INSPIRANT

Photographe de Hong Kong: merveilles d’Islande, et du Groenland

novembre 28, 2022 20:42, Last Updated: novembre 29, 2022 0:24
By Jenny Zeng & Nathan Amery

La photographe hongkongaise Célia Cheng a entrepris un voyage en Islande et au Groenland pour y trouver une nouvelle étincelle de vie. Les photos de paysages prises par Célia à travers le monde sont très appréciées. Nombreux sont ceux qui la considèrent comme une photographe de paysages. Elle préfère se décrire comme une photographe de « la vie ».

« La vie comprend les paysages, les gens et les animaux. Prendre des photos de manchots en Antarctique ou des grandes migrations d’Afrique de l’Est, voilà ce qui me fait vivre. Par la suite, je voudrais prendre des photos avec davantage d’humanité. » Lors de son séjour en Islande et au Groenland, la jeune femme a photographié des oiseaux (macareux) et des chevaux islandais, qui ont fait naître en elle de l’intérêt et du dynamisme.

Célia Cheng a capturé un adorable macareux au bord d’une falaise alors qu’elle voyageait en Islande. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)

Photographier de nombreuses scènes avec entrain

Pour photographier les macareux, la jeune femme raconte :« J’ai escaladé une falaise, puis j’ai attendu patiemment au bord de la falaise, guettant la venue des macareux. Quand l’un d’eux arrivait, je retenais ma respiration et j’appuyais rapidement sur l’obturateur. Lorsque le vent soufflait fort, je me tenais fermement debout ou je m’agenouillais pour rester stable. »

Munie d’un appareil photo de près de 2 kg et d’un téléobjectif de 500 mm, Célia cherchait les macareux moines. Elle devait de temps en temps prêter attention à l’environnement qui l’entourait pour capturer d’autres images tout en veillant à sa propre sécurité.

Photo de macareux en Islande prise par Célia Cheng. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)

« Un macareux avait pris quelques petites sardines dans sa bouche ; il s’est posé sur le rocher et a regardé autour de lui avant de les manger. Cherchait-il une amie avec qui partager son repas ? » Célia a profité de l’occasion pour photographier ce moment fascinant. Voyant deux autres macareux sur la falaise, elle a immortalisé l’instant où l’un d’eux s’est envolé ; elle a poursuivi son travail de photographe. Elle ne voulait plus partir.

Malgré le froid et les risques encourus au bord de la falaise, l’expérience de la prise de vue fut formidable. L’effort et le danger en valaient la peine, elle ne voulait pas manquer les visages colorés et adorables de ces petits oiseaux.

Un groupe de chevaux islandais et leurs cavaliers traversent les hauts plateaux insulaires. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)

Une autre expérience intéressante fut de découvrir les chevaux islandais. Cette race est arrivée sur l’île avec les Vikings il y a plus de 1000 ans. Ils sont petits, de la taille d’un poney, mais se sont adaptés aux conditions climatiques difficiles de l’île. Les chevaux islandais sont une race très pure, sans ajout génétique. La loi islandaise n’autorise pas l’importation de chevaux. Si un cheval islandais quitte l’île, il ne pourra pas revenir.

Elle a rejoint un groupe de chevaux islandais pour traverser les hauts plateaux ; elle a non seulement photographié la vitalité des chevaux qui couraient, mais aussi saisi l’affection chaleureuse que se portaient deux chevaux blottis l’un contre l’autre.

« Les photographes doivent être attentifs à tout moment pour immortaliser la Beauté. Les chevaux ont non seulement un côté majestueux, mais montrent aussi de l’affection. Ils méritent d’être mis en valeur. »

Des chevaux islandais se blottissent l’un contre l’autre. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)

Célia a qualifié son voyage en Islande et au Groenland de « Ichi-go ichi-e », un idiome japonais qui signifie « une fois, une rencontre ». « La photographie de voyage est un ‘Ichi-go ichi-e’ dont vous devez chérir chaque instant. J’aime beaucoup utiliser ces mots japonais. Chaque instant est unique. Le moment où votre bateau passe devant la banquise, l’angle du glacier face à l’appareil photo. Les nuages et le brouillard au loin. Le paysage rencontré à chaque instant est unique. »

Célia rencontre un cheval islandais. Pour elle, chaque cliché est un « ichi-go ichi-e ». Elle chérit chaque occasion de partir en voyage photographique. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)

Un feu d’artifice d’une durée de 20 minutes est organisé chaque année au mois d’août sur le glacier de Jokulsarlon, au bord du lac de la banquise islandaise, qui se trouve à l’est de l’île. Elle a profité de l’occasion pour capturer ce moment splendide. Les feux d’artifice éphémères contre la banquise rendent l’ensemble du tableau magnifique.

