L’imminente crise de l’eau – 2e partie

1 janvier 2017 22:28 Mis à jour: 7 mars 2017 14:12

États-Unis

Tensions frontalières avec le Canada et le Mexique

Selon le World Resources Institute, les États-Unis sont un pays de « haut stress hydrique » alors que le Canada est un pays de « faible stress hydrique ».

Bien que le Canada détienne 20% des réserves mondiales d’eau douce, l’exportation d’eau vers l’étranger est un sujet sensible et les politiciens se risquent très rarement à le soulever.

Toutefois, en raison de la faiblesse de la réglementation canadienne relative au commerce de l’eau, le Canada pourrait se voir éventuellement accusé de violer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui prévoit qu’un pays ne peut avantager ses propres entreprises au détriment d’entreprises étrangères. Ainsi, le Canada pourrait être obligé d’exporter son eau vers l’étranger, en particulier aux États-Unis, et, à plus forte raison, si la situation de l’eau s’y détériore.

En 2014, Gary Doer, ancien ambassadeur canadien aux États-Unis, avait déclaré que les différends entre le Canada et les États-Unis au sujet de l’eau pourraient devenir si importants au cours des années à venir que la controverse entourant le passage du pipeline Keystone XL aurait l’air minime en comparaison.

Cas de pollutions

La pollution de l’eau ne concerne pas seulement la contamination au plomb de l’eau du robinet, comme ce fut le cas en 2016 dans la ville de Flint, au Michigan – mais ici il s’agit d’un problème d’envergure nationale. Alors que les médias avaient largement couvert ces cas de contamination au plomb, l’Environmental Working Group avait, en fait, décelé la présence de plus de 300 polluants chimiques – dont les deux tiers seraient « non réglementés » – dans des échantillons d’eau du robinet prélevés à l’échelle du pays, sur une période de cinq ans. En Amérique, la pollution induite, entre autres, par le lessivage des terres agricoles et l’écoulement de fosses septiques désaffectées compromettrait les activités de pêche, de baignade ou la vie aquatique de 40% des rivières et de 46% des lacs.

Irrigation abusive

L’agriculture représente environ 80% de l’eau consommée en Amérique du Nord et plus de 90% de l’eau consommée dans les États de l’Ouest.

L’aquifère Ogallala, parcourant le sous-sol de huit États américains – du Dakota du Sud au Texas – abreuve plus d’un quart des terres irriguées pour les cultures de maïs, de coton et de blé ainsi que les terres utilisées pour l’élevage du bétail. C’est cette situation qui a conféré au Midwest le nom de grenier de l’Amérique.

Or, l’aquifère Ogallala est un bel exemple de ressource que l’on croyait infinie mais qui, en raison d’un excès de pompage, montre aujourd’hui des signes d’épuisement. Dans les années 1960, son niveau avait diminué de 3% ; en 2010, de 30%. Si la tendance se maintient, d’ici à cinquante ans, on estime que l’aquifère aura perdu 69% de ses eaux, selon des chercheurs de l’université du Kansas.

Bien que des efforts de conservation aient été mis en œuvre, ils ne sont pas une panacée. Il a été estimé qu’« une fois asséché, l’aquifère prendra environ de 500 à 1 300 ans afin de se recharger », selon le rapport de KSU modeling.

Infrastructures vieillissantes

Le vieillissement des canalisations d’eau est un problème d’envergure nationale. Selon le U.S. Environmental Protection Agency, près de 240 000 ruptures de conduites principales ont lieu chaque année aux États-Unis. Par ailleurs, il y aurait environ 75 000 débordements d’égouts sanitaires rejetant des millions de litres d’eaux usées non traitées dans les eaux d’usage récréatif, occasionnant ainsi près de 5 500 cas de maladie. Pour maintenir un approvisionnement en eau potable sécuritaire pour la population, le réseau d’aqueduc nécessiterait des investissements de l’ordre de 384 milliards de dollars au cours des vingt prochaines années.

Sécheresse

La Californie est à sa sixième année de sécheresse sévère. En 2015, entre autres mesures de conservation de l’eau, le Gouverneur Jerry Brown a annoncé la mise en place de mesures restrictives de consommation d’eau potable, visant une réduction de 25% – soit une première dans l’histoire de cet État.

Les épisodes de sécheresse touchent aussi le sud-est et le nord-est du pays, à un point tel que, actuellement, 47% du pays est touché – et un autre hiver sec est à venir…

Solutions :

Des mesures d’efficience et de conservation de l’eau

Des solutions existent, et les bons exemples pourraient être une source d’inspiration : dans l’État de Californie, le plus durement touché par la sécheresse, Los Angeles et San Fransisco ont toutes deux prouvé une grande efficience en matière de consommation d’eau.

Pour remédier aux situations de stress hydrique, le recyclage des eaux usées est la mesure présentant généralement le meilleur rapport « coût-bénéfice ». Cynthia Lane, directrice des services techniques et d’ingénierie de l’American Water Works Association, en est une fervente défenseuse. Cependant, elle note que « le grand public n’est pas si chaud à l’idée de réutiliser des eaux usées traitées ».

Prenant place sur le bord de la mer, le dessalement de l’eau est un procédé compliqué à mettre en œuvre étant donné l’exigence des permis qu’il requiert. Par ailleurs, la gestion de la saumure qui résulte du procédé engendre des coûts élevés. L’importation d’eau est aussi une solution, chaque région devra déterminer pour elle-même ce qui est le plus avantageux en ce qui concerne les coûts économiques, sociaux et environnementaux, explique Cynthia Lane.

 

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Version originale : The Coming Water Crisis /United States – Water woes vary widely

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