Dès le 1er janvier, le passage aux urgences devra être payé immédiatement selon les cas

Par Nathalie Dieul
29 décembre 2021 00:15 Mis à jour: 29 décembre 2021 00:15

Le « forfait patient urgences » fait son arrivée à l’hôpital le 1er janvier 2022. Concrètement, cela signifie que tout passage aux urgences qui ne sera pas suivi d’une hospitalisation sera facturé une vingtaine d’euros, à payer immédiatement, sauf si l’on présente sa carte vitale et sa carte de mutuelle. Quelques exceptions s’appliquent.

La mesure a été annoncée en octobre 2020 dans le cadre du projet de loi de la Sécurité sociale. Un de ses principaux objectifs est de désengorger les urgences tout en essayant d’avoir moins de factures impayées, indique La Voix du Nord.

Jusque-là, le patient recevait la facture de son passage à l’urgence quelques semaines plus tard lorsqu’il n’avait pas de mutuelle qui payait directement le reste à charge à l’hôpital, précise Le Progrès. Avec le nouveau « forfait patient urgences », il devra payer un forfait de 19,61 euros pour 2022.

“Très concrètement, le 31 décembre, si tu arrives aux urgences, tu es pris en charge et tu repars sans payer. Dès le 1er janvier, après t’avoir pris en charge, on te demande 19 euros”, explique au HuffPost un employé d’hôpital.

Travail supplémentaire pour les soignants ?

Cette nouvelle mesure entraîne des problèmes de logistique, tout d’abord parce que les locaux des hôpitaux ne sont pas toujours adaptés pour encaisser des paiements, puisqu’il faut du matériel comme des lecteurs de carte vitale et des lecteurs de carte bleue, mais aussi une caisse avec de la monnaie.

D’autres questionnements se posent quant au travail supplémentaire que ce tarif unique et plafonné implique pour les soignants, en particulier la nuit, lorsqu’il est plus rare que des secrétaires médicaux soient présents. Qui devra encaisser le forfait, alors que le personnel soignant des urgences est déjà bien souvent débordé ?

« Il y a des infirmiers et des aide-soignants, qui sont avant tout là pour les soins, et dont ce n’est pas la mission première de passer une carte bleue”, remarque Aurélien Sourdille, de la Fédération hospitalière de France.

Par ailleurs, une source hospitalière s’inquiète des conséquences que le forfait mis en place le 1er janvier aura, se demandant s’il sera un obstacle aux soins : “Il y a sûrement des gens qui n’iront plus aux urgences par peur de devoir payer, alors qu’il le faudrait.”

Exceptions

Il faut toutefois savoir que si vous disposez d’une mutuelle comme 95 % des Français, et que vous avez votre carte ainsi que votre carte vitale sur vous lors de votre passage aux urgences, vous n’aurez rien à payer même après le 1er janvier.

Une exonération complète est aussi prévue pour certains patients : les malades du Covid, les victimes du terrorisme et les enfants victimes de sévices. D’autres patients bénéficieront de leur côté d’un tarif préférentiel de 8,49 euros : les femmes enceintes de plus de 5 mois ainsi que les personnes atteintes d’une affection longue durée comme par exemple les formes graves d’épilepsie, l’infection au VIH, l’insuffisance cardiaque sévère ou encore le diabète.


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