Bienvenue dans l’ère de l’« Industrie 4.0 »

19 octobre 2016 07:00 Mis à jour: 19 octobre 2016 10:04

Alors qu’elle avait perdu près de 1 900 usines depuis la crise de 2008, la France crée à nouveau plus d’industries qu’elle n’en ferme. En effet, depuis mars 2016, l’Observatoire de l’investissement Trendeo a recensé 82 créations contre 75 fermetures. Un solde positif qui ne pourra cependant compenser le nombre d’usines perdues qu’au bout de 21 ans. Ces nouvelles ouvertures d’entreprises ne débouchent également plus sur des créations d’emplois aussi importantes qu’auparavant. On constate ainsi en 2016, une baisse des embauches de 40% en moyenne sur les nouveaux sites industriels. La réindustrialisation va en effet de pair avec une robotisation massive des postes de travail. C’est ce que les industriels appellent l’ « usine du futur » ou la quatrième révolution industrielle.

La première révolution industrielle était celle de la machine à vapeur à la fin du XVIIIe siècle, la deuxième, celle de l’électricité à la fin du XIXe et la troisième, l’informatique au début des années 70. L’« Industrie 4.0 » consiste à transformer le modèle industriel en un modèle ultra-automatisé grâce aux nouvelles technologies de la robotique, de la réalité augmentée, de l’impression 3D, de la simulation numérique, de l’Internet industriel, etc.

Des robots « travaillent » sur la chaîne de production de Nissan dans la préfecture Fukuoka au Japon. (YOSHIKAZU TSUNO/AFP/Getty Images)
Des robots « travaillent » sur la chaîne de production de Nissan dans la préfecture Fukuoka au Japon. (YOSHIKAZU TSUNO/AFP/Getty Images)

Le Factory Lab, à Saclay (Essonne), en montre un aperçu avec la mise en place d’une chaîne de production de scooters. Au poste d’assemblage, grâce à une microcaméra, un projecteur et une table sur laquelle sont posées les pièces à visser ensemble, l’ouvrier n’a qu’à suivre les flèches et les lumières projetées de la machine. Pas question de se tromper de pièce ou de la monter à l’envers : l’homme est immédiatement averti.

Pour continuer d’assembler le scooter, plus besoin de porter des roues de 14 kg, c’est un robot modulable qui s’en charge. « J’ai juste à appuyer sur un bouton et cela fait bouger le robot », explique Régis Pagen, responsable des équipes de l’usine. Des robots qui se déplacent ensuite tout seuls et passent d’un endroit à l’autre de la chaîne d’assemblage. L’usine ne se cantonne pas non plus à la production d’un seul produit : à côté des scooters peuvent se trouver par exemple des machines à laver, l’ouvrier n’ayant plus besoin d’un savoir-faire technique spécifique, la machine lui indiquant quoi faire.

« C’est un moyen de revitaliser le tissu industriel affaibli par des années de sous-investissement. »

-La Fabrique de l’industrie

Selon des estimations du Monde, la conjonction de ces technologies devrait diviser par deux le temps de montée en cadence de la production, réduire de 10 à 20% les coûts de fabrication, de 10% ceux de transport, et gagner entre 10 et 30% sur le montant des stocks.

Venu d’Allemagne, le concept de l’« Industrie 4.0 » est vu comme une aubaine pour relancer la compétitivité de la production française et relocaliser l’appareil industriel dans les frontières. En France, « c’est un moyen de revitaliser le tissu industriel affaibli par des années de sous-investissement », un remède contre la désindustrialisation, plaide le groupe de travail La Fabrique de l’industrie.

Il faut rappeler que l’industrie compte pour 75% des exportations, et qu’elle a un effet d’entraînement considérable sur l’emploi – même si le nombre d’emplois de cette « usine du futur » sera plus faible que pour les entreprises du XXe siècle. L’Allemagne, pionnière en Europe, avait donné en 2011, le coup d’envoi de son programme Industrie 4.0. Le pays va encore y investir 40 milliards d’euros dans les prochaines années, un retard que la France doit inévitablement récupérer pour rester compétitive sur les secteurs industriels concernés.

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