Guerre médiatique contre les camionneurs canadiens : la liberté est-elle devenue l’ennemi public numéro 1 ?

Par Institut Mises
8 février 2022 11:46 Mis à jour: 8 février 2022 14:38

Le dénigrement du convoi de camionneurs canadiens illustre la façon dont la liberté est maintenant le grand méchant loup de la pandémie. Un caricaturiste du Washington Post a dépeint le convoi de camionneurs comme étant le « fascisme » incarné, dans un message Twitter maintenant supprimé, alors qu’une autre colonne du Post a tourné en dérision le « convoi toxique de la liberté ».

Toute personne résistant à un ordre du gouvernement est apparemment un ennemi public.

La protestation des camionneurs a été motivée par la décision du gouvernement canadien d’imposer le vaccin Covid‑19. De nombreux camionneurs estiment que les risques du vaccin sont supérieurs à ses avantages et, surtout, qu’ils ont le droit de choisir pour leur propre corps.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a déclaré la semaine dernière : « Il n’y a pas de place dans notre pays pour les menaces, la violence ou la haine. » Sauf lorsque la haine sert à dénoncer les opposants au mandat de vaccination grâce à des termes tels que « racistes » ou « misogynes ». S’ajoute à cela les « menaces » et la « violence » utilisées par les agents du gouvernement pour forcer la soumission à tous les décrets liés à la pandémie émis par Trudeau (et d’autres).

Depuis le début de cette pandémie, de nombreuses personnes se sont vantées d’avoir confiance dans « la science et les données », tout en croyant que l’absolutisme avait valeur de sécurité.

Selon cette mentalité, quiconque s’opposant aux ordres du gouvernement était l’équivalent à un hérétique méritant d’être cloué au pilori, sinon banni de tous les lieux sauf du cimetière. Le Québec incarne cette intolérance avec son nouveau décret interdisant aux personnes non vaccinées de faire des achats chez Costco ou Walmart.

Les critiques qui concernent le comportement déplacé d’une infime minorité parmi les camionneurs canadiens (une « secte » selon MSNBC) permettent de condamner tout combat pour la liberté. D’une pierre deux coups, elles permettent également d’exonérer toute la classe politique qui détruit la liberté avec des décrets farfelus, utilisant la pandémie comme prétexte, sans qu’on sache quelle en est la finalité exacte.

En décembre 2020, le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, a interdit tous « les déplacements inutiles, pour un délai indéterminé, y compris à pied, à vélo, en scooter, en moto, en automobile ou en transport en commun ». Le maire (pris en flagrant délit de non‑port du masque lors d’un match de championnat de la National Football Conference) n’a présenté aucune preuve justifiant l’assignation à résidence de quatre millions de résidents.

L’ancien gouverneur Ralph Northam a imposé à tous les Virginiens de rester à l’intérieur de minuit à 5 heures du matin, à quelques exceptions près.

Le juge fédéral William Stickman IV a condamné les restrictions de la Pennsylvanie : « Les confinements à l’échelle d’une population sont une inversion si dramatique du concept de liberté dans une société libre qu’ils sont presque présumés inconstitutionnels. »

Empêcher les responsables politiques de faire disparaître la liberté est désormais considéré comme la pire forme de tyrannie.

La veille de Thanksgiving 2020, la Cour suprême a invalidé le décret voulu par l’ancien gouverneur Andrew Cuomo pour limiter les rassemblements religieux à New York à dix personnes ou moins, tout en laissant une marge de manœuvre beaucoup plus grande aux entreprises. La Cour a déclaré que les règles de Cuomo étaient « beaucoup plus restrictives que toutes les réglementations liées au Covid précédemment présentées à la Cour … et beaucoup plus sévères que ce qui a été démontré comme étant nécessaire pour prévenir la propagation du virus ».

Suite à quoi les progressistes Lawrence Tribe, professeur de droit à Harvard, et Michael Dorf, professeur à Cornell, ont déclaré que la Cour suprême était en train de devenir « un lieu semblable à Gilead, le pays théocratique et misogyne du roman dystopique ‘La servante écarlate’ de Margaret Atwood ».

De nombreux progressistes parlent comme si l’Amérique était confrontée à un choix entre une liberté irréfléchie et le paternalisme, c’est‑à‑dire la soumission à une élite bienveillante. Mais indépendamment de la prétention sans bornes d’Anthony Fauci, les fonctionnaires omniscients ne sont pas encore venus à la rescousse et les agences gouvernementales ont pris des décisions chaotiques depuis le début de la pandémie.

Souvenons-nous que les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont fait échouer la réponse initiale de l’Amérique en envoyant aux agences de santé des kits de test défectueux et contaminés qui n’ont pas permis de détecter la propagation rapide du virus.

Les gouverneurs ont paniqué et ont fermé les écoles, ce qui a entraîné d’importants retards dans l’apprentissage des enfants et a creusé le fossé entre les élèves aisés et ceux issus de milieux modestes.

La grande majorité des petites entreprises ont été fermées et des milliers d’entre elles ont fait faillite dans un effort grotesque pour empêcher un virus à transmission aérienne de continuer à se propager.

L’assignation à résidence de millions de personnes a entraîné un nombre record de décès par overdoses et un raz-de-marée de dépression et d’anxiété.

Les passeports vaccinaux de la ville de New York n’ont pas réussi à empêcher la grosse pomme d’être un des endroits du pays le plus touché par Omicron.

Le président Joe Biden a présenté les vaccins comme une solution magique et a promis, en ayant faux sur toute la ligne s’avère-t-il, que toute personne vaccinée ne contracterait plus le Covid.

Les CDC ont arrêté de comptabiliser les cas d’infections perthérapeutiques parmi les personnes entièrement vaccinées, ouvrant la voie à une résurgence du virus qui a maintenant infecté plus de soixante-dix millions d’Américains. Ou peut-être plus de 200 millions, puisque les CDC avaient précédemment fait savoir que seul un cas sur quatre était diagnostiqué et déclaré. Peu importe.

La Food and Drug Administration (FDA) a cherché à retarder de 75 ans la divulgation complète des documents liés à la demande d’autorisation de Pfizer pour son vaccin Covid.

Après que Biden a émis un mandat obligeant les hôpitaux à licencier les infirmières non vaccinées en bonne santé, les CDC ont déclaré qu’il n’y avait pas de problème à ce que les hôpitaux comptent sur des infirmières testées positives au Covid pour traiter les patients – c’était d’ailleurs l’une des plus grandes absurdités de la pandémie.

La liberté n’est pas une panacée pour tous les défis de la vie. Mais elle est de loin supérieure à une soumission sans limite à des dictateurs de pacotille peu informés contrairement à ce qu’ils prétendent. Des hommes politiques comme Trudeau et Biden, essayant d’alimenter la rage de la population contre le groupe qui ne se plie pas à leur autorité, sèment des graines de haine qui proliféreront longtemps après la fin de la pandémie. À long terme, les gens ont plus à craindre des hommes politiques que des virus.

Par James Bovard de l’Institut Mises

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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