Canada : plus de 750 tombes d’enfants découvertes près d’un pensionnat autochtone

Par Epoch Times avec AFP
24 juin 2021 17:19 Mis à jour: 25 juin 2021 13:02

Le 24 juin, une communauté autochtone a annoncé la découverte lors de fouilles de plus de 750 tombes anonymes sur le site d’un pensionnat au Canada, nouvelle illustration du calvaire subi pendant des décennies par des enfants autochtones dans des établissements scolaires gérés par l’Église catholique.

Ces découvertes ravivent le traumatisme vécu par quelque 150.000 enfants amérindiens, métis et inuits, coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture et enrôlés de force jusque dans les années 1990 dans 139 de ces pensionnats à travers le pays.

Nombre d’entre eux ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels, et plus de 4000 y ont trouvé la mort, selon une commission d’enquête qui avait conclu à un véritable « génocide culturel » de la part du Canada. Le mois dernier, l’identification des restes de 215 enfants près d’un autre établissement autochtone avait déjà meurtri et indigné le pays.

Principalement des enfants

« Nous avons fait la découverte horrible et choquante de centaines de tombes non marquées », sur le site d’un ancien pensionnat hébergeant des enfants autochtones à Marieval, en Saskatchewan, dans l’ouest du Canada, a déclaré jeudi le chef de la nation Cowessess, Cadmus Delorme.

« Ce n’est pas une fosse commune, ce sont des tombes non identifiées », a-t-il ajouté. Les victimes sont principalement des enfants, selon lui. Le nombre exact de tombes doit être confirmé dans les prochaines semaines, en raison d’une marge d’erreur des géo-radars utilisés, a-t-il ajouté.

Quelques tombes ont sans doute été surmontées de stèles identifiant les victimes, mais certaines d’entre elles ont été retirées « par des représentants de l’Église catholique », un geste criminel au Canada, selon lui.

Mémorial de fortune pour les centaines d’enfants autochtones morts dans l’ancien pensionnat indien de Kamloops. (Photo : COLE BURSTON/AFP via Getty Images)

Un « crime contre l’humanité »

C’est un « crime contre l’humanité » a dénoncé jeudi le chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la province de la Saskatchewan, Bobby Cameron. « Le seul crime qu’on ait jamais commis était d’être nés autochtones », a-t-il affirmé. « Nous trouverons d’autres corps et nous ne nous arrêterons que lorsque nous aurons trouvé tous les enfants », a promis le responsable.

Le Premier ministre Justin Trudeau, qui a dit sa « peine » jeudi dans un communiqué, a estimé que le Canada devait « tirer les leçons de (son) passé envers les premières nations, victimes de ‘discrimination et d’injustice systémiques’ et avancer sur le chemin commun de la réconciliation ».

Stanley Paul, 76 ans, survivant du pensionnat indien de Kamloops, assis près d’un mémorial de fortune dans l’ancien pensionnat en hommage aux 215 enfants dont les restes ont été découverts enterrés près de l’établissement, à Kamloops, en Colombie-Britannique, au Canada, le 4 juin 2021. (Photo : COLE BURSTON/AFP via Getty Images)

Des enfants envoyés de force

Les fouilles autour de cette ancienne école de Marieval avaient débuté fin mai après la découverte des restes de 215 écoliers enfouis sur le site d’un autre ancien pensionnat, celui de Kamloops, en Colombie-Britannique, province la plus à l’ouest du pays.

Cette découverte avait provoqué une onde de choc au Canada et relancé le débat sur ces institutions honnies où les enfants autochtones étaient envoyés de force afin d’y être assimilés à la culture dominante.

Le pensionnat de Marieval, dans l’est de la Saskatchewan, a accueilli des enfants autochtones entre 1899 et le milieu des années 1990, avant d’être démoli et remplacé par une école de jour.

 

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