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Un important réseau de proxénétisme international devant la justice

octobre 9, 2023 14:30, Last Updated: octobre 9, 2023 14:35
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Dix personnes, dont quatre femmes, appartenant à un important réseau de proxénétisme organisé entre l’Espagne, le Portugal et la France sont jugées à partir de lundi devant la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Nancy pour proxénétisme aggravé, traite d’êtres humains, blanchiment et association de malfaiteurs.

Deux mis en cause font toujours l’objet d’un mandat d’arrêt, et trois des autres prévenus ont quant à eux déjà fait l’objet d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, sorte de plaider coupable à la française.

Démarrées en mars 2021, les investigations poussées de la Brigade mobile de la recherche zonale aux frontières, techniques et téléphoniques, mais aussi des sonorisations de chambres d’hôtel, perquisitions et les déclarations des mis en examen ont permis de révéler l’existence d’un réseau à l’organisation structurée et dématérialisée permettant la gestion de la prostitution depuis l’Espagne et le Portugal, d’une centaine de femmes presque toutes de nationalité brésilienne, entre 2019 et juin 2022. Un dossier qui selon la procureure Coralie Coenen est « l’illustration parfaite de ce qui monte en puissance en matière de proxénétisme et de traite d’êtres humains ».

Un réseau de 282 adresses réparties sur 64 villes en France

En effet, le réseau avait cette particularité de fonctionner comme une entreprise : les filles sont recrutées, probablement entre le Brésil et l’Espagne, avant d’être envoyées par avion en France pour se prostituer de façon quasi autonome, en apparence, puisqu’il n’y a pas de « surveillance » à proprement parler étant donné qu’elles sont seules sur place.

À distance, depuis l’Espagne et le Portugal, les têtes du réseau et leurs standardistes gèrent pour elles leurs annonces, de la mise en ligne avec photos et vidéos à la prise de rendez-vous avec différents clients. C’est là que le bât blesse : en réalité, ces femmes ne maîtrisent pas leurs agendas, sont baladées d’hôtel en hôtel au gré des rendez-vous pris et sont astreintes à des horaires ainsi qu’à une obligation de résultat. La moitié de leurs gains est ensuite transmise au Brésil, où l’argent est blanchi.

Le réseau était particulièrement étendu puisqu’il comptait 282 adresses de prostitution réparties sur 64 villes en France et 44 départements, de Nancy à Bordeaux en passant par Tours. Les réquisitions sont attendues pour mercredi ou jeudi.

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