INSPIRANT

Une jeune fille défigurée par une attaque à l’acide inspire les autres avec son courage lors de la Fashion Week de New York

mai 4, 2019 1:06, Last Updated: novembre 7, 2019 19:03
By

AVERTISSEMENT : L’ARTICLE CONTIENT DES IMAGES QUE CERTAINS LECTEURS POURRAIENT TROUVER DÉRANGEANTES

Une belle jeune femme, Reshma Bano Qureshi, de Mumbai, en Inde, a été gravement défigurée après avoir sauvé sa sœur d’une attaque vengeresse à l’acide par son mari. Malgré les cicatrices, Reshma a dû redécouvrir une nouvelle confiance et une nouvelle force intérieure. Aujourd’hui, elle aide et inspire des femmes qui ont souffert de la même situation partout dans le monde.

Reshma est restée déprimée et envisageait de se suicider après avoir subi une attaque à l’acide dévastatrice par son beau-frère le 19 mai 2014. L’attaque a laissé le visage de la jeune fille, alors âgée de 17 ans, gravement marqué, allant jusqu’à perdre un œil.

Cette photo a été prise le 10 octobre 2014 et montre Reshma, survivante d’une attaque à l’acide en Inde, en train de regarder une photo d’elle avant l’attaque, dans son quartier d’un bidonville de la banlieue est de Mumbai. (© Getty Images | INDRANIL MUKHERJEE)

Ce jour-là, Reshma était en route pour passer un examen, marchant avec sa sœur. La sœur de Reshma venait de quitter son mari après avoir été maltraitée et torturée.

Soudain, le mari de sa sœur s’est approché d’elles… et Reshma a subi des blessures qui ont changé sa vie alors qu’elle essayait de protéger sa sœur.

Getty Images | INDRANIL MUKHERJEE

« Mon beau-frère était en colère parce qu’elle avait gardé leur fils », explique Reshma. « Pour se venger, il est venu l’attaquer avec de l’acide, mais avant qu’il n’ait pu le faire, je suis intervenue pour la sauver. Je ne savais pas qu’il transportait une substance corrosive. Puis j’ai su que ma peau brûlait et que je voyais à peine quoi que ce soit. »

« Ma sœur aussi avait été brûlée à la main, mais mon visage était complètement brûlé. »

Pendant des heures, les deux sœurs ont souffert dans l’agonie au bord de la route, tandis que personne n’appelait d’ambulance. Finalement, elles ont trouvé quelqu’un pour appeler leurs parents, et les sœurs ont été emmenées au poste de police, puis à l’hôpital.

« Certaines personnes sont venues, mais personne ne nous a emmenées à l’hôpital, car il s’agissait d’une affaire de police qui nécessitait une plainte en bonne et due forme », a-t-elle dit.

« Après avoir supplié pendant quelques heures, quelqu’un a appelé nos parents qui nous ont ensuite emmenées à un poste de police, puis à un hôpital public », a ajouté Reshma.

(©Getty Images | INDRANIL MUKHERJEE)

Reshma a subi cinq chirurgies de greffe de peau faciale au cours des neuf mois suivants. Elle explique comment elle avait perdu la volonté de vivre et envisageait le suicide. Son père, Zahir Ahmed, alors âgé de 58 ans, chauffeur de taxi, avait emprunté de l’argent à des parents pour payer les chirurgies, mais n’avait pas les moyens de payer d’autres soins.

« Le traitement était également coûteux et je pouvais voir mes parents se battre pour l’argent. Je leur disais que je n’avais pas besoin d’opérations chirurgicales et que je devais mettre fin à ma vie », dit Reshma.

« Je n’avais plus la volonté de vivre. La douleur était insupportable, l’odeur était pire. Je devais me couvrir le visage tout le temps pour que personne ne puisse me voir (…) Et puis est venu le jour où j’ai vu le résultat de ma première opération », poursuit Reshma.

« Je me suis évanouie. J’étais une belle fille, mais maintenant tout ce que je voyais dans le miroir était un visage ébouillanté avec un œil manquant. Je ne comprenais pas pourquoi ça m’arrivait. »

« J’ai arrêté de parler à tout le monde et j’ai sombré dans la dépression. Il y avait des moments où je pleurais. »

Les sombres perspectives de Reshma ont toutefois commencé à changer après avoir rencontré Ria Sharma, PDG et fondatrice de Make Love Not Scars, une organisation non gouvernementale vouée à mettre fin à la vente libre de substances acides – comme celle que le beau-frère de Reshma avait utilisée – en Inde et ailleurs.

Ria a également aidé Reshma à financer ses chirurgies et à commencer un programme de réadaptation. Finalement, elle a repris confiance en elle et a découvert une nouvelle perspective à la vie : la beauté vient de l’intérieur. Reshma a travaillé avec Make Love Not Scars sur plusieurs campagnes publicitaires pour arrêter la vente d’acides potentiellement défigurants et mettre en lumière les femmes qui ont souffert d’une situation similaire. Elle a dit qu’elle est fière de pouvoir défendre les femmes qui souffrent seules.

