Les miracles de la foi : « Le martyre de sainte Christine »

Atteindre l'intérieur : ce que l'art traditionnel offre comme réflexion sur nous-mêmes
Par Eric Bess
21 mai 2022 16:29 Mis à jour: 21 mai 2022 16:29

Je m’interroge parfois sur ce que nous appelons la foi, ce que le philosophe Soren Kierkegaard a célébré comme un paradoxe dans lequel nous, en tant qu’individus, avons une relation absolue avec l’Absolu, c’est-à-dire Dieu.

Il y a une puissance dans la foi, dans la croyance indubitable en quelque chose sans avoir besoin de preuves physiques. Ceux qui ont la foi peuvent citer des preuves spirituelles : un pouvoir en eux qui confirme la légitimité de leur croyance et, parfois, ce pouvoir peut non seulement nous sauver de nos propres limites, mais aussi produire des miracles.

Il y a plusieurs exemples spirituels que nous avons appris à connaître et à aimer qui ne possèdent pas ce type de foi indubitable. En fait, beaucoup doutent et remettent leur foi en question, mais ils le font d’une manière qui permet à leur foi de grandir et de se renforcer, le doute devient partie intégrante de leur parcours.

Cependant, l’une de ces rares personnes qui semblent avoir eu une foi sans faille est sainte Christine.

Sainte Christine

Christine a vécu au troisième siècle. Son père, Urbain, un magistrat, adorait des idoles qui représentaient les principes d’une spiritualité hédoniste. Urbain voulait que sa fille devienne une prêtresse de cet hédonisme, il l’enferma donc dans une pièce et lui ordonna d’adorer les idoles.

Cependant, Christine pouvait regarder par sa fenêtre, l’univers grandiose et organisé qu’elle voyait quotidiennement lui a fait comprendre qu’il devait y avoir un Créateur au-delà des idoles fabriquées par l’homme et enfermées avec elle dans sa chambre.

Elle a jeûné et commencé à prier pour connaître Dieu, elle a commencé à ressentir un amour profond en elle. Elle a continué à jeûner et à prier, et un ange lui est apparu et lui a enseigné la foi chrétienne, mais lui a dit qu’elle souffrirait pour cela.

Sans se décourager, Christine a immédiatement détruit les idoles. Lorsque son père lui a rendu visite et a remarqué la disparition des idoles, il a commencé à l’interroger. Elle a refusé de lui parler. Il a alors demandé à ses serviteurs de lui parler pour savoir ce qui se passait, c’est à eux qu’elle a révélé sa nouvelle foi.

Urbain a été bouleversé en apprenant la foi de sa fille et a décidé de faire en sorte qu’elle en souffre. Il a fait exécuter ses serviteurs et l’a battue avant de la jeter en prison.

Urbain a essayé de battre et de torturer Christine pour lui faire perdre sa foi, mais rien de ce qu’il a fait n’a fonctionné.. Chaque fois qu’Urbain lui faisait du mal, des anges apparaissaient, la sauvaient et soignaient ses blessures. Finalement, Urbain a décidé de l’exécuter, mais est mort la nuit avant de pouvoir mettre son plan à exécution.

Un nouveau gouverneur, encore plus maléfique que son père, a commencé à torturer Christine, mais elle n’a jamais perdu sa foi et a survécu à presque tout ce qu’on lui a fait subir. Sa foi et sa détermination ont suscité l’intérêt des gens pour Dieu. Le nouveau gouverneur a reconnu qu’elle ne renoncerait jamais à sa foi et l’a finalement exécutée.

Le martyre de sainte Christine, 1895, par Vincente Palmaroli. Huile sur toile, 60 cm sur 60 cm. Musée du Prado, Espagne. (Domaine public)

Le martyre de sainte Christine

En 1895, plus de 1500 ans plus tard, le peintre espagnol Vincente Palmaroli a créé le tableau Le martyre de sainte Christine. Il a dépeint l’une des tentatives d’Urbain pour tuer sa fille où Urbain ordonne que Christine soit jetée dans un lac, attachée à une lourde pierre. Mais des anges sont apparus, l’ont détachée et l’ont maintenue à flot.

