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Bélarus/migrants: l’UE divisée sur de nouvelles sanctions économiques

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Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, qui préside la réunion, s'était montré dubitatif lundi matin sur les chances de trouver un accord pour de nouvelles sanctions économiques.

Photo: : JOHANNA GERON/POOL/AFP via Getty Images

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Durée de lecture: 4 Min.

L’Allemagne a réclamé lundi des sanctions contre les transporteurs qui aident la compagnie aérienne bélarusse à acheminer des migrants en route vers l’Europe, mais cette demande ne fait pas l’unanimité au sein des Vingt-Sept.
« Nous avons besoin de sanctions contre les compagnies aériennes qui gagnent de l’argent en amenant des réfugiés en Allemagne ou dans d’autres pays européens », a lancé le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas, en arrivant à une réunion avec ses homologues de l’UE à Luxembourg.
Le ministre allemand vise notamment la location d’avions en Irlande à la compagnie nationale du Bélarus Belavia pour lui permettre de contourner l’interdiction de voler dans l’UE.
Le ministre irlandais Simon Coveney n’a pas caché ses réserves sur cette demande.
Augmenter la pression contre le régime au Bélarus
« Nous sommes conscients du fait que beaucoup de locations d’avions se font à partir de l’Irlande. C’est une activité très importante là-bas », a-t-il reconnu.
« L’Irlande est tout à fait ouverte à la possibilité d’augmenter la pression contre le régime au Bélarus par le biais de sanctions et cela peut impliquer qu’il n’y ait pas de locations d’avion supplémentaires ou futures pour Belavia », a-t-il déclaré.
Mais M. Coveney a opposé un refus pour les contrats existants, « car ils sont une obligation légale ».
« Il s’agit donc d’un domaine difficile d’un point de vue juridique », a-t-il ajouté.
« L’Irlande veut augmenter la pression et les sanctions sur le régime bélarusse, mais nous devons également nous assurer que cela est pratique et réalisable », a averti M. Coveney.

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L’unanimité est nécessaire pour de nouvelles sanctions
Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, qui préside la réunion, s’était montré dubitatif lundi matin sur les chances de trouver un accord pour de nouvelles sanctions économiques.
« Des mesures supplémentaires sont nécessaires contre la situation créée par le régime, mais il faut voir ce que les Etats membres vont décider », avait-il déclaré. L’unanimité est nécessaire pour de nouvelles sanctions.
« La route de l’Irak a été fermée cet été, mais d’autres routes ont été ouvertes, et nous avons une longue longue liste de pays que nous allons contacter », a-t-il expliqué à l’issue de la réunion.
« Nous n’hésiterons pas à adopter des sanctions si nécessaire contre les compagnies et les pays qui font le jeu des passeurs », a assuré Josep Borrell lors de son compte rendu de la réunion des ministres européens.
Un des transporteurs impliqués : Belavia
La situation est toujours la même: « les migrants sont munis de visas, de billets d’avions et un appareil est prêt pour les transporter jusqu’à Minsk d’où ils sont acheminés jusqu’aux frontières de la Lituanie, de la Lettonie et de la Pologne », a-t-il expliqué. Un des transporteurs impliqués est la compagnie Belavia, a-t-il précisé.
L’UE accuse le président du Bélarus Alexandre Loukachenko de faire venir des migrants du Moyen-Orient à Minsk puis de leur faire passer les frontières de la Lituanie, de la Lettonie et de la Pologne en représailles des sanctions économiques et individuelles adoptées par l’UE.
« Loukachenko n’est rien d’autre que le chef d’un réseau de contrebandiers », s’est insurgé M. Maas.
Alexandre Loukachenko et deux de ses fils figurent sur la liste des 166 ressortissants du Belarus interdits de séjour dans l’UE.