« J’espère que ma participation leur donnera l’assurance qu’elles n’ont pas besoin de se cacher derrière des voiles », a-t-elle dit.

La survivante d’une attaque à l’acide Reshma Bano, d’Inde, reçoit une séance de maquillage avant de défiler pour la Semaine de la mode à New York, jeudi 8 septembre 2016. (Crédit photo : TREVOR COLLENS/AFP/Getty Images)

C’est l’ « incarnation de la personne changée à l’intérieur » de Reshma qui a finalement attiré l’attention d’Ilaria Niccolini, productrice de FTL MODA, New York Fashion Week. Reshma devait marcher sur le podium dans le cadre du défilé de mode pour faire la lumière sur les effets dévastateurs des attaques à l’acide.

« Cette saison, je voulais avoir Reshma parce que le fléau de l’abus d’acide pour attaquer les femmes, si largement adopté en Inde et au Pakistan, est dévastateur », a dit Ilaria Niccolini.

Reshma Bano, survivante d’une attaque à l’acide, d’Inde, marche sur la piste pendant la présentation du FTL Moda à la Fashion Week de New York, à New York. (©Getty Images | TREVOR COLLENS)

Reshma a décrit ses sentiments au sujet du défilé : « Je suis à la fois extatique et nerveuse. Je n’avais jamais, dans mes rêves les plus fous, pensé à aller à l’étranger et encore moins à monter sur la scène d’un grand défilé de mode. Je ne me suis pas encore habituée à cette réalité », a-t-elle dit. « Je ne connais pas beaucoup la marque. Je ne sais pas ce que je vais porter ou comment je vais marcher. Je ne suis pas prête pour tout ça. »

« Je suis heureuse d’avoir été invitée à un tel événement et de montrer au monde que la beauté est dans l’âme et non dans l’apparence. »

« Avant d’assister à l’événement, j’étais attristée à l’idée de mon apparence, mais j’ai réalisé plus tard l’importance d’avoir marché sur le podium. J’ai réalisé que mon numéro inspirera de nombreuses autres jeunes femmes, qui vivent la même stigmatisation que moi », a-t-elle dit, selon Scoop Whoop.

Le 8 septembre 2016, c’était le jour où Reshma, alors âgée de 19 ans, s’est pavanée triomphalement sur la piste pendant le défilé FTL Moda à New York Fashion Week.

« Je me sens vraiment bien et l’expérience a été géniale », a-t-elle déclaré à l’AFP après le spectacle. « J’ai l’impression que ça a définitivement changé ma vie. »

Reshma Qureshi, survivante indienne d’une attaque à l’acide et mannequin, présente une création du designer Archana Kocharat lors d’un défilé de mode organisé par l’ONG Make Love Not Scars à New Delhi le 25 novembre 2017. (©Getty Images | DOMINIQUE FAGET)

Il y a des années, Reshma a choisi de ne pas cacher son visage et est courageusement allée de l’avant dans sa vie.

« Je me souviens que j’avais surmonté ma dépression après mon attaque parce que j’avais trouvé du réconfort dans les récits et la force incroyables des autres survivantes », a-t-elle dit, a rapporté The National.

Aujourd’hui, Reshma, 22 ans, continue de se tenir debout.

En décembre 2018, elle a publié un livre intitulé « Être Reshma : L’histoire extraordinaire d’une survivante d’une attaque à l’acide qui a conquis le monde »(Being Reshma: The Extraordinary Story of an Acid Attack Survivor Who Took the World by Storm), où elle explique sa vie déchirante.

Selon la coauteure Tania Singh, ce livre est la première autobiographie en Asie du Sud-Est écrite par une survivante de crimes sexistes.

Sans l’ombre d’un doute, l’histoire de résilience et de courage de Reshma a inspiré les gens à travers le monde. Elle est un phare d’espoir pour d’autres femmes qui subissent le même sort.

« Vous n’avez rien fait de mal. Vous êtes belle et vous avez un esprit combatif. Maintenant, allez montrer au monde de quoi vous êtes faite », a déclaré Reshma dans un message adressé à d’autres victimes d’attaques à l’acide.

Et voici le message de Reshma à toutes les femmes du monde : « Ce qui compte, ce n’est pas le visage d’une personne, mais bien ce qu’il y a dans son cœur », dit-elle.

En effet, Reshma est vraiment une source d’inspiration pour nous tous.

Regardez la vidéo :

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques déloyales pour faire taire nos informations portant notamment sur les questions de droits de l'homme en Chine. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.

Voir sur epochtimes.fr
PARTAGER