Dans un golf alsacien, aucun changement pour l’arrosage malgré la canicule

Par Epoch Times avec AFP
19 juin 2022 12:00 Mis à jour: 19 juin 2022 12:50

« Malheureusement on n’a pas 36 solutions »... Le directeur du golf de La Wantzenau, près de Strasbourg, l’avoue honnêtement : impossible de se passer de l’arrosage pour prendre soin de ses greens manucurés et l’arrivée d’un épisode de canicule ne change pas grand chose.

« Le parcours s’étend sur 72 hectares, qui ne sont pas tous arrosés bien évidemment. On arrose uniquement certaines zones de jeu, les départs, les fairways et les greens, ce qui représente entre 17 et 20 hectares », explique Laurent Trescarte, le directeur de ce 18 trous qui accueille environ 1350 licenciés, à quelques kilomètres au nord de la capitale alsacienne.

La consommation annuelle de 1450 personnes

« Pour une année normale on va utiliser à peu près 80.000 m3 d’eau », poursuit-il, ce qui représente la consommation moyenne annuelle d’environ 1450 personnes.

Et si l’actuel épisode de canicule nécessite quelques aménagements, pas de révolution en vue sur les fairways.

« On n’arrose de toute façon jamais en journée, que la nuit, de 21h00 à 06h00 du matin, secteur par secteur sur le parcours », précise Dominique Kuntzmann, le « greenkeeper ».

« Et souvent ici on arrose plus quand c’est venteux que quand il fait chaud, le vent assèche plus les sols », poursuit l’intendant de parcours. « Avec la canicule ça ne va pas changer grand chose, il vaut mieux d’ailleurs ne pas augmenter l’arrosage: humidité plus chaleur, ça favorise les maladies » du gazon.

L’eau de la nappe phréatique d’Alsace

L’eau est pompée dans la nappe phréatique d’Alsace et un système informatisé la répartit en fonction des besoins à travers les 25 kilomètres de tuyaux enfouis sous le parcours, vers 580 arroseurs.

« Notre logiciel de gestion de l’arrosage date d’il y a une quinzaine d’années et nous a permis de faire environ 30% d’économies d’eau par rapport au système précédent. Les logiciels récents sont encore plus performants mais c’est un investissement très lourd, environ 1,5 million d’euros, et il faudrait tout changer, tuyauteries et arroseurs compris », note M. Kuntmann.

Un système qui permettrait d’économiser encore 10 à 20% d’eau supplémentaire.

« Je comprends tout à fait que d’un point de vue extérieur les gens se disent : le golf est un gros consommateur d’eau », reprend M. Trescarte. « Mais l’eau que nous utilisons est pompée dans la nappe, elle n’est plus prise sur des réseaux d’eau potable, comme c’était le cas dans certains golfs il y a 20 ou 30 ans. Et on sait qu’on devra s’adapter, réduire nos quantités d’eau et participer à cet effort collectif que chacun devra faire dans son domaine. »

Il rappelle aussi que la Fédération française de golf a mis en place des conventions avec le ministère de l’Écologie et les préfets ; à partir d’un certain seuil, ils peuvent interdire les arrosages, ce qui n’est encore jamais arrivé dans le Bas-Rhin.

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