Les énergies renouvelables synonymes d’« esclavage moderne » suggère la Commission australienne des droits de l’homme

Par Daniel Khmelev
8 décembre 2021 15:30 Mis à jour: 9 décembre 2021 07:30

Désormais, en Australie, les entreprises du secteur de l’énergie devront présenter un rapport annuel à la Commission australienne des droits de l’homme (AHCR) sur les mesures qu’elles prendront pour prévenir l’« esclavage moderne » dans les chaînes d’approvisionnement des énergies renouvelables.

Le rapport publié par l’AHRC en collaboration avec KPMG Australia met en évidence des allégations inquiétantes concernant les technologies solaires, éoliennes et la production des batteries. Dans ces trois domaines, il est fait mention d’adultes et d’enfants exploités dans les chaînes d’approvisionnement, travaillant dans des conditions précaires et dangereuses, sous-payés ou non payés.

La Commission a constaté que l’engouement international pour les énergies renouvelables a entraîné un déploiement rapide du secteur pour répondre à la demande, résultant sur des dérives en matière des droits de l’homme avec des ouvriers et des populations autochtones exploités abusivement.

La Chine, par exemple, le plus grand producteur de panneaux solaires au monde, a placé des millions de citoyens d’origine ouïghoure, kirghize et kazakhe du Xinjiang dans des camps de travaux forcés qui se sont avérés être impliqués dans les chaînes d’approvisionnement mondiales des panneaux solaires.

« Les risques d’esclavage moderne sont accrus lorsqu’il y a un changement de stratégie d’approvisionnement et que des volumes élevés de produits manufacturés sont requis à court terme », indique le rapport. « Le passage aux énergies renouvelables a révélé un certain nombre de zones de risques émergents liés à l’esclavage moderne dans la chaîne d’approvisionnement des entreprises énergétiques. »

L’Australie, qui détient le record mondial de déploiement de panneaux solaires sur les toits, ne dispose d’aucune capacité nationale de production de cellules solaires et importe 90 % de ses panneaux solaires de Chine.

De même, le rapport souligne que la demande croissante d’énergie éolienne a créé des conditions de travail précaires et une dégradation de l’environnement dans les exploitations forestières en Amazonie.

Mais la préoccupation majeure de la Commission porte sur l’approvisionnement en cobalt : un composant crucial des batteries lithium-ion (désormais utilisées partout, des smartphones aux véhicules électriques en passant par les ordinateurs). L’approvisionnement en cobalt, explique le rapport, est « fortement lié à des risques d’esclavage moderne ».

« Plus de la moitié de l’approvisionnement mondial est extrait en République démocratique du Congo (RDC) où une proportion importante provient de mines artisanales, où les mineurs – dont beaucoup sont des enfants – travaillent dans des conditions dangereuses pour une rémunération minimale », indique le rapport.

Un recours collectif intenté au nom de parents et d’enfants de la RDC contre 5 géants américains de la technologie a fait état d’accidents fréquents lors des opérations d’extraction de cobalt, entraînant de graves dommages corporels ou des décès.

« Les jeunes enfants qui exploitent le cobalt des défendeurs ne sont pas seulement contraints de travailler à plein temps dans des mines extrêmement dangereuses, au détriment de leur éducation et de leur avenir ; ils sont régulièrement mutilés et tués par des effondrements de tunnels et d’autres dangers connus, communs à l’exploitation du cobalt en RDC », peut-on lire dans le dossier de plainte.

Selon le think tank américain Council on Foreign Relations (CFR), plus de 70 % du cobalt mondial est produit en RDC, dont 15 à 30 % dans des mines artisanales de petites tailles.

Les entreprises devront rendre compte chaque année de leurs efforts pour faire face aux risques d’esclavage, sous peine de violer la loi australienne de 2018 sur l’esclavage moderne.

« Le contexte mondial de décarbonisation signifie que les chaînes d’approvisionnement des entreprises du secteur des ressources et de l’énergie évoluent rapidement et sont de plus en plus imbriquées ».

« Cette évolution rapide signifie que les entreprises doivent se remettre en question et bien analyser les endroits où les risques pour les populations pourraient exister dans leurs opérations et leurs chaînes d’approvisionnement. Elles doivent également concentrer leur attention sur les zones de risques émergents résultant de la transition énergétique », conclut le rapport.


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