Célia Cheng a photographié le feu d’artifice annuel organisé au-dessus du lac Jokulsarlon en Islande. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)
Célia voyage en avion d’Islande au Groenland. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)

Le capitaine groenlandais de 70 ans toujours aussi vif et persévérant

Au Groenland, Célia a réservé un voyage d’une semaine en bateau pour découvrir les banquises et les glaces flottantes, un séjour qu’elle n’oubliera jamais.

Le Groenland est considéré comme le « chef-d’œuvre du ciel ». Elle a pris de nombreuses photos de banquises et d’autres paysages merveilleux.

Au cours de son voyage en bateau le long de la côte Est du Groenland, le capitaine septuagénaire a éveillé l’âme de Célia. Elle a décidé de chercher le sens de sa vie et de sa carrière.

Célia a rencontré un capitaine sur la route du Groenland. 70 ans et toujours aussi alerte. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)

Autre expérience qui a rendu le voyage de Célia au Groenland mémorable : écouter l’histoire du capitaine. « J’ai été surprise et impressionnée lorsque j’ai su que le capitaine avait 70 ans. »

« L’âge n’a pas d’importance lorsqu’il s’agit d’une profession. Vous pouvez continuer à faire ce que vous aimez tant que votre corps fonctionne correctement et que vous nourrissez la même passion. »

Un voilier au large du Groenland. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)

La cheffe de cuisine du bateau a touché le cœur de Célia. « Toute sa famille adore cuisiner. Elle aime la mer depuis son enfance. Petite, elle naviguait sur un yacht avec des amis. Plus tard, elle a travaillé comme cheffe de cuisine sur des bateaux, un métier qui lui plaît beaucoup. »

Outre le fait de profiter des paysages spectaculaires, Célia se souvient des conversations qu’elle entretenait avec la cheffe cuisinière tout au long de son voyage ; le temps qu’elle passait à discuter avec tout le monde lui procurait beaucoup de joie. Pour Célia, la détermination et la persévérance face à un travail ou un projet sont des marques inestimables de bonne moralité.

Célia s’est rendue au Groenland notamment pour photographier les banquises. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)

À cause de la pandémie, son voyage d’été a été retardé. L’agence de voyage avait cependant prévu deux bateaux pour ce périple afin de compenser le manque de voyageurs prévus pour l’été. Chaque bateau transportait six passagers. Célia a obtenu une place sur l’un d’eux.

Ce bateau, souligne Célia, l’a emmenée dans des endroits peu fréquentés où elle n’aurait pas pu se rendre en temps normal. « Mon travail de photographe se concentre généralement sur les glaciers, la banquise ou les paysages de montagne. Le bateau m’a permis de découvrir des endroits inaccessibles. »

Un gigantesque glacier du Groenland. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)

Avant de partir en Islande et au Groenland, Célia a eu un accident dans la maison d’un ami sur l’Île-du-Prince-Édouard, au Canada, au mois de juin. Elle s’est rendue aux urgences après s’être fracturé le bras gauche. La fracture se trouvait sur un point difficile, près de l’épaule. Elle ne pouvait pas être plâtrée. Elle a utilisé un bandage triangulaire pour soutenir son bras. Elle espérait guérir avant d’arriver en Islande. L’accident survenu dans cette maison ne l’a pas empêchée de poursuivre son voyage, malgré son bras cassé. Elle a insisté pour faire ce voyage.

« De nombreux amis ont appris que j’avais le bras cassé et se sont demandés si j’allais annuler mon voyage en Europe qui devait durer trois mois. Je n’ai pas réfléchi trop longtemps. Je leur ai rétorqué qu’il n’était pas question pour moi d’annuler ce voyage. Je pouvais toujours déclencher l’obturateur ! »

Au mois de juin, Célia a eu un accident sur l’Île-du-Prince-Édouard, au Canada. Elle s’est rendue aux urgences après s’être fracturé le bras gauche. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)

Célia ne s’est pas lamentée sur son sort et a envisagé la situation sous un autre angle : « Tout cela est tellement déprimant. Pourquoi me suis-je blessée ? Heureusement, seule ma main gauche est inutilisable. Ma main droite peut faire beaucoup de choses, comme appuyer sur l’obturateur de l’appareil photo et envoyer des SMS. Cet accident domestique aurait pu être plus grave. Je suis heureuse de ne pas avoir été touchée à la tête, au cou, à la taille ou aux pieds. Je dois supporter la douleur de mon bras gauche uniquement. Nous pouvons penser positivement ou négativement sur beaucoup de choses. Je suis heureuse d’avoir choisi le bon chemin ».

Radiographie de la fracture de Célia Cheng. (Avec l’aimable autorisation de Célia Cheng)
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