Palmaroli a représenté notre centre d’intérêt, sainte Christine, juste à droite du centre. Elle porte une simple robe blanche représentant sa pureté. Une corde l’attache à la pierre sur laquelle elle est assise. Elle joint les mains, ferme les yeux et incline légèrement la tête en signe de prière tandis que le vent souffle dans ses cheveux châtains.

On voit un ange immédiatement à droite de sainte Christine. Cet ange la regarde et, du bout des doigts, maintient sans effort à flot la lourde pierre à laquelle elle est attachée. Un groupe d’anges suit le premier, tous chantent et jouent de la musique pour célébrer sa foi.

À la gauche de sainte Christine, un autre ange se maintient au-dessus d’elle et tient haut une palme, qui représente traditionnellement la force de l’âme du martyr pour résister aux tentations de la chair.

Ici, la palme est aussi une célébration de la puissance de la foi de sainte Christine, une force inébranlable qui lui a permis non seulement d’endurer d’immenses souffrances, mais aussi d’accéder à un monde d’anges et de miracles…

Les miracles de la foi

Palmaroli nous a montré une scène grandiose d’anges assistant et célébrant sainte Christine. Sans les anges, elle aurait coulé au fond du lac et se serait noyée. Les anges rendent l’impossible possible : ils rendent léger ce qui est lourd afin que la charge ne puisse pas la faire couler.

En fait, les anges sauvent Christine de ses propres limites. Elle n’a pas la force physique nécessaire pour porter la lourde pierre à laquelle elle est attachée ; elle a besoin de l’aide des anges, sinon elle mourrait.

Il nous arrive d’assumer de lourdes charges qui s’avèrent être trop lourdes pour nous. Ces charges peuvent consister non seulement en un travail, des relations, des finances, etc., mais aussi en des choses inappropriées qui s’infiltrent dans nos vies et entrent en concurrence avec notre vie spirituelle. Elles peuvent s’avérer trop difficiles et énormes pour que nous les gérions par nous-mêmes, et nous découvrons que nous avons besoin d’aide.

Les anges, cependant, n’aident Christine que grâce à sa foi fervente. Malgré son père qui, ayant des croyances différentes, essaie de la forcer à adhérer à des croyances qu’elle trouve erronées, elle reste ferme et inébranlable dans sa foi.

Sans la foi, elle aurait vécu une vie complètement différente. La foi semble non seulement avoir approfondi l’amour qu’elle a éprouvé, mais aussi lui avoir ouvert un monde éthéré au-delà du monde physique, un monde d’anges et de miracles.

Mais quelle est la nature de la foi de sainte Christine ? A-t-elle demandé l’aide des anges ? Demander de l’aide pour éviter ses épreuves constituerait-il une foi indubitable ? Ou bien sa foi consiste-t-elle en une croyance inébranlable et une louange constante de Dieu malgré les épreuves ?

C’est là que réside la signification de ces questions : les questions nous permettent d’explorer et de voir exactement où nous en sommes dans ce domaine. Poser des questions suppose que nous, simples humains, n’avons pas toutes les réponses ; c’est une vérité indéniable.

Alors, qu’est-ce que la foi ? Dans quelle mesure sommes-nous vraiment fidèles ? Tout le monde ne peut pas être aussi fidèle et n’avoir aucun doute comme sainte Christine, mais la foi est-elle quelque chose qui peut être pratiqué et renforcé ?

Comment pouvons-nous examiner, pratiquer et renforcer ce que nous appelons la foi ? Pouvons-nous avoir une foi inébranlable en Dieu, si pure et indubitable que nous puissions être aidés à porter nos lourdes charges et, une fois encore, permettre aux miracles de revenir dans notre monde ?

Les arts traditionnels contiennent souvent des représentations et des symboles spirituels dont la signification peut être perdue pour nos esprits modernes. Dans notre série « Atteindre l’intérieur : ce que l’art traditionnel offre comme réflexion sur nous-mêmes », nous interprétons les arts visuels d’une manière qui peut être moralement perspicace pour nous aujourd’hui. Nous ne prétendons pas fournir des réponses absolues aux questions auxquelles les générations ont été confrontées, mais nous espérons que nos questions inspireront un voyage de réflexion dans le but de devenir des êtres humains plus authentiques, plus compatissants et plus courageux.

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