de ciseaux dans la gorge à la suite d’un contrôle d’identité qui aurait dégénéré samedi dernier.

Selon Le Point, les faits ont eu lieu le 22 juin en fin de journée dans la ville de Vaujours. Alors qu’ils sont en patrouille, des policiers font « l’objet de quolibets », rapporte le magazine. L’équipage arrête son véhicule et se dirige vers un petit groupe de quatre jeunes installés aux abords de la route afin de les fouiller et de procéder à un contrôle d’identité. Des ciseaux sont saisis sur l’un des protagonistes âgé de 17 ans prénommé Farès.

À en croire le témoignage des adolescents relayé par les journalistes du Point, les membres des forces de l’ordre les auraient alors invectivés : « Vous n’assumez pas vos paroles, bande de couilles molles, bande de pédales, vous n’êtes pas des hommes. »

Un témoin oculaire, dont l’identité n’a pas été révélée par le journal, affirme qu’un agent essayera ensuite d’empoigner un des jeunes avant d’être défié par un de ses acolytes. « C’est un signe de faiblesse. Si vous aviez affaire à des adultes, vous vous comporteriez différemment », aurait déclaré l’adolescent.

C’est à ce moment-là que le major de police et délégué du syndicat Unité-SGP Yannick Landurain s’en serait pris violemment à l’un des quatre individus qui venaient d’être contrôlés.

« Il voulait qu’on se disperse. On n’allait pas assez vite, selon lui. Il a avancé vers moi, a pointé ses ciseaux et me les a plantés dans la gorge, à droite de la pomme d’Adam. Ensuite, avec mon tee-shirt, je me suis fait un point de compression. Aucun des policiers ne m’est venu en aide. Un pote a appelé les pompiers. On me dit que les policiers aussi les ont appelés. Je n’ai pourtant vu aucun policier se saisir de son téléphone. Mon père a été appelé. Il croyait que j’avais été agressé par quelqu’un. Je lui ai dit que c’était un policier. À l’hôpital, on m’a recousu de trois points de suture. Ensuite, j’ai été placé en garde à vue au commissariat de Livry-Gargan », affirme Farès dans les colonnes du Point.

L’adolescent convoqué par la justice pour « outrages et menaces de mort »

Le lendemain matin, la police se serait présentée au domicile de l’adolescent alors que celui-ci se trouvait toujours en garde à vue. Son père est alors emmené au commissariat où il sera à son tour mis en garde à vue pendant douze heures, sans que le motif ne soit pour l’instant connu, avant d’être relâché en écopant d’un rappel à loi.

Venue apporter des vêtements à son frère, la sœur de Farès fera également l’objet d’une garde à vue. Elle assure par ailleurs avoir essuyé des injures pendant son séjour au commissariat.

Contacté par l’hebdomadaire, le parquet de Bobigny n’a pas souhaité commenter l’affaire, tandis que le syndicat Unité-SGP auquel appartient le major de police incriminé n’a pas non plus voulu faire de commentaires. Son responsable Yves Lefèvre attendrait d’en « savoir plus pour se prononcer » sur cette affaire.

L’inspection générale de la police nationale (IGPN) a donné rendez-vous à la famille de Farès le 29 juin pour déposer plainte. Quant à l’adolescent qui accuse Yannick Landurain de l’avoir agressé, il a pour sa part été convoqué ultérieurement par la justice pour « outrages et menaces de mort ». D’après Le Point, « il nie en bloc » les faits qui lui sont reprochés.

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