OPINION

Les Frères Musulmans, une organisation terroriste aux racines socialistes

mai 6, 2019 6:14, Last Updated: mai 6, 2019 6:14
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L’administration Trump qualifie aujourd’hui les Frères musulmans d’organisation terroriste, ce qui pose la question des racines et de la nature du mouvement. Les Frères musulmans et leurs branches à l’international bénéficient d’une grande tolérance, voire d’un soutien par les mouvements socialistes – et ce malgré le fait que les Frères musulmans s’opposent à toutes les tendances « progressistes » prônées par ces mouvements – La raison en est qu’ils souscrivent tous aux mêmes théories politiques fondamentales, y compris la gouvernance totalitaire.

Les Frères Musulmans ne sont pas une forme d’islam traditionnel. L’organisation a débuté en 1928 en tant que mouvement de « modernisation » qui a intégré l’islam dans les idées du socialisme. La confrérie promeut donc un système de socialisme théocratique et a, dès le départ, promu un « djihad offensif » afin de diffuser ce système de gouvernance totalitaire.

Ce modèle de théocratie socialiste fut l’invention de Sayyid Qutb, considéré comme le père fondateur des Frères musulmans. Ses livres, « Jalons sur la route de l’islam » (1964) et « À l’ombre du Coran » (écrit de 1951 à 1965), ont joué un rôle important dans la création des nouveaux régimes islamiques dans le monde arabe.

Qutb était également un défenseur du « djihad offensif », qui a contribué à stimuler la création de régimes tyranniques implémentant cette nouvelle forme d’islamisme.

Selon le Dr. Zuhdi Jasser, président du Forum islamique américain pour la démocratie, les révisions de l’Islam par Qutb ont faussé le concept de charia (loi islamique) afin de fusionner la politique socialiste dans un système de gouvernement théocratique. Il explique dans une interview que Qutb  a « beaucoup invoqué l’islamisme pour aller vers la théocratie ».

Jasser explique que, selon ce modèle, les critiques du gouvernement deviennent synonymes d’attaques contre la religion, ce qui permet d’étouffer les critiques et les opposants politiques, sous prétexte de défense de la religion.

C’est probablement à cause de ces racines politiques que les socialistes occidentaux poussent à l’acceptation des Frères Musulmans, en dépit de la contradiction presque totale qui semble les opposer. On retrouve entre eux la même aspiration au contrôle social par le levier du pouvoir politique.

Cette nouvelle forme d’islam « se préoccupe du communisme, du socialisme, du nationalisme, du libéralisme et de tous les courants occidentaux », selon l’ouvrage de 2005 « L’énigme saoudienne: une histoire » de Pascal Ménoret, qui cite l’érudit islamique de gauche Ali al -Umaym.

Ce mélange de socialisme et d’islam a été un élément-clé du terrorisme islamiste moderne. Les mouvements du « front de libération » de l’Union soviétique, comme l’Organisation de libération de la Palestine de Yasser Arafat, en ont été des manifestations. L’influence des Frères musulmans sur le groupe terroriste Al-Qaïda a été un autre élément clé.

Le frère de Sayyid Qutb a ainsi été le mentor d’Oussama Ben Laden et ses idées ont contribué à inspirer Al-Qaïda.

L’observation de pays musulmans comme l’Iran et l’Afghanistan, tels qu’ils étaient avant que cette nouvelle forme de théocratie socialiste ne prenne racine, permet de constater un phénomène intéressant : les villes ressemblaient davantage à celles des pays occidentaux. Les femmes y étaient habillées de la même manière qu’aux États-Unis dans les années 1970. Depuis, ils sont victimes d’un système tyrannique de socialisme religieux.

Bien que beaucoup de  socialistes occidentaux soutiennent l’islam international, ils s’opposent au modèle saoudien, peut-être parce que celui-ci n’a jamais complètement adopté l’islam socialiste: Bien qu’il en ait adopté certaines parties, il a surtout conservé l’ancien modèle conservateur.

Au cours des années 50, le « modèle égyptien » des Frères musulmans pour l’islamisme a été présenté aux portes de l’Arabie saoudite comme un moyen de modernisation.

Les mouvements socialistes et communistes se répandaient en Arabie saoudite, appelant à des « réformes égyptiennes » pour remplacer la forme traditionnelle de la monarchie conservatrice. Parmi ces mouvements figuraient le Comité central des travailleurs arabes, l’Organisation des communistes saoudiens et le Front de libération nationale, qui est devenu plus tard le Parti communiste saoudien.

Un groupe de princes saoudiens a rejoint ces mouvements, ce qui a conduit au mouvement des « princes libres ». Son chef était le père du progressisme saoudien moderne, Al-Waleed bin Talal, surnommé le « Prince rouge ». Ils ont été accusés de communisme et leur tentative de coup d’État contrecarrée. Malgré cela, des individus tels que bin Talal ont continué de faire avancer leur programme.

Depuis, l’Arabie saoudite a qualifié les Frères musulmans d’organisation terroriste, de même que le Bahreïn, l’Égypte, la Russie, la Syrie et les Émirats arabes unis.

Les États-Unis pourraient bientôt faire de même, malgré les fortes réticences des grands médias et d’une partie de la classe politique.

L’attachée de presse de la Maison Blanche, Sarah Sanders, déclare ainsi dans un communiqué: « Le président a consulté son équipe de sécurité nationale et les dirigeants de la région qui partagent ses préoccupations, et le processus interne de décision se poursuit ».

Les musulmans qui s’opposent au modèle théocratique des Frères musulmans soutiennent cette décision. Mohamad Tawhidi, un imam réformiste et défenseur de la paix, a écrit sur Twitter:  « Si le président Trump désigne les Frères musulmans comme organisation terroriste, ce sera le coup le plus dur porté au mouvement islamiste mondial. [Les Frères musulmans] possèdent le réseau le plus organisé d’institutions, d’hommes politiques et de banques. Cela va secouer leur empire. Faites-le. Au plus vite. »

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de The Epoch Times